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L’UNRWA ferme à Jérusalem après un incendie des lieux attribué à des Israéliens

L'Office pour les réfugiés palestiniens dit qu’il restera clos tant que la "sécurité " ne sera pas rétablie et accuse des extrémistes israéliens de harcèlement de leur personnel

Des activistes protestant contre l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) devant ses bureaux, à Jérusalem, le 27 mars 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des activistes protestant contre l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) devant ses bureaux, à Jérusalem, le 27 mars 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’UNRWA a annoncé jeudi soir fermer temporairement ses bureaux de Jérusalem-Est après que « des extrémistes israéliens » ont « mis le feu » à des zones en plein air de l’enceinte, a annoncé le patron de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens.

Jeudi soir, « des Israéliens ont mis le feu deux fois au périmètre du QG de l’UNRWA à Jérusalem-Est occupée », et ce alors que « du personnel de l’UNRWA et d’autres agences de l’ONU étaient présents » à l’intérieur, indique Philippe Lazzarini sur X, précisant qu’aucun « membre du personnel onusien n’a été blessé ».

« J’ai pris la décision de fermer l’enceinte jusqu’à ce que soit rétablie une sécurité adéquate », ajoute-t-il, dénonçant un « deuxième incident odieux en moins d’une semaine » commis par des « extrémistes israéliens » et dans lequel « les vies d’employés de l’ONU ont été mises gravement en danger ».

Ces bureaux de l’UNRWA abritent une station-service pour les véhicules de l’agence onusienne, souligne-t-il, rappelant qu’il « est de la responsabilité de l’État d’Israël, en tant que puissance occupante, de faire en sorte que le personnel et les installations des Nations unies soient protégés en permanence ».

Il a précisé que l’incident de jeudi était le deuxième en moins d’une semaine.

Dans une vidéo publiée sur son compte, filmée de l’extérieur de l’enceinte onusienne, on entend des manifestants clamer « Brûlez les Nations Unies! », tandis que de l’autre côté de la clôture grillagée un employé de l’ONU éteint avec un tuyau d’arrosage de la végétation qui se consume.

Mardi, Lazzarini avait publié une vidéo filmée de l’intérieur des bureaux de l’ONU à Jérusalem-Est montrant des manifestants endommager le portail.

Sur les images partagées par Lazzarini, on aperçoit de la fumée s’élevant près des bâtiments situés à la périphérie du complexe, alors que des chants en hébreu sont audibles.

« Ces derniers mois, le personnel des Nations unies ont été régulièrement victimes de harcèlement et d’intimidation. Notre enceinte a été gravement vandalisée et endommagée. A plusieurs occasions, des extrémistes israéliens ont menacé notre personnel avec des armes », affirme-t-il jeudi soir.

L’UNRWA, qui a été créé pour venir en aide aux réfugiés palestiniens qui ont fui ou ont été contraints de quitter leur foyer pendant la guerre de 1948, lors de la création d’Israël, est depuis longtemps en butte aux hostilités d’Israël.

Israël accuse une douzaine des quelque 13 000 employés à Gaza de l’UNRWA – qui coordonne la quasi-totalité de l’aide dans le territoire – d’avoir participé à l’attaque menée par des terroristes du Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre.

Ces révélations, ainsi que les allégations israéliennes selon lesquelles des milliers d’autres membres du personnel auraient des liens avec des groupes terroristes, ont ravivé les protestations contre l’agence et amené les donateurs à réduire leur aide financière.

Fin avril, un groupe d’évaluation indépendant dirigé par l’ancienne cheffe de la diplomatie française Catherine Colonna avait conclu qu’Israël n’avait pas fourni la « preuve » de prétendus liens de certains membres avec des « organisations terroristes » comme le Hamas. Le rapport soulignait aussi que l’UNRWA manquait de « neutralité » à Gaza mais était « irremplaçable et indispensable » aux Palestiniens.

Lazzarini a indiqué que l’attaque de jeudi survenait après deux mois de « manifestations d’extrémistes israéliens devant l’enceinte de l’UNRWA », ajoutant qu’une manifestation en début de semaine « a tourné à la violence lorsque les manifestants ont jeté des pierres sur le personnel de l’ONU et sur les bâtiments de l’enceinte ».

Des activistes déguisés en terroristes du Hamas protestent contre l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) devant ses bureaux à Jérusalem, le 3 avril 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Notre enceinte a été sérieusement vandalisée et endommagée. Des extrémistes israéliens ont menacé à plusieurs reprises notre personnel avec des armes à feu », a-t-il ajouté.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, la police israélienne n’a fait aucun commentaire.

L’Autorité palestinienne a condamné « l’attaque contre le quartier général de l’UNRWA » à Jérusalem et appelé à des « mesures strictes » de la communauté internationale contre des « milices » israéliennes.

L’Arabie saoudite, le Qatar et la Jordanie ont aussi condamné dans des communiqués séparés l’attaque « menée par des colons israéliens sur les bureaux de l’UNRWA » à Jérusalem.

Le député Boaz Bismuth et des militants protestent contre l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) devant leurs bureaux à Jérusalem, le 9 avril 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministère jordanien des Affaires étrangères a appelé la communauté internationale « à prendre des mesures immédiates et efficaces » pour forcer Israël à « assumer ses responsabilités en tant que puissance occupante à Jérusalem » et ainsi mettre fin à ces « violations » du droit humanitaire, selon l’agence officielle Petra.

Selon Amman, cet incident à Jérusalem témoigne « d’une évolution dangereuse » dans le « ciblage systématique par Israël » de l’UNRWA.

Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a dénoncé le « ciblage systématique de l’UNRWA » par Israël, affirmant qu’il visait « à le liquider et à priver des millions de Palestiniens de ses services nécessaires ».

L’Arabie saoudite a également condamné l’attaque.

L’incident s’est déroulé « sous les yeux de la police » israélienne, dénonce Ryad, tandis que Doha estime « dans le ciblage systématique de l’UNRWA (…) vise en fin de compte à la liquider et à priver des millions de Palestiniens dans la bande de Gaza, en Cisjordanie, Jordanie, Syrie et Liban de ses services nécessaires ».

Créé en 1949, l’UNRWA emploie environ 30 000 personnes dans les territoires palestiniens, en Jordanie, au Liban et en Syrie. Il a coordonné la quasi-totalité de l’aide à Gaza durant la guerre en cours d’Israël contre le Hamas.

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