L’opposition salue Gideon Saar pour sa critique de la loi sur l’immunité
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L’opposition salue Gideon Saar pour sa critique de la loi sur l’immunité

Les politiciens de Kakhol lavan félicitent le député, rival de Netanyahu, pour son "courage politique" et prédisent que d'autres pourraient suivre

Yair Lapid, à droite, et Gideon Saar à la Knesset, le 23 juillet 2013 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)
Yair Lapid, à droite, et Gideon Saar à la Knesset, le 23 juillet 2013 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Les personnalités de l’opposition ont salué le député du Likud Gideon Saar pour avoir rompu les rangs avec le parti du Likud et ouvertement critiqué le plan du Premier ministre Benjamin Netanyahu d’adopter une législation spéciale qui lui accorderait l’immunité face aux poursuites tant qu’il conservera ses fonctions.

Saar, qui s’est querellé à de multiples reprises avec Netanyahu dans le passé et qui a récemment fait son retour en politique à la grande déception du Premier ministre, a été fustigé au sein de sa formation pour ses propos.

Netanyahu œuvrerait à faire adopter un projet de loi qui lui permettrait d’éviter les poursuites judiciaires dans trois dossiers dans lesquels il pourrait être définitivement inculpé, notamment pour une affaire de corruption.

Jeudi, Saar a déclaré lors d’un entretien accordé à la Douzième chaîne qu’une telle législation « n’offre aucun bénéfice et cause des dégâts maximaux ».

Yair Lapid,numéro 2 de Kakhol lavan, le parti qui est le principal rival de Netanyahu, a salué Saar qui a eu « le courage d’aller contre Netanyahu ».

Gideon Saar prend la parole lors d’une conférence du Likud à Lod, le 31 décembre 2017. (Tomer Neuberg/Flash90)

« J’apporte mon soutien à Saar et j’appelle tous les membres de la Knesset à rejoindre Gideon : la loi sur l’immunité ne fera pas que des dégâts au sein du Likud, mais elle entraînera aussi des dommages pour l’Etat d’Israël tout entier », a-t-il dit.

Lapid, ancien présentateur d’une chaîne d’information à la télévision, avait fait allusion jeudi matin à un membre de la coalition présumée qui aurait viré de bord lorsqu’il avait appelé le chef de Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, à rejoindre un gouvernement alternatif. Lapid avait noté qu’ils bénéficieraient de 61 votes – même si l’opposition et Yisrael Beytenu n’en détiennent que 60 à eux deux – mais il n’avait pas précisé à qui ce dernier vote appartenait.

Ofer Shelah, autre législateur de Kakhol lavan, a déclaré que les propos de Saar étaient « la première fissure dans le mur », prédisant sur Twitter que d’autres lui emboîteraient le pas.

Izhar Shay, nouveau député pour la même formation, a pour sa part écrit sur Twitter qu’il avait compris, lors de discussions avec d’éminents députés, que « d’autres aussi agiront de manière responsable » et s’opposeront à la législation.

Au cours de l’entretien, Saar a expliqué qu’il n’était « pas le seul à être inquiet » dans les hauts-rangs du Likud.

La députée du Likud Michal Shir a pour sa part minimisé les réactions de l’opposition devant les paroles prononcées par Saar, notant qu’au sein du Likud, « on est libre de dire ce qu’on pense et sans avoir à s’inquiéter ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige une réunion de la faction du Likud à la Knesset le 24 décembre 2018, confirmant la tenue d’élections anticipées. A ses côtés se trouve le chef de la coalition David (Dudi) Amsalem (Yonatan Sindel/FLASH90).

Saar s’est néanmoins attiré des critiques virulentes dans les rangs du Likud.

« Vous devriez avoir honte », a écrit le député David Amsalem, un proche de Netanyahu, sur Twitter.

La loi sur l’immunité est devenue source de divisions entre la coalition potentielle et l’opposition alors que Netanyahu se bat actuellement pour mettre en place un nouveau gouvernement après les élections du mois dernier.

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