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Logiciel-espion : La cour rejette le report du procès de Netanyahu

Alors que des personnalités de premier plan auraient été espionnées illégalement par la police, les juges ont décidé du maintien de la procédure en l'attente de réponses

Des partisans de l'ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu demandent l'arrêt de son procès devant la Cour de district de Jérusalem, le 7 février 2022. (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
Des partisans de l'ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu demandent l'arrêt de son procès devant la Cour de district de Jérusalem, le 7 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Une demande de report déposée par les avocats de l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu et par d’autres accusés dans son procès pour corruption en cours a été rejetée par la cour de district de Jérusalem, lundi, et le procès devrait continuer comme prévu.

Les avocats avaient demandé à ce que le procès s’arrête suite à la publication d’un article, lundi matin, qui indiquait que la police israélienne avait utilisé le logiciel-espion Pegasus du NSO Group pour pirater les téléphones de nombreuses personnalités publiques – notamment des conseillers et des membres de la famille de Netanyahu, ainsi qu’une multitude d’individus actuellement impliqués dans le procès – sans supervision judiciaire ou sans approbation.

Selon l’article, qui ne cite pas ses sources, la police a piraté les téléphones, entre autres, de Ilan Yeshua, ancien directeur-général de Walla ; de Shlomo Filber et d’Avi Berger, tous deux des ex-directeurs-généraux du ministère des Communications ; d’Iris Elovitch, épouse de Shaul Elovitch, ancien actionnaire majoritaire de Bezeq, tous les deux mis en cause avec son mari dans l’Affaire 4000 ; des anciens directeurs-généraux de Bezeq, Dudu Mizrachi et Stella Hendler; de l’ancien rédacteur en chef de Walla, Aviram Elad et d’autres journalistes de Walla.

Dans l’Affaire 4000, l’un des trois dossiers pour corruption impliquant l’ex-Premier ministre qui comparaît aujourd’hui devant les magistrats, Netanyahu aurait fait avancer des décisions régulatoires quand il était au poste de ministre des Communications et qu’il était Premier ministre – des régulations qui auraient considérablement enrichi Elovitch – avec, en contrepartie, le contrôle éditorial sur le site d’information Walla.

L’ancien chef de gouvernement n’a cessé de clamer son innocence.

Yeshua, tout premier témoin à s’être présenté au cours du procès, est apparu à la barre du tribunal de manière répétée pendant plusieurs mois. Elad et Berger ont aussi témoigné et cela devrait être le tour de Filber dans les semaines à venir.

Jack Chen, avocat du couple Elovitch, a déclaré lundi que « cela fait des années que nous mettons en garde contre des investigations boiteuses et tendancieuses qui ont dépassé toutes les limites. Aujourd’hui, a-t-il ajouté, au vu des informations révélées, « plus personne ne peut plus affirmer que nous exagérions ».

Shlomo Filber, directeur général du ministère de la Communication, arrive pour une audience au tribunal de première instance de Rishon Lezion, le 18 février 2018. (Crédit : Flash90)

Chen a ajouté que « le plus urgent à faire pour le bien de tous est de tout arrêter, de mener une enquête indépendante sur ce qui s’est produit, de comprendre la signification de ce qui est arrivé puis de corriger les choses ».

L’article publié lundi, quelques semaines après le reportage initial paru dans Calcalist qui avait pour la première fois fait état de l’utilisation par la police de telles tactiques de surveillance, précise aussi qu’Avner Netanyahu, fils de l’ancien Premier ministre, et deux conseillers de ce dernier, Yonatan Urich et Topaz Luk, avaient été espionnés. Le téléphone d’Avner Netanyahu aurait été piraté parce que la police aurait soupçonné sa mère, Sara, de l’utiliser.

La révélation selon laquelle Filber avait été surveillé par la police a été faite la semaine dernière pour la première fois même si la chaîne Kan a signalé que jusqu’à présent, les procureurs estiment que les éléments présents dans le dossier Netanyahu ne sont pas liés à l’utilisation illégale du logiciel-espion.

Vendredi, la cour de district de Jérusalem a donné aux procureurs jusqu’à mardi pour répondre aux questions posées par le défense sur l’utilisation faite de logiciels-espions au cours des enquêtes sur l’ex-Premier ministre.

Les avocats de Netanyahu et d’autres accusés dans ces dossiers ont demandé à savoir très exactement comment les données avaient été obtenues, comment elles avaient été utilisées et si d’autres personnes impliquées dans le procès avaient elles aussi été prises pour cible dans ces opérations. Le Parquet, pour sa part, a annoncé qu’il examinait la question.

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