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L’envoyé espère une nouvelle politique après les élections

L’Ukraine sollicite les États-Unis pour inciter Israël à envoyer une aide militaire

Yevgen Korniychuk, affirme rencontrer hebdomadairement l'envoyé américain Tom Nides pour tenter d’aligner Israël sur la position de l'Occident

L'ambassadeur d'Ukraine en Israël Yevgen Korniychuk à un briefing au centre culturel de l'ambassade à Tel Aviv, le 1er mars 2022. (Crédit :Carrie Keller-Lynn/Times of Israel)
L'ambassadeur d'Ukraine en Israël Yevgen Korniychuk à un briefing au centre culturel de l'ambassade à Tel Aviv, le 1er mars 2022. (Crédit :Carrie Keller-Lynn/Times of Israel)

L’Ukraine demande aux États-Unis de l’aider à faire pression sur Israël pour que ce dernier lui fournisse une aide militaire, a déclaré dimanche l’envoyé de Kiev à Jérusalem aux médias américains.

L’ambassadeur ukrainien en Israël, Yevgen Korniychuk, a confié au site d’information The Hill, basé à Washington, qu’il rencontrait chaque semaine l’ambassadeur américain en Israël, Tom Nides, afin de faire pression sur Israël pour qu’il envoie du matériel de défense à l’Ukraine.

« Je plaisante, mais je l’appelle notre arme secrète. Nous discutons ainsi des différentes mesures de soutien, et encore une fois, nous devons changer cette situation exceptionnelle selon laquelle la position d’Israël se distingue de celle du reste du monde démocratique, et renforcer la coopération militaro-technique », a déclaré M. Korniychuk.

Bien que Jérusalem ait envoyé plusieurs tonnes de cargaisons d’aide humanitaire à l’Ukraine, Israël a systématiquement rejeté les demandes de Kiev en matière d’armes défensives, en particulier les systèmes de défense antimissile qui pourraient être utilisés pour repousser les bombardements russes, tout en continuant à assurer le pays de sa sympathie.

Le refus d’Israël est vu comme une tentative de Jérusalem de maintenir des liens opérationnels avec Moscou en raison du contrôle russe de l’espace aérien syrien, où l’armée de l’air israélienne a effectué des centaines de sorties pour empêcher les groupes soutenus par Téhéran de prendre pied et pour bloquer les prétendues livraisons d’armes iraniennes aux groupes terroristes.

Les responsables israéliens ont également exprimé la crainte que leurs technologies militaires avancées ne tombent entre les mains de l’ennemi et ont cité des contraintes de production et d’approvisionnement.

L’épave de ce que Kiev a décrit comme un drone iranien Shahed abattu près de Kupiansk, en Ukraine, le 13 septembre 2022. (Crédit : Direction des communications stratégiques de l’armée ukrainienne via AP)

Jerusalem semblerait toutefois avoir intensifié ses efforts de soutien, depuis que la Russie a utilisé des drones kamikazes fournis par l’Iran, le rival régional d’Israël.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a ainsi déclaré la semaine dernière que les relations entre Israël et l’Ukraine s’étaient améliorées, citant la coopération des services de renseignement entre les deux pays au sujet des drones Shahed de fabrication iranienne utilisés par le Kremlin dans cette guerre.

Korniychuk a également affirmé qu’il y avait eu des progrès « sur certaines questions techniques liées à la défense », notamment en matière de fourniture par Israël de sa technologie de système d’alerte aux missiles.

« La collaboration entre la Russie et l’Iran a provoqué, bien sûr, de pressions bien plus importantes parmi les politiciens et les experts militaires israéliens, ainsi que dans la rue, pour venir en aide à l’Ukraine, tout simplement parce que, en fin de compte, l’Iran fait partie de la coalition contre l’Ukraine », a déclaré Korniychuk au site web The Hill, citant l’inquiétude croissante d’Israël concernant les liens de Moscou avec Téhéran.

Il a ajouté qu’il espérait convaincre Israël de livrer des systèmes anti-missiles et anti-drones après le scrutin du 1er novembre.

L’envoyé ukrainien a également déclaré qu’il avait sollicité l’aide de Washington pour faire pression sur Israël concernant l’application du régime de sanctions occidental.

Israël n’a pas encore décidé de se joindre au mouvement, car il n’existe actuellement aucune structure juridique dans l’État juif qui permettrait d’imposer des sanctions sur les biens et les citoyens d’un État qui n’est pas défini par la loi comme un pays ennemi. Une telle loi pourrait en théorie être adoptée à l’avenir.

Le président russe Vladimir Poutine rencontre le président iranien Ebrahim Raissi en marge du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Samarkand, en Ouzbékistan, le 15 septembre 2022. (Crédit : Alexandr Demyanchuk/Sputnik/Kremlin/via AP)

Israël a cependant promis de respecter les listes noires internationales et de veiller à ne pas devenir un lieu où les Russes frappés par les sanctions peuvent contourner les mesures occidentales.

« La question des sanctions est tout aussi importante et les Américains sont bien mieux placés pour vérifier si les Israéliens respectent ou non ces sanctions », a déclaré Korniychuk.

Un porte-parole du Département du Trésor a déclaré à The Hill qu’ils travaillaient avec plusieurs pays, dont Israël, dans le but de « couper les voies permettant à la Russie d’échapper aux sanctions internationales et aux contrôles des exportations ».

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