L’UE contredit Netanyahu, n’a pas cessé de financer l’ONG de gauche
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L’UE contredit Netanyahu, n’a pas cessé de financer l’ONG de gauche

Les Européens disent qu'il s'agit simplement "d'examiner les violations possibles des obligations contractuelles" par le Conseil de protection de la liberté

Le 20 mai 2015, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et la responsable de la politique étrangère de l'Union européenne, Federica Mogherini, s'adressent aux médias. (AFP / POOL / DAN BALILTY)
Le 20 mai 2015, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et la responsable de la politique étrangère de l'Union européenne, Federica Mogherini, s'adressent aux médias. (AFP / POOL / DAN BALILTY)

L’Union européenne (UE) a démenti mercredi l’affirmation du Premier ministre Benjamin Netanyahu selon laquelle le bloc aurait accepté de suspendre son financement à une association israélienne de gauche, affirmant qu’il « examinait simplement de possibles violations des obligations contractuelles ».

Un jour après que Netanyahu a déclaré que la décision de mettre fin au financement du Conseil de protection de la liberté résultait des pressions israéliennes, l’UE a déclaré dans un communiqué que de telles décisions concernaient « l’UE et l’UE seule ».

Israël accuse le Conseil de protection de la liberté, créé en 2017 par Ilam, une ONG sur la liberté de presse arabo-israélienne, de « délégitimer » Israël.

Il est composé de représentants de dizaines d’ONG israéliennes de gauche dont B’Tselem et Adalah, avec l’objectif déclaré de lutter contre les tentatives de limiter les libertés démocratiques dans le pays et de résister aux attaques contre les groupes de défense des droits de l’homme.

Il a été accusé par des sites d’extrême droite et des organisations d’apparenter les actions israéliennes à l’apartheid et aux « crimes de guerre » et de s’efforcer de saper les lois adoptées par le gouvernement.

« L’UE examine les éventuelles violations des obligations contractuelles du bénéficiaire des fonds de l’UE en Israël à destination du ‘Conseil de protection de la liberté' », a déclaré un porte-parole de l’UE, qui semble ainsi contredire l’insinuation politique de Netanyahu.

« Nous prendrons d’autres mesures sur la base de l’évaluation. »

« L’UE applique rigoureusement tous les contrats signés avec les bénéficiaires des fonds de l’UE conformément aux règles financières strictes en vigueur », poursuit le communiqué.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige la réunion hebdomadaire au bureau du Premier ministre à Jérusalem le 29 juillet 2018. (Alex Kolomoisky / Pool Yedioth Ahronoth / Flash90)

« A cet égard, les décisions de l’UE de financer ou de mettre fin au financement de projets spécifiques mis en œuvre par des organisations de la société civile opérant légalement dans un pays tiers sont des décisions prises par l’UE et l’UE uniquement ».

La déclaration conclut en annonçant que l’UE « reste fermement attachée à la protection de la liberté d’expression et de la liberté d’association conformément à la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Nous continuerons à soutenir les organisations de la société civile qui jouent un rôle essentiel dans toute société démocratique, en encourageant le pluralisme et en promouvant le droit international, les droits de l’homme et les valeurs démocratiques, en Israël, dans l’UE et dans le monde. »

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