Macron à Netanyahu : la lutte contre l’antisémitisme ne doit pas être « instrumentalisée »
Le président français a appelé, par écrit, le Premier ministre à mettre fin à la guerre "meurtrière et illégale" à Gaza, après que ce dernier l'a accusé d'alimenter l'antisémitisme

Le président français, Emmanuel Macron, a fermement rejeté les récentes accusations du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, concernant la montée de l’antisémitisme en France. Dans une lettre adressée à Netanyahu et rendue publique mardi, il a averti que cette question ne devait pas être « instrumentalisée ».
« Ces accusations d’inaction face à un fléau que nous combattons de toutes nos forces sont inacceptables et elles constituent une offense à la France tout entière », a écrit Macron dans un courrier qui a été publié dans plusieurs journaux, dont le Times of Israel a obtenu une copie.
« La lutte contre l’antisémitisme ne doit pas être instrumentalisée et ne doit pas alimenter la discorde entre Israël et la France », a ajouté le chef de l’État français.
La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tuant plus de 1 200 personnes et prenant 251 otages, dont 50 – dont 20 seraient encore en vie – sont toujours détenus dans la bande de Gaza.
Israël subit des pressions croissantes pour mettre fin à sa campagne militaire à Gaza, où la guerre a aggravé la crise humanitaire et dévasté une grande partie de l’enclave.
« Je vous demande solennellement de mettre fin à cette course désespérée vers une guerre permanente meurtrière et illégale à Gaza, qui fait honte à votre pays et qui place votre peuple dans une impasse », a écrit Macron.
Dans une lettre envoyée à la mi-août, Netanyahu avait estimé que la promesse faite par Macron de reconnaître un État palestinien alimentait l’antisémitisme.
Macron avait annoncé que la France reconnaîtrait officiellement un État palestinien lors de l’Assemblée générale de l’ONU, le mois prochain. De nombreux pays occidentaux ont suivi l’exemple de la France.
Dans sa lettre, Netanyahu affirmait que l’antisémitisme avait « augmenté » en France après cette annonce.
« Votre appel en faveur d’un État palestinien attise ce feu antisémite. Ce n’est pas de la diplomatie, c’est de l’apaisement », avait écrit le Premier ministre, évoquant le groupe terroriste palestinien du Hamas que l’armée israélienne combat à Gaza.
Jacob Magid a contribué à cet article.







