L’ONU critique la définition « étroite » de l’aide humanitaire à Gaza par Israël
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L’ONU critique la définition « étroite » de l’aide humanitaire à Gaza par Israël

Un haut fonctionnaire de l'ONU exhorte Israël à assouplir les restrictions au point de passage des marchandises, où les exportations ont chuté de 90 % depuis la guerre

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Un policier palestinien fait signe à un camion alors qu'il entre par le passage de Kerem Shalom dans la bande de Gaza, le 1erseptembre 2020, après un accord avec Israël sous médiation qatarie. (Crédit : SAIDKHATIB / AFP) 
Un policier palestinien fait signe à un camion alors qu'il entre par le passage de Kerem Shalom dans la bande de Gaza, le 1erseptembre 2020, après un accord avec Israël sous médiation qatarie. (Crédit : SAIDKHATIB / AFP) 

NEW YORK – Un haut diplomate des Nations Unies a appelé Israël à assouplir les restrictions en vigueur à ses points de passage vers Gaza depuis la guerre de mai dans l’enclave, s’inquiétant des répercussions catastrophiques pour l’économie gazaouie si elles restent en place.

« Israël doit ouvrir ou assouplir les restrictions pour l’entrée et la sortie régulières des marchandises », a déclaré le haut fonctionnaire de l’ONU au Times of Israël, sous couvert d’anonymat, dans une interview mercredi.

Depuis la fin des 11 jours de combats entre Israël et les groupes terroristes de Gaza, le 20 mai, le ministre de la Défense, Benny Gantz, a maintenu une politique conditionnant la réhabilitation de la bande à la restitution de deux civils israéliens et des corps de deux soldats de Tsahal tombés au combat et détenus par le Hamas.

Israël et l’Égypte imposent un blocus sur l’enclave côtière depuis 2007, consistant à restreindre la circulation des personnes et des biens. Les deux pays affirment que le blocus vise à atténuer la menace que représente le Hamas pour la sécurité et à empêcher l’importation d’armes et de matériaux pour construire des fortifications et des tunnels.

Depuis la guerre, cependant, ces restrictions se sont encore intensifiées et seule une quantité limitée de matériaux a été autorisée à passer par le point de passage israélien de Kerem Shalom, comme de la nourriture, des fournitures médicales, du carburant et du fourrage.

Mais d’autres articles, tels que des cadres pour reconstruire des serres détruites par les bombardements de Tsahal, sont toujours interdits, a déclaré le fonctionnaire de l’ONU, déplorant qu’Israël ait une « définition très étroite de ce qui constitue l’aide humanitaire ».

Des garçons palestiniens pédalent devant un convoi de bulldozers fournis par l’Égypte arrivant du côté palestinien du poste frontière de Rafah entre l’Égypte et l’enclave palestinienne de la bande de Gaza le 4 juin 2021 (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

Le responsable a affirmé que « l’ensemble de la saison de plantation est en danger si davantage d’importations agricoles ne sont pas autorisées à Gaza dans les semaines à venir. »

Les exportations globales de la bande de Gaza sont en baisse de 90 %, a indiqué le responsable, notant que seule une petite quantité d’exportations agricoles et de textiles est autorisée à sortir de Gaza, mais que ces marchandises sont interdites d’entrée en Israël – une source principale de revenus pour l’économie d’exportation de l’enclave.

Toutefois, les points de passage de Rafah et de Salah a-Din vers l’Égypte sont restés ouverts aux marchandises et aux piétons ces dernières semaines, bien que l’étendue de cette ouverture n’ait pas été immédiatement claire.

Des responsables de l’ONU impliqués dans les efforts de reconstruction de Gaza ont déclaré au Times of Israël que plusieurs agences de l’ONU étaient encore en train de terminer les évaluations détaillées des dommages sur le terrain tout en rédigeant des propositions de politique qui seront présentées aux pays donateurs dans les semaines à venir.

Les responsables ont démenti une information selon laquelle l’ONU aurait accepté de prendre la responsabilité de l’acheminement de l’argent qatari vers Gaza.

Un homme passe devant les décombres de l’immeuble résidentiel de Yazegi qui a été détruit par une frappe aérienne israélienne menée à Gaza City en représailles aux roquettes tirées par le Hamas, dimanche 16 mai 2021. (Crédit : AP Photo / Adel Hana)

Une délégation israélienne chargée de la sécurité au Caire a informé les médiateurs égyptiens qu’ils n’autoriseraient plus l’entrée de l’argent liquide non contrôlé qui est remis à des dizaines de milliers de familles démunies en plus des fonctionnaires du Hamas, selon un fonctionnaire au fait des négociations.

Au lieu de cela, Jérusalem exige un nouveau mécanisme facilité par un observateur international tel que l’ONU, qui s’assurerait que les fonds ne parviennent pas au groupe terroriste, a déclaré le fonctionnaire, tout en admettant que le Hamas est presque certain de s’opposer à un tel effort, étant donné qu’il dirige la bande de Gaza.

Le fonctionnaire a émis l’hypothèse qu’Israël et le Hamas sont « sur la voie » d’une nouvelle série de violences, quelques semaines seulement après la dernière flambée de violence dans la bande de Gaza.

Le fonctionnaire a également souligné la position « enhardie » du Hamas depuis la guerre, que son chef Yahya Sinwar a qualifiée de victoire sur Israël, alors que le soutien de l’opinion publique au mouvement rival du Fatah, dirigé par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, continue de s’effondrer.

Ces deux réalités contradictoires – un Israël durci et un Hamas revigoré – ne sont pas de bon augure pour les négociations sous médiation égyptienne qui ont débuté le mois dernier au Caire, a déclaré le responsable.

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