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L’Ukraine renvoie l’ambassadeur iranien en raison du soutien de Téhéran à la Russie

Kiev a ordonné la réduction du personnel de l’ambassade d’Iran, en signe de protestation contre la fourniture à Moscou de drones d’attaque qui "tuent des civils innocents"

Une capture d'écran d'un drone de combat iranien Shahed-129. (Crédit : YouTube/Future technologie militaire)
Une capture d'écran d'un drone de combat iranien Shahed-129. (Crédit : YouTube/Future technologie militaire)

L’Ukraine a vivement critiqué l’Iran, vendredi, pour avoir livré des drones d’attaque à l’armée russe. Dans la foulée, elle a pris des mesures diplomatiques à l’encontre de la République islamique, révoquant l’accréditation de son ambassadeur et ordonnant une réduction significative du personnel de l’ambassade.

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères à Kiev a indiqué que « fournir à la Russie des armes pour mener une guerre contre l’Ukraine est un acte inamical qui porte un coup sérieux aux relations entre l’Ukraine et l’Iran ».

Plus tôt dans la journée, l’Ukraine avait déclaré qu’un civil avait été tué lors d’une attaque russe sur la ville portuaire d’Odessa, dans le sud du pays, impliquant un drone de fabrication iranienne.

Un porte-parole du président ukrainien Volodymyr Zelensky, Sergii Nykyforov, a écrit sur Facebook : « L’utilisation d’armes de fabrication iranienne par l’armée russe… est une mesure prise par l’Iran contre la souveraineté et l’intégrité territoriale de notre État, ainsi que contre la vie et la santé des citoyens ukrainiens. »

Pour sa part, le ministère ukrainien de la Défense a écrit sur Twitter que Téhéran était désormais un allié du « nazisme russe, coupable du meurtre de civils innocents ».

Il a ajouté que l’armée avait détruit six drones iraniens vendredi, images à l’appui.

En juillet, les services de renseignement américains avaient publiquement fait savoir que Téhéran allait livrer des centaines de drones porteurs de bombes en Russie pour l’aider contre l’Ukraine. Dans un premier temps, l’Iran avait nié, avant que le chef des Gardiens de la révolution ne se vante, dernièrement, d’armer les plus grandes puissances mondiales.

Plus tôt ce mois-ci, un responsable militaire ukrainien, ainsi qu’un site Internet pro-ukrainien étroitement associé à l’armée, ont publié des images de l’épave de ce qu’ils ont présenté comme un drone iranien, abattu par l’armée ukrainienne. En forme de delta, ce drone piloté de fabrication iranienne est connu sous le nom de Shahed, « Témoin » en farsi.

L’Iran possède plusieurs versions du Shahed, qui ont survolé un porte-avions américain dans le golfe Persique. Ils ont été utilisés par des rebelles soutenus par l’Iran au Yémen, ont attaqué des dépôts pétroliers en Arabie saoudite et auraient tué deux marins à bord d’un pétrolier, au large d’Oman en 2021. En l’absence de précisions de la part des autorités iraniennes, on pense que le Shahed en forme de Delta a une portée d’environ 2 000 kilomètres.

Les experts qualifient ces drones porteurs de bombes de « munitions flânantes ». Le drone vole vers une destination, probablement programmée avant le départ, et explose dans les airs au-dessus de la cible ou au moment de l’impact.

L’Iran s’est rapproché de la Russie, étranglé par le poids des sanctions au moment de l’effondrement de l’accord nucléaire, en 2018, lorsque le président américain de l’époque, Donald Trump, s’est unilatéralement retiré de l’accord.

Les négociations en vue d’un nouvel accord pour un retour à l’auto-limitation des niveaux d’enrichissement de l’uranium iranien en échange de la levée des sanctions, semblent aujourd’hui de nouveau dans l’impasse.

L’Ukraine et l’Iran entretiennent également des relations tendues depuis que les Gardiens de la révolution iraniens ont abattu un avion de ligne ukrainien en 2020, tuant les 176 passagers et membres d’équipage à bord.

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