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L’université George Washington blanchit une enseignante accusée d’antisémitisme

Les conclusions d'un cabinet d'avocats externe critiquent StandWithUs pour sa "vision extensive de la définition de l'antisémitisme" qui, "étouffe la liberté académique". StandWithUs rejette les conclusions

Le campus de l'université George Washington à Washington, DC, le 7 mai 2020. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
Le campus de l'université George Washington à Washington, DC, le 7 mai 2020. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

JTA — L’université George Washington a blanchi une professeure des allégations d’une plainte fédérale pour discrimination à l’encontre d’étudiants juifs et israéliens, dans le dernier exemple en date des querelles entre universités et groupes pro-israéliens sur la manière de définir l’antisémitisme sur le campus.

Le résumé des conclusions, rédigé par un cabinet d’avocats externe, critique également le groupe pro-israélien StandWithUs pour sa « vision extensive de la définition de l’antisémitisme », qui, selon les auteurs du rapport, étoufferait la liberté académique si elle était appliquée à grande échelle. L’université a diffusé le résumé lundi.

StandWithUs avait porté plainte contre Lara Sheehi, professeure de psychologie au sein du programme d’études supérieures de l’université, née au Liban. Dans sa plainte pour violation des droits civils, déposée auprès du département américain de l’Education, le groupe affirme que Lara Sheehi a tenu des propos antisémites en classe, qu’elle a invité un conférencier qui partageait des opinions antisionistes et que l’université n’a pas pris suffisamment de mesures pour répondre aux préoccupations des étudiants.

Au cours des dernières années, des groupes juridiques pro-israéliens ont saisi le bureau des droits civils du département de l’Education pour déposer de nombreuses plaintes fédérales contre des universités pour des discours liés à Israël qu’ils considéraient comme antisémites. S’appuyant sur l’élargissement récent des compétences du département en matière de violations des droits civils liées à l’antisémitisme, ces plaintes ont conduit certaines universités à s’engager à mieux lutter contre l’antisémitisme – et, parfois, à des réactions négatives de la part d’activistes et d’administrateurs qui nient les accusations.

Dans le cas de l’université George Washington, l’établissement a annoncé en janvier qu’il demanderait à une tierce partie de mener une enquête sur l’affaire, par l’intermédiaire du cabinet d’avocats Crowell & Moring LLP. Le département de l’éducation n’a pas encore ouvert sa propre enquête sur l’affaire, selon ses registres. La Middle East Studies Association a pris la défense de Mme Sheehi et a appelé l’université à la soutenir en mettant fin à l’enquête ; des centaines d’universitaires ont signé une lettre ouverte pour la défendre.

L’enquête a maintenant innocenté Mme Sheehi de tout acte répréhensible, tout en critiquant StandWithUs et les étudiants juifs et israéliens qu’elle représentait.

Ces parties, a déclaré la firme, « ont plaidé en faveur d’une vision élargie de la définition de l’antisémitisme qui, si elle était acceptée dans l’environnement universitaire, pourrait porter atteinte aux principes de la liberté d’expression et de la liberté académique ».

Roz Rothstein, directrice et PDG de StandWithUs, a qualifié le résumé du rapport de « décevant » et « intéressé » dans une déclaration à la Jewish Telegraphic Agency, mais n’a pas abordé la critique directe de la définition de l’antisémitisme de son organisation.

« Alors que nous espérions que l’administration de l’université George Washington profiterait de cette occasion pour commencer à remédier à son problème d’antisémitisme omniprésent, le ‘résumé’ qu’elle a publié montre qu’elle n’a d’autre intention que de continuer à ignorer les droits de ses étudiants juifs et israéliens », a écrit Mme Rothstein. Elle a demandé à l’université de publier le rapport dans son intégralité, affirmant que certaines de ses conclusions étaient « manifestement fausses ».

L’université a approuvé les conclusions du rapport. « Après un examen minutieux, je pense que le résumé représente fidèlement ce que l’université a appris dans le cadre de cette enquête menée par une tierce partie », a écrit Mark Wrighton, président de l’université George Washington, dans une lettre adressée à la communauté universitaire.

« À l’avenir, nous continuerons à travailler en étroite collaboration avec les membres de notre communauté ainsi qu’avec nos partenaires nationaux et universitaires afin de soutenir au mieux nos communautés juive et arabe », a-t-il ajouté.

L’université s’est refusée à tout autre commentaire. Elle a également dû faire face à de récentes controverses concernant l’antisémitisme, notamment des graffitis à l’extérieur du centre Hillel du campus et une imitation de Torah endommagée dans une fraternité juive.

Parmi les allégations les plus frappantes de StandWithUs, on trouve celle selon laquelle Sheehi aurait dit à un étudiant israélien : « Ce n’est pas de ta faute si tu es né en Israël ». Bien que l’enquête n’ait pas fait référence à des citations précises, elle n’a pu étayer aucune allégation de commentaires antisémites que Sheehi aurait faits en classe. Les commentaires présumés de Sheehi étaient « inexacts ou sortis de leur contexte et déformés », indique le résumé du cabinet, citant « ceux qui avaient entendu » les commentaires (une accusation contestée par StandWithUs).

La deuxième allégation majeure, concernant des commentaires formulés par Nadera Shalhoub-Kevorkian, conférencière invitée de l’Université hébraïque de Jérusalem, n’a pas pu être corroborée par un enregistrement de l’événement, selon le résumé. Il s’agissait également d’un événement auquel les étudiants n’étaient pas tenus d’assister – mais même dans ce contexte, les enquêteurs ont déclaré que Sheehi « a reconnu à plusieurs reprises les sentiments des étudiants, leur a donné l’espace nécessaire pour exprimer leurs préoccupations et a dénoncé l’antisémitisme comme un danger réel et présent ». Aucun étudiant interrogé ne s’est souvenu que la Dr Sheehi avait nié l’existence de l’antisémitisme ou les expériences vécues par les étudiants.

Les conclusions ont également donné raison à Mme Sheehi et à l’université sur d’autres points, notant qu’un compte Twitter que le professeur avait utilisé dans le passé pour décrier les « Israéliens » et les « sionistes » n’était pas du ressort de la discipline universitaire.

Sheehi n’a pas répondu à une demande de commentaire de JTA. Dans un article publié au cours de l’enquête, Mme Sheehi a accusé son employeur d’avoir « collaboré avec StandWithUs pour dénaturer ma classe en gardant le silence » sur les détails des allégations qui, selon elle, auraient pu être réfutées par l’université.

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