L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, s’est opposé avec prudence à l’affirmation faite par le président américain Donald Trump selon laquelle l’Iran devait être autorisé à conserver quelques missiles balistiques.
Alors que son administration avait fait de la destruction du programme de missiles iranien l’un de ses objectifs de guerre, Trump a pourtant annoncé hier qu’il acceptait que Téhéran garde une partie de ses missiles, au motif que certains de ses voisins en possèdent également. Les responsables américains ont fait savoir qu’ils comptaient aborder cette question pendant les négociations avec l’Iran qui doivent se tenir au cours des 60 prochains jours ; toutefois, ce point ne figure pas dans le protocole d’accord qui a été signé cette semaine par les États-Unis et l’Iran.
« Nous espérons qu’au cours de ces 60 jours, la question des missiles balistiques sera également abordée et, espérons-le, réglée. Téhéran ne ressemble en effet à aucun autre État de la région ; il ne ressemble d’ailleurs à aucun autre État tout court », a déclaré Leiter lors d’une interview accordée à la chaîne de droite Newsmax.
« Ce sont des assassins, et s’ils disposent de missiles balistiques, ils ne manqueront pas de les utiliser contre tous leurs voisins », a-t-il ajouté.
Leiter a fait part de la « vive inquiétude » d’Israël concernant l’inclusion du Liban dans le protocole d’accord, dont le texte stipule que la fin définitive des hostilités entre les États-Unis et l’Iran s’étend au Liban, et que l’intégrité territoriale et la souveraineté de ce dernier doivent être respectées – une allusion manifeste à la zone tampon créée par l’armée israélienne dans le sud du Liban pour tenter de lutter contre le le groupe terroriste chiite du Hezbollah, soutenu par l’Iran.
Selon Leiter, le Liban aurait été inclus dans le protocole d’accord sur l’insistance de l’Iran, afin de protéger le Hezbollah.
Leiter est le dernier responsable israélien en date à avoir indiqué qu’Israël n’avait pas l’intention de respecter les dispositions du protocole d’accord relatives au Liban, qui prévoient la cessation de toutes les opérations militaires dans ce pays.
« Nous ne pouvons pas tolérer la présence du Hezbollah à notre frontière, ni qu’il continue à déployer des dizaines de milliers de ses terroristes prêts à s’infiltrer dans le nord d’Israël et à tirer des missiles portatifs et des drones meurtriers sur nos communautés. Nous espérons donc que l’Iran ne sera pas autorisé à dicter l’avenir du Liban, tant pour les Libanais que pour Israël », a assuré Leiter.
Alors que le président américain multiplie les critiques à l’encontre d’Israël et du Premier ministre Benjamin Netanyahu, notamment au sujet de ce que Washington considère comme une campagne de bombardements aveugles menée par l’armée israélienne au Liban, l’envoyé israélien a tenté de rappeler à Donald Trump l’aide que Jérusalem lui a apportée depuis un an.
« Nous sommes d’excellents partenaires depuis que le président a été réélu. En juin, nous avons mené ensemble la Guerre des 12 jours contre l’Iran, et depuis les opérations Fureur épique et Lion rugissant du 28 février, nous avons volé côte à côte, aile contre aile, et nous avons infligé une défaite à l’un des groupes les plus dangereux au monde, ces fanatiques de Téhéran, qui nous ont tous pris en otage en bloquant le détroit d’Ormuz et en lançant des missiles balistiques sur tous ses voisins », a rappelé Leiter.
Malgré ses réserves sur certains aspects du protocole d’accord, Leiter a poursuivi : « Nous avons très, très bon espoir que [celui-ci]… aboutisse effectivement à ce qu’il promet, à savoir la cessation totale de toute forme de prolifération nucléaire de la part de l’Iran. »
Pour l’instant, ce protocole d’accord confirme simplement que l’Iran s’engage à ne pas se doter de l’arme nucléaire – un engagement qui figurait déjà dans l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 par l’ancien président américain Barack Obama, qu’Israël avait critiqué de manière bien plus virulente.