Israël en guerre - Jour 194

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L’officier poursuivi pour le meurtre d’un Palestinien autiste craignait « une tuerie »

Le policier déclare au tribunal de district de Jérusalem qu'il croyait qu'Iyad Halak était armé et sur le point de commettre un attentat dans la Vieille Ville de Jérusalem

Un agent de la Police des frontières accusé d'avoir tué illégalement un Palestinien handicapé en 2020 est jugé, le 28 février 2023. (Crédit : Capture d'écran de la vidéo/utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur les droits d'auteur)
Un agent de la Police des frontières accusé d'avoir tué illégalement un Palestinien handicapé en 2020 est jugé, le 28 février 2023. (Crédit : Capture d'écran de la vidéo/utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur les droits d'auteur)

L’agent de police qui a tiré sur Iyad Halak, un Palestinien atteint d’autisme, en mai 2020, a témoigné, lors de son procès, mardi, devant un tribunal de Jérusalem qu’il pensait que la victime était sur le point de commettre « une tuerie ».

Le garde-frontière de 21 ans a été accusé d’homicide involontaire par imprudence. Il n’a pas été identifié publiquement et s’est présenté au tribunal de district de Jérusalem avec une cagoule pour protéger son identité.

Halak, 32 ans, a été abattu alors qu’il se rendait dans une école d’éducation spécialisée. Il a été pourchassé dans les rues de la Vieille Ville par deux policiers qui avaient confondu le téléphone qu’il tenait dans ses mains avec une arme à feu, alors que les tensions dans la ville étaient très élevées. Après l’avoir acculé dans un local à poubelles, un des agents a tiré deux coups de feu, tuant Halak. Selon les procureurs, le deuxième coup de feu a été tiré alors que Halak gisait sans défense sur le sol et ne représentait plus aucun danger.

Selon l’acte d’accusation intenté contre l’officier, les officiers auraient demandé à Halak, après lui avoir tiré dans le bas-ventre, s’il portait une arme à feu.

Halak « s’est légèrement relevé, a montré du doigt une femme qu’il connaissait et a murmuré quelque chose », selon l’acte d’accusation.

Les officiers se sont alors adressés à la gardienne. « Quelle arme ? » a-t-elle répondu.

C’est au cours de cet échange que le même policier aurait tiré un deuxième coup de feu et tué Halak sans justification apparente, selon les procureurs.

Mardi, l’officier accusé a relaté les événements de la journée.

« Nous avons eu un briefing à 5 heures du matin durant lequel on nous a communiqué les avertissements et les alertes. C’était pendant le Ramadan et nous étions en état d’alerte. Ils nous ont dit que les menaces pouvaient venir d’endroits inattendus ».

L’officier a déclaré qu’alors qu’il se tenait avec son commandant près de la Vieille Ville de Jérusalem, il a entendu des appels sur sa radio disant « terroriste ! », et deux policiers qui criaient à proximité.

« J’étais sûr qu’il allait y avoir une tuerie. Un terroriste, de mon point de vue, est synonyme de tueries – il tue des gens maintenant et à tout moment, quelqu’un peut être tué », a-t-il déclaré.

L’accusé a déclaré que lorsqu’ils se sont lancés à la poursuite du Palestinien, « nous pensions qu’il s’agissait d’un terroriste. Le commandant lui a crié d’arrêter, mais [Halak] n’a pas écouté. A ce moment-là, mon commandant a tiré et j’ai entendu une femme crier ».

Les parents d’Iyad Halak, un étudiant aux besoins spéciaux de 32 ans qui a été tué dans la Vieille Ville de Jérusalem, vus arrivant à l’audience du policier accusé d’avoir tiré et tué Halak, au tribunal de district de Jérusalem, le 23 janvier 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Affirmant qu’il pensait que la vie de la femme qui criait était en danger, le suspect a poursuivi Halak dans un local à poubelles, où il a tiré sur lui. Voyant Halak bouger, il a tiré à nouveau, a-t-il déclaré à la cour.

« Ce sont quelques secondes qui m’ont paru une éternité. Tout s’est passé si vite que je n’ai pas eu le temps de tout analyser. Je voulais sauver la femme », a-t-il raconté.

La femme dont il a décrit les cris était vraisemblablement l’aide-soignante d’Halak, qui hurlait aux forces de sécurité de ne pas tirer sur l’homme en fuite.

Les parents d’Iyad Halak, un homme palestinien atteint d’autisme qui a été abattu par la police israélienne, Khiri, à droite, et sa mère Rana, parlent lors d’une interview à Jérusalem, le 3 juin 2020. (Crédit : Mahmoud Illean/AP)

Dans la salle d’audience, l’accusé a expliqué à la partie civile que, comme les agents couraient très vite, ils n’ont pas pu distinguer si Halek était armé.

L’officier a précisé : « Quand ils m’ont dit qu’il avait des besoins spéciaux, j’étais en état de choc. Pour moi et ce que je savais au moment des faits, c’est qu’il s’agissait d’un terroriste. Pendant l’interrogatoire, j’étais confus et sous pression – [les enquêteurs] m’ont fait sentir comme si j’étais un criminel. »

S’il est reconnu coupable, le policier risque jusqu’à 12 ans de prison.

 

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