Londres : Plus de 850 arrestations à un rassemblement de soutien à Palestine Action
La police de la capitale britannique a indiqué avoir déployé plus de 2 500 agents pour encadrer une série de manifestations anti-Israël dans la journée de samedi

La police a arrêté 857 personnes samedi à Londres lors d’une manifestation de soutien au groupe terroriste Palestine Action, portant à plusieurs centaines le nombre de personnes arrêtées au Royaume-Uni depuis l’interdiction très critiquée de cette organisation.
Les forces de l’ordre avaient averti qu’elles interpelleraient toute personne affichant son soutien explicite à ce mouvement, classé « terroriste » par le gouvernement travailliste début juillet, à la suite d’actes de vandalisme, notamment sur une base de l’armée de l’air.
Mais plusieurs centaines de personnes ont bravé le risque à partir de la mi-journée, devant le Parlement britannique, brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Je m’oppose au génocide. Je soutiens Palestine Action. »
« Notre gouvernement a décidé d’interdire une organisation. C’est totalement déplacé, et il devrait consacrer plus de temps à tenter d’arrêter le génocide [à Gaza] plutôt que d’essayer d’empêcher des manifestations », a dénoncé Nigel, 62 ans, dirigeant d’une entreprise de recyclage, qui tenait une pancarte de soutien à Palestine Action.
Il a été interpellé par la police, sous les cris de « Honte à vous » lancés par d’autres manifestants, a constaté un journaliste de l’AFP.
Des tensions ont éclaté entre les forces de l’ordre et des participants qui tentaient d’empêcher les arrestations.
Au total, la Metropolitan Police a annoncé dans la soirée qu’elle avait arrêté au moins 857 personnes, dont la plupart pour soutien à une organisation interdite, et plus de 25 pour violences envers ses agents.
« Nos agents ont été frappés, se sont fait cracher dessus et ont été visés par des objets lancés par des manifestants », a déclaré dans un communiqué Claire Smart, qui a coordonné l’opération de maintien de l’ordre, dénonçant un niveau de violences « intolérable ».
« Pas des terroristes »
La police de la capitale britannique a indiqué avoir déployé plus de 2 500 agents pour encadrer une série de manifestations anti-Israël dans la journée, dont une marche de soutien qui selon elle a réuni plus de 20 000 personnes et n’a donné lieu qu’à « très peu d’interpellations ».
La situation a toutefois été plus tendue lors du rassemblement distinct organisé par le groupe Defend Our Juries, qui proteste contre l’interdiction de Palestine Action. Ce groupe dénonçait « la complicité britannique » avec l’État d’Israël, en particulier sur la question des ventes d’armes.
Cette mesure a été jugée « disproportionnée » par l’ONU et dénoncée par des organisations de défense des droits humains ainsi que par des personnalités telles que le cinéaste britannique Ken Loach ou la romancière irlandaise Sally Rooney.
« Nous ne sommes pas des terroristes […] Nous devons dire que Palestine Action a le droit d’exister. L’interdiction doit être annulée », a insisté Polly Smith, une retraitée de 74 ans présente au rassemblement de samedi.
Depuis juillet, plus de 800 personnes ont déjà été arrêtées et 138 inculpées de soutien ou d’incitation au soutien à une organisation terroriste. La plupart d’entre elles risquent six mois de prison. Celles qui sont considérées comme les organisatrices des rassemblements risquent jusqu’à 14 ans d’emprisonnement.
La cofondatrice de Palestine Action, Huda Ammori, a obtenu l’autorisation de contester en justice l’interdiction du mouvement. Une audience est prévue en novembre.
Des manifestations anti-Israël ont lieu régulièrement au Royaume-Uni depuis le début de l’offensive israélienne contre le groupe terroriste palestinien du Hamas.
Israël est en guerre à Gaza depuis le 7 octobre 2023, date à laquelle quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut des communautés du sud d’Israël, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.
Israël a réagi en lançant une campagne militaire visant à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages. Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent en effet 50 otages, dont 47 des 251 personnes enlevées par le Hamas le 7 octobre 2023. Vingt d’entre eux seraient encore en vie.
Selon le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, plus de 64 000 personnes auraient été tuées ou sont présumées mortes dans les combats jusqu’à présent. Ce bilan, qui ne peut être vérifié et qui ne fait pas la distinction entre terroristes et civils, inclut les quelque 20 000 terroristes qu’Israël affirme avoir tués au combat, ainsi que les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes et retombées à l’intérieur de la bande de Gaza.
Israël affirme s’efforcer de minimiser les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les Gazaouis comme boucliers humains, en menant ses combats depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.
Le bilan de l’offensive terrestre israélienne contre le Hamas à Gaza et des opérations militaires menées le long de la frontière avec la bande de Gaza s’élève à 461 morts. Ce bilan inclut un officier de police tué lors d’une mission de sauvetage d’otages et des civils qui travaillaient comme sous-traitant pour le ministère de la Défense.







