Macron condamne fermement l’agression d’un enfant juif à Sarcelles
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Macron condamne fermement l’agression d’un enfant juif à Sarcelles

Le parquet a indiqué avoir pour le moment "retenu le mobile antisémite"

Le président français Emmanuel Macron pendant une cérémonie à l'Arc de Triomphe, le 3 juin 2017. (Crédit : Charles Platiau/Pool/AFP)
Le président français Emmanuel Macron pendant une cérémonie à l'Arc de Triomphe, le 3 juin 2017. (Crédit : Charles Platiau/Pool/AFP)

Le président français Emmanuel Macron a estimé que « chaque fois qu’un citoyen est agressé en raison de son âge, de son apparence ou de sa confession, c’est toute la République qu’on agresse », après l’agression d’un enfant de huit ans de confession juive dans la banlieue de Paris.

« À chaque fois qu’un citoyen est agressé en raison de son âge, de son apparence ou de sa confession, c’est toute la République qu’on agresse », a écrit M. Macron mardi sur son compte Twitter.

« Et c’est toute la République qui se dresse particulièrement aujourd’hui au côté des Français de confession juive pour combattre avec eux et pour eux chacun de ces actes ignobles », a-t-il ajouté dans un second tweet.

Un garçon de huit ans de confession juive qui portait une kippa a été frappé lundi soir par deux jeunes à Sarcelles, en banlieue de Paris, une agression pour laquelle le parquet a indiqué mardi à l’AFP avoir pour le moment « retenu le mobile antisémite ».

L’enfant a été agressé au moment où il se rendait à un cours de soutien scolaire, a précisé le parquet.

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Condamnation également sur tous les bancs de la classe politique, avec des mots différents, de Marine Le Pen (FN) demandant « des actes » contre « un antisémitisme virulent porté par l’islam radical », à Jean-Luc Mélenchon (LFI) « révolté par l’agression contre un enfant au motif de sa religion ».

Pour l’ancien Premier ministre Manuel Valls, « c’est un acte anti-juif et une nouvelle démonstration de la montée effrayante de l’antisémitisme dans nos quartiers populaires ».

A Sarcelles, où vit une importante population juive séfarade dans un quartier surnommé « la petite Jérusalem », le député et ancien maire PS François Pupponi ne cache pas son trouble.

« Ce qui nous inquiète le plus c’est que c’est la deuxième agression gratuite visant un membre de la communauté juive » en trois semaines : « on se demande s’il n’y a pas eu un appel sur les réseaux sociaux » à passer à l’acte, s’alarme l’élu auprès de l’AFP. La précédente avait eu lieu le 10 janvier, sans que le mobile antisémite soit retenu par le parquet.

« On est à la fois inquiets et rassurés. Inquiets car c’est la deuxième agression en un mois. Et rassurés car le préfet s’est engagé à renforcer la sécurité dans le quartier juif, tant au niveau des CRS, de (l’opération militaire) Sentinelle que des forces de police. L’essentiel pour nous c’est que l’enfant aille bien », temporise le président de la communauté juive de Sarcelles, Moïse Kahloun.

A la sortie de l’école maternelle Anne-Frank, Jackie Tordjman, 45 ans, mère de trois enfants, envisage clairement de faire son « alyah », l’émigration vers Israël, qui a enregistré environ 40 000 départs en dix ans, soit près de 10 % de la communauté juive de France.

« J’ai pas du tout envie que mes enfants grandissent ici. Je n’ai pas envie qu’ils deviennent violents », fait-elle valoir.

Ruben Limondtora, 25 ans, lui, ne rêve pas de départ mais a changé ses habitudes concernant le port de la kippa : « Je ne la porte que dans le quartier juif. Quand je sors du quartier, je mets une casquette ».

Le président du Consistoire israélite, Joël Mergui, se dit « à nouveau inquiet par le nombre d’agressions antisémites, qui est en train de passer inaperçu », symptôme selon lui d’une « dangereuse spirale ».

Après une année 2015 marquée par un nombre record d’actions et de menaces antisémites, les chiffres officiels avaient été pointés en net repli en 2016 (-58,5 %), tout en se maintenant à un haut niveau. Le gouvernement voyait dans cette tendance les premiers résultats de son plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme jugé ambitieux.

Mais la baisse s’annonce bien moindre sur l’année 2017, marquée par l’assassinat d’une femme juive défenestrée à Paris, Sarah Halimi, et la séquestration d’une famille juive en Seine-Saint-Denis. Sur les onze premiers mois, le recul des actes antisémites est de 7 %, selon le ministère de l’Intérieur.

En France, « l’antisémitisme n’est pas neuf, il est ancien. Il n’est pas superficiel, il est comme enraciné », avait prévenu en décembre le Premier ministre Edouard Philippe, qui a dénoncé mercredi une « nouvelle forme d’antisémitisme violente et brutale ».

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