Loi controversée sur la Shoah: une délégation polonaise attendue en Israël
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Loi controversée sur la Shoah: une délégation polonaise attendue en Israël

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a commenté l'annonce sur cette visite qui, selon lui, va "ouvrir un dialogue réel, bon et constructif avec la partie israélienne"

Le nouveau Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki fait un discours devant les députés au parlement de Varsovie, le 12 décembre 2017 (Crédit : AFP Photo/Janek Skarzynski)
Le nouveau Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki fait un discours devant les députés au parlement de Varsovie, le 12 décembre 2017 (Crédit : AFP Photo/Janek Skarzynski)

Une délégation gouvernementale polonaise va se rendre en Israël mercredi pour entendre les objections de l’Etat hébreu à une loi controversée sur la Shoah, a indiqué mardi le ministère israélien des Affaires étrangères.

Cette loi, promulguée par le président polonais début février, a provoqué des tensions diplomatiques avec Israël.

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a commenté aussitôt l’annonce sur cette visite qui, selon lui, va « ouvrir un dialogue réel, bon et constructif avec la partie israélienne, tenant compte de notre sensibilité et de celle de nos partenaires israéliens ».

« Je reste confiant qu’il s’agira du début d’une tentative de trouver une sortie de cette situation qui, je pense, n’a pas été entendue convenablement par certains à l’étranger », a ajouté Morawiecki, cité par l’agence PAP.

La nouvelle loi polonaise prévoit trois ans de prison pour les personnes qui accusent, « contrairement aux faits », la nation ou l’Etat polonais de participation aux crimes nazis.

Pour préserver l’image de la Pologne à l’étranger, les conservateurs au pouvoir ont voulu en priorité bannir l’expression « camps de la mort polonais », utilisée parfois par les médias ou les hommes politiques étrangers pour désigner les installations des nazis allemands en Pologne occupée.

Israël y voit une tentative – que Varsovie dément – de nier la participation de certains Polonais au génocide des juifs, voire même d’empêcher les survivants de la Shoah de raconter leur expérience.

La délégation polonaise, présidée par le vice-ministre polonais des Affaires étrangères Bartosz Cichocki, doit rencontrer le directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères, des historiens, des juristes, des diplomates et un représentant du mémorial de la Shoah à Jérusalem, Yad Vashem, a indiqué le ministère israélien dans un communiqué.

« L’objectif de ce dialogue est de préserver la vérité historique et d’empêcher l’atteinte à la liberté d’expression », précise la même source.

Le chef de la délégation polonaise a précisé que la Pologne n’envisageait pas une négociation du texte de la loi controversée.

« Notre régime constitutionnel ne connaît pas la formule où une mission du Premier ministre va dans un pays étranger négocier le contenu de la législation nationale », a souligné M. Cichocki cité par l’agence PAP.

La Pologne occupée par l’Allemagne nazie fut le seul territoire où les Allemands décrétèrent que toute sorte d’aide aux juifs était passible de la peine de mort.

Six millions de Polonais, dont trois millions de juifs, ont été tués pendant la Seconde Guerre mondiale.

En voulant défendre cette loi controversée, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a fait scandale en affirmant qu’il y avait aussi « des auteurs juifs » de la Shoah. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a jugé ces propos « inacceptables ».

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