Maison Blanche : « Personne ne sait ce qu’il y a dans le plan de paix »
Rechercher

Maison Blanche : « Personne ne sait ce qu’il y a dans le plan de paix »

Un responsable américain affirme que l'article d'un quotidien arabe ne relate que de simples "conjectures"

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à gauche, et le président américain Donald Trump au Palace Hotel de New York, le 20 septembre 2017. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à gauche, et le président américain Donald Trump au Palace Hotel de New York, le 20 septembre 2017. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

WASHINGTON — La Maison Blanche a rejeté mercredi le contenu d’un article qui affirmait que son plan de paix au Moyen-Orient pourrait reconnaître un état palestinien avec comme capitale, Jérusalem-Est, en expliquant que la proposition n’avait pas encore pris forme.

« Comme nous n’avons pas encore terminé notre plan, personne ne sait ce qu’il va être », a déclaré un responsable de l’administration américaine au Times of Israel.

« Il y a des spéculations et des conjectures constantes sur ce sur quoi nous travaillons et cet article est plus ou moins dans la même veine. »

Asharq al-Awsat, un journal saoudien basé à Londres, a annoncé mercredi que l’équipe diplomatique du président américain Donald Trump chargé de négocier un accord avait formulé un plan qui pourrait inclure la reconnaissance américaine et internationale d’un état palestinien.

L’article a cité « des sources diplomatiques bien informées » à Paris disant que les Etats-Unis prévoient de présenter leur plan dans le cadre d’une conférence internationale qui aurait lieu dans une capitale arabe, probablement au Caire, en présence des Israéliens.

Le plan, selon l’article, appelle à placer la Vieille Ville de Jérusalem sous
« protection internationale ».

Selon l’article de mercredi, le plan américain demanderait aux Palestiniens d’abandonner leur « droit au retour » pour les réfugiés et leurs descendants et leurs descendants, qui cherchent à retourner dans leurs anciennes maisons en Israël.

En outre, il a affirmé que les grandes implantations resteraient en place, tandis que les petites implantations seraient « relocalisées ».

Le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Raffel, a accusé ceux qui étaient derrière l’article d’essayer d’influencer les critiques contre l’administration américaine.

« Il est regrettable que certaines parties cherchent à compromettre [l’opinion] des gens contre notre plan inachevé, et que ces sources n’ont pas vu », s’est-il emporté.

« Personne ne devrait fonder son opinion, publique ou privée, sur ces articles. En attendant, nous restons très actifs sur le vrai projet de plan qui profitera aux deux parties. »

L’article d’Asharq a été publié suite à une réunion à Bruxelles en début de semaine au cours de laquelle les ministres des Affaires étrangères arabes et européens ont discuté du conflit alors que l’équipe de Trump est en train de finaliser sa proposition de paix et qu’elle prévoit de rendre son contenu public.

L’équipe Trump, dirigée par le gendre qui est son conseiller, Jared Kushner, et le haut représentant Jason Greenblatt, ont clairement indiqué qu’ils avaient l’intention de dévoiler leur plan bientôt, mais n’ont donné aucun calendrier pour le moment.

De droite à gauche : Nickolay Mladenov, coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, Nikki Haley, ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies, Jason Greenblatt, l’envoyé de paix américain, et Jared Kushner, conseiller spécial du président américain Donald Trump, avant la session du Conseil de sécurité de l’ONU sur le conflit israélo-palestinien, le 20 février 2018 (Capture d’écran : Nations unies)

Nikki Haley, l’envoyée américaine aux Nations unies, a déclaré la semaine dernière que la formulation était presque terminée.

« Je pense qu’ils sont en train de le finir », a déclaré Haley jeudi. « Ils sont en train de former un plan. Il ne sera pas aimé des deux côtés, et il ne sera détesté par aucun côté. »

Depuis la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président Donald Trump l’année dernière, associée à une volonté d’y déplacer l’ambassade américaine, les tentatives américaines de négocier un compromis ont été tendues.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et d’autres responsables de l’Autorité palestinienne ont refusé de rencontrer les responsables de Trump, y compris le vice-président Mike Pence, qui s’est rendu dans la région en janvier.

Néanmoins, la Maison Blanche continue d’insister. Le responsable, qui a souhaiter garder l’anonymat, a déclaré mercredi au Times of Israel que leur proposition incluait « un mélange de possibilités et d’idées, dont certaines existent depuis des décennies ».

« Nous allons continuer à travailler sur le plan qui est conçu pour bénéficier à la fois aux Israéliens et aux Palestiniens et le présenter quand ce sera fait et quand le moment sera venu », a souligné le responsable.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...