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Macron : « On tourne clairement aujourd’hui une page de la vie politique française »

Notre logique est désormais celle du rassemblement que nous poursuivrons jusqu'aux élections législatives", a déclaré le vainqueur

Emmanuel Macron au Touquet, le 23 avril 2017. (Crédit : Philippe Huguen/AFP)
Emmanuel Macron au Touquet, le 23 avril 2017. (Crédit : Philippe Huguen/AFP)

Emmanuel Macron, arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle, a estimé dimanche auprès de l’AFP que « l’on tourne clairement aujourd’hui une page de la vie politique française ».

« Les Français ont exprimé leur désir de renouvellement. Notre logique est désormais celle du rassemblement que nous poursuivrons jusqu’aux élections législatives », a-t-il poursuivi dans une déclaration transmise à l’AFP.

« Nous considérons qu’il est déterminant d’oeuvrer à obtenir la majorité la plus large possible pour procéder au rassemblement de tous les progressistes », a insisté l’ancien ministre de l’Economie, qui sera opposé à Marine Le Pen au deuxième tour.

Le candidat d’En Marche! a également souligné, sur « une note plus solennelle » qu’il s’agissait d’une « journée grave, un moment historique pour la France ».

Il affrontera le 7 mai au second tour la cheffe de l’extrême droite française, Marine Le Pen, 48 ans.

Pur produit des écoles de l’élite française, Emmanuel Macron, ancien banquier d’affaires, est entré en politique en 2012 comme conseiller du président Hollande. De cette expérience dans l’ombre du pouvoir, suivie de deux années au ministère de l’Économie, il dit avoir tiré un enseignement majeur: le « dysfonctionnement » du système politique actuel.

« Je pense que Macron a eu l’intuition, précisément parce qu’il était extérieur à la vie politique traditionnelle, que les partis de gouvernement avaient créé leurs propres faiblesses, avaient perdu leur propre attractivité, étaient, pour reprendre un vieux mot, usés, fatigués, vieillis », a confié François Hollande à son sujet.

Cette intuition pousse le jeune ministre à fonder début 2016 son mouvement, baptisé En Marche! – ou EM comme ses initiales – qui revendique désormais quelque 260.000 adhérents.

Suivent sa démission du gouvernement et sa candidature à la présidentielle avec un programme d’inspiration sociale-libérale.

Son fil rouge : réconcilier « liberté et protection », en réformant l’assurance-chômage ou en proposant des mesures de discrimination positive à l’intention des quartiers en difficulté. Son coeur de cible: les classes moyennes, qu’il juge « oubliées » par la droite et la gauche. A cet égard, s’il s’est dit « ni de droite ni de gauche », il a aussi affirmé un jour être « et de droite et de gauche ».

Son discours transpartisan, libéral en termes d’économie et de société, plaît aux jeunes urbains et aux milieux d’affaires. Il séduit moins les classes populaires ou rurales, rétives à la mondialisation qu’il défend.

Ses détracteurs le décrivent en « illusionniste » plein de « contradictions ».

Coutumier des envolées oratoires en meeting, cet amateur des belles lettres qui aime citer les poètes, se voit régulièrement reprocher par ses détracteurs son passé de banquier, qu’il assume pleinement, tout en se posant en candidat de « l’indignation véritable » et du renouvellement.

« Je suis un guerrier, un battant, je ne suis pas un homme de regrets », a-t-il lancé jeudi. Ainsi, il assume « totalement » d’avoir qualifié la colonisation de « crime contre l’humanité », propos qui lui ont valu les foudres de la droite et l’extrême droite.

Il a conquis une quarantaine d’économistes renommés qui ont notamment salué dans un texte commun son projet pour l’Union européenne, le qualifiant de « New Deal » européen.

Au plan international, il s’est efforcé de muscler sa stature avec un déplacement au Liban fin janvier et une rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel, mi-mars à Berlin. Il suscite en Allemagne intérêt et sympathie.

Et à trois jours du scrutin il a bénéficié d’un appel téléphonique de l’ancien président américain démocrate Barack Obama qui a fait savoir qu’il avait « apprécié » l’échange, selon son porte-parole, sans pour autant lui apporter un soutien officiel.

A l’inverse de ses concurrents, il affiche sa vie privée et mène campagne avec son épouse Brigitte, son ancienne professeure de français de vingt-quatre ans son aînée.

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