L’Iran veut acheter 950 tonnes d’uranium concentré au Kazakhstan
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L’Iran veut acheter 950 tonnes d’uranium concentré au Kazakhstan

Téhéran affirme que cet uranium est destiné à son programme nucléaire civil ; L'Iran respecte ses engagements dans le dossier nucléaire, selon l'AIEA

Ali Akbar Salehi, directeur de l’Organisation iranienne à l’énergie atomique. (Crédit : Parmida76/CC-BY/Flickr)
Ali Akbar Salehi, directeur de l’Organisation iranienne à l’énergie atomique. (Crédit : Parmida76/CC-BY/Flickr)

L’Iran a demandé l’autorisation d’acheter 950 tonnes d’uranium concentré au Kazakhstan sur une période de trois ans pour pouvoir développer son programme nucléaire civil, a annoncé samedi le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA).

La demande a été faite auprès de l’organisme chargé de superviser l’accord nucléaire conclu en juillet 2015 par l’Iran et six grandes puissances, Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne.

Le chef de de l’OIEA, Ali Akbar Salehi, a indiqué à l’agence de presse Isna que cet achat se ferait « en trois ans » et en deux temps : « 650 tonnes en deux chargements, et 300 tonnes la troisième année ».

Il a précisé que le dernier envoi d’uranium concentré, connu aussi sous le nom anglais de yellow cake, serait transformé en un gaz permettant d’obtenir de l’uranium enrichi et revendu au Kazkhstan sous cette forme.

L’accord nucléaire avec les grandes puissances permet à l’Iran d’enrichir de l’uranium à 3,5 % et de le vendre à l’étranger. La fabrication d’armes nucléaires demande un enrichissement de l’uranium à 80 %.

Selon Salehi, depuis l’entrée en vigueur de l’accord nucléaire en janvier 2016, l’Iran a déjà importé environ 382 tonnes de concentré d’uranium, en grande partie à la Russie et envoyé en contrepartie à l’étranger de l’uranium enrichi à 3,5 % conformément à l’accord.

L’Iran aura besoin de davantage de stock d’uranium pour faire passer son programme nucléaire à un stade « industriel », avait précisé en janvier Behrouz Kamalvandi, porte-parole de l’OIEA.

Il avait précisé que Téhéran menait des travaux d’exploration à travers le pays pour découvrir de nouvelles mines d’uranium mais voulait aussi en importer de l’extérieur.

L’Iran respecte ses engagements dans le dossier nucléaire

L’Iran respecte bien ses engagements dans le cadre de l’accord nucléaire conclu avec les grandes puissances en 2015 à Vienne, selon un rapport trimestriel de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dévoilé vendredi.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) atteste notamment que Téhéran n’a « pas enrichi d’uranium » à des degrés prohibés, ni constitué de stocks illégaux d’uranium faiblement enrichi ou d’eau lourde.

Ce satisfecit, attendu, permet la poursuite de la mise en oeuvre de l’accord, entré en vigueur en janvier 2016 et qui a donné le coup d’envoi à une levée des sanction internationales frappant cette puissance pétrolière et gazière, notamment dans le domaine énergétique.

Pour la première fois, l’AIEA a mentionné la quantité d’uranium faiblement enrichi détenue par Téhéran : ce stock s’élève à 101,7 kilos, soit environ un tiers du plafond autorisé de 300 kilos.

En novembre, l’AIEA avait relevé un léger dépassement du stock d’eau lourde de Téhéran au-delà des 130 tonnes autorisées, mais la République islamique a depuis ramené ce stock à 124 tonnes.

L’accord conclu en juillet 2015 vise à garantir la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien en échange d’une levée des sanctions.

L’Iran a toujours nié chercher ou avoir cherché à se doter de l’arme atomique, tout en revendiquant son droit à exploiter une filière nucléaire complète.

Dans le cadre de l’accord conclu en juillet 2015, il a accepté une réduction drastique de ses capacités nucléaires. Il se soumet en outre à des inspections approfondies de l’AIEA, l’organe des Nations unies chargé de superviser le volet technique du dossier.

Pendant sa campagne, le nouveau président américain Donald Trump avait promis de « déchirer » l’accord, un des principaux succès diplomatiques de son prédécesseur Barack Obama, suscitant l’inquiétude des autres puissances. Il n’a toutefois pas répété ces propos depuis son entrée en fonctions.

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