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Liz Truss dit à Lapid envisager le transfert de l’ambassade du Royaume-Uni à Jérusalem

À l’ONU, Liz Truss a confié reconsidérer « l’emplacement actuel de l’ambassade britannique en Israël », reprenant des propos tenus à l'époque comme ministre des Affaires étrangères

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Yair Lapid, à droite, avec la Première ministre britannique Liz Truss, à gauche, à New York, le 21 septembre 2022. (Crédit : Avi Ohayon/GPO)
Le Premier ministre Yair Lapid, à droite, avec la Première ministre britannique Liz Truss, à gauche, à New York, le 21 septembre 2022. (Crédit : Avi Ohayon/GPO)

NEW YORK – La Première ministre britannique, Liz Truss, a déclaré mercredi au Premier ministre Yair Lapid, aux Nations Unies, examiner la question du transfert de son ambassade de Tel Aviv à Jérusalem.

Une porte-parole de Downing Street a déclaré au Guardian que Truss avait évoqué avec Lapid « l’étude de l’emplacement actuel de l’ambassade britannique en Israël ».

Lapid a remercié la dirigeante britannique d’envisager cette décision par une publication sur Twitter. « Nous continuerons à faire prospérer le partenariat entre nos deux pays », a-t-il déclaré.

Lorsque l’ex-président américain Donald Trump a ordonné à Washington de transférer l’ambassade à Jérusalem en 2017, la Première ministre britannique de l’époque, Theresa May, s’était montrée critique.

Truss a, elle, déclaré aux Amis conservateurs d’Israël du Royaume-Uni, le mois dernier, avant de devenir Premier ministre, qu’elle étudierait la question si elle prenait effectivement les rênes du pays.

« Je comprends l’importance et la sensibilité de l’emplacement de l’ambassade britannique en Israël. Je me suis longuement entretenue avec mon bon ami le Premier ministre Yair Lapid à ce sujet », avait-elle ajouté.

Cette annonce en août avait suscité des critiques prévisibles de la part d’anciens diplomates britanniques, dont une dizaine qui ont écrit au Times pour indiquer que le transfert de l’ambassade devait attendre la création d’un État palestinien.

Le drapeau britannique est en berne après la mort de la reine Elizabeth II à l’ambassade britannique à Tel-Aviv, le 9 septembre 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

En 2018, l’administration Trump avait transféré son ambassade à Jérusalem.

Le Honduras, le Guatemala et le Kosovo y ont également leur représentation diplomatique.

D’autres pays, parmi lesquels figurent la Hongrie, la République tchèque, la Serbie et l’Australie, disposent de représentations officielles, commerciales ou de Défense, à Jérusalem.

Lapid s’est de nouveau entretenu avec Truss, mercredi après-midi, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

Il a indiqué qu’il ne devrait plus y avoir de concessions occidentales à l’Iran dans les pourparlers sur un retour à l’accord nucléaire de 2015, avant d’exposer sa vision d’un accord nucléaire « de plus long terme et de meilleure qualité  ».

Les deux dirigeants ont demandé à leurs collaborateurs de travailler en vue d’un accord de libre-échange entre les deux pays le plus rapidement possible.

Selon un compte-rendu de son cabinet, Lapid a présenté ses condoléances suite au décès de la reine Elizabeth II et félicité Truss d’avoir été nommée Première ministre.

Celle qui était encore la Secrétaire aux Affaires étrangères, Liz Truss, prend la parole suite à sa victoire pour la direction du Parti conservateur, au Queen Elizabeth II Centre, à Londres, le 5 septembre 2022. (Crédit : Frank Augstein/AP)

Truss a succédé à Boris Johnson au poste de Premier ministre, suite à un remaniement au sein du Parti conservateur. Elle occupait précédemment le poste de ministre des Affaires étrangères.

Libérale venue à la droite. elle est, à 47 ans, l’une des plus jeunes titulaires de ce poste. Elle a évoqué un ancien patron juif comme source d’inspiration et promis de lutter contre l’antisémitisme dans une interview accordée au Jewish Chronicle de Londres.

La décision britannique de ne pas soutenir une déclaration internationale, en 2017, en faveur d’une solution à deux États en Israël a été un moment-clef dans la politique israélienne du Royaume-Uni, un virage à droite après l’arrivée au pouvoir du prédécesseur de Johnson, Thérèse May.

Avant cette date, le Royaume-Uni soutenait généralement, comme d’autres pays européens, les politiques et les déclarations critiques à l’égard d’Israël.

Maintenant qu’il a quitté l’Union européenne, début 2020, le Royaume-Uni est désormais libre de mener une politique étrangère indépendante, y compris au Moyen-Orient, où le Royaume-Uni a exercé une influence considérable.

En qualité de ministre des Affaires étrangères, Truss, mère de deux enfants qui a été élue pour la première fois au Parlement en 2010, s’est élevée contre la stigmatisation d’Israël à l’ONU, rappelle Stephen Pollard, ex-rédacteur en chef du Chronicle, qui a interviewé Truss.

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