Malgré la guerre, Jérusalem prévoit sa première parade de Pourim depuis 42 ans
Le service des arts et de la culture de la ville fait appel à des artistes locaux, à des personnes évacuées et à des résidents pour les célébrations, même si la fête est "teintée de tristesse"
Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Il n’y avait ni guerre ni 130 otages à Gaza lorsque la municipalité de Jérusalem a commencé à planifier Adloyada, son premier défilé de Pourim en 42 ans.
Malgré l’atmosphère difficile qui règne en Israël à la suite des attaques du Hamas du 7 octobre, Jérusalem célèbrera cette année Pourim par un défilé.
La parade Adloyada de la Jérusalem comprendra 30 chars et sept scènes le long du parcours d’un kilomètre dans le centre de Jérusalem, de 10 heures à 14 heures, le 25 mars, jour de Chouchan Pourim, où la ville, autrefois fortifiée, célèbre la fête.
« Je suis fière que Jérusalem aille de l’avant », a déclaré Tamar Berliner, responsable des événements artistiques et culturels à Jérusalem. « Il est facile d’annuler un événement culturel en temps de guerre. C’est un défi de planifier soigneusement un événement comme celui-ci lorsque Pourim est teinté de tristesse ».
Adloyada, une abréviation de la phrase araméenne du Talmud décrivant le commandement de boire et de s’amuser dans le cadre de la célébration de la fête, est un nom souvent donné aux parades de Pourim organisées en Israël.
Jérusalem célèbre Pourim le jour de Chouchan Purim, un jour après le reste du pays. La capitale a organisé des défilés Adloyada pour la dernière fois en 1957, puis en 1982, a indiqué Berliner.
Mais ces défilés étaient souvent axés sur la présentation des costumes de Pourim, a souligné Berliner, qui souhaite organiser un défilé Adloyada depuis des années.
Elle a obtenu le feu vert il y a plusieurs mois, avec l’intention de l’organiser avec l’équipe du Karon Theater, un complexe théâtral pour enfants situé dans le Liberty Bell Park.
Mais c’était avant le 7 octobre, lorsque des terroristes du Hamas ont attaqué le sud d’Israël, tuant environ 1 200 personnes et prenant 253 otages. À l’approche de Pourim, la municipalité de Jérusalem a décidé d’aller de l’avant avec le projet.
« Le maire a dû faire preuve de beaucoup de courage », a expliqué Berliner, en faisant référence à Moshe Lion. « Il a fallu beaucoup de courage au maire pour dire qu’il croyait à la fin de la guerre et qu’il fallait trouver un moyen de célébrer malgré tout. »
C’est un sujet qui fait l’objet de vifs débats dans toutes les villes israéliennes, a ajouté Berliner, qui est revenue récemment d’une conférence pour les départements culturels municipaux à Eilat, où elle a parlé de la décision de Jérusalem d’aller de l’avant avec ses projets de Pourim, ainsi que de son récent marathon et des événements autour du ramadan.
« Il n’y a pas de sentiment de bonheur instantané en ce moment, dit-elle, surtout à Jérusalem qui a subi tant de pertes. Il faut voir les choses un peu différemment ».
Sa réponse a été de créer une parade spécifique à Jérusalem, sans chars ni présentations « toutes faites », afin que le processus artistique fasse partie intégrante de l’événement, a expliqué Berliner.
En collaboration avec le Karon Theater, récemment rebaptisé, et son équipe d’artistes, de marionnettistes et de concepteurs de théâtre, des artistes locaux ont participé à la création de chars et de présentations, aux côtés de personnes évacuées du nord et du sud qui vivent actuellement dans des hôtels locaux.
Chaque équipe participante a choisi un thème qui reflète ses souhaits pour les habitants de Jérusalem, les enfants, les personnes évacuées et l’avenir de la ville.
C’est pourquoi, selon Berliner, on y trouve des personnages familiers comme Samy le Pompier, mais aussi l’histoire de Janusz Korczak, héros de la Shoah, et un groupe de kangourous créés par un groupe d’évacués pour montrer qu’ils veulent que la ville les prenne dans ses bras et les étreigne.
Il y a également des œuvres créées par le musée de la Tour de David et par le Bloomfield Science Museum sur Albert Einstein enfant.
« Toute la ville a été entraînée dans cette marche », a déclaré Berliner. Un lion massif en bois, symbole de Jérusalem, qui devait être utilisé dans le cadre du festival Midburn Negev annulé en novembre, jouera également un rôle dans la parade.
Le défilé commencera à l’hôtel Inbal, adjacent au complexe du Karon Theater, et se poursuivra sur la rue King David et Shlomo Hamelech jusqu’à la place Tzahal, la route de Jaffa et la rue King George avant de se terminer sur la place devant l’ancien bâtiment du Mashbir.
Des scènes seront installées devant le YMCA, à l’intersection de Mamilla, sur la place Tzahal, la place Safra, Beit Yoel, la place Zion et la place Mashbir, avec des événements musicaux comprenant des orchestres, des DJ, des joueurs d’oud et d’autres groupes de performance.







