Malgré la pandémie, des îles se préparent à accueillir des touristes israéliens
Rechercher

Malgré la pandémie, des îles se préparent à accueillir des touristes israéliens

La Grèce et Chypre vont restaurer leurs vols pour les touristes venant de certains pays ; les Seychelles prévoiraient de réserver une île aux Israéliens

Des baigneurs et une serveuse d'un bar de plage portant un masque de protection contre le coronavirus, à la plage d'Alimos, près d'Athènes, le samedi 16 mai 2020 (Crédit : AP Photo/Yorgos Karahalis)
Des baigneurs et une serveuse d'un bar de plage portant un masque de protection contre le coronavirus, à la plage d'Alimos, près d'Athènes, le samedi 16 mai 2020 (Crédit : AP Photo/Yorgos Karahalis)

Les Israéliens qui souhaitent passer l’été à l’étranger cette année pourront choisir parmi une variété d’îles. En effet, plusieurs destinations plébiscitées par les vacanciers israéliens ont annoncé mercredi qu’elles autoriseraient l’accès des touristes, après plusieurs mois de bouclage pour cause de pandémie.

La Grèce et Chypre ont toutes deux annoncé qu’elles rouvriraient leurs aéroports à certains étrangers et les Seychelles ont indiqué qu’une île serait réservée aux Israéliens, pour qu’ils ne risquent pas de se mélanger avec des touristes d’autres pays, a rapporté la Treizième chaîne.

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a fixé au 15 juin le début de la nouvelle saison touristique, pour relancer un secteur vital de l’économie, tandis que le ciel grec sera rouvert aux vols internationaux à partir du 1er juillet.

Dans un pays moins touché que ses voisins par le nouveau coronavirus, avec 166 morts, « nous gagnerons la bataille de l’économie comme nous avons gagné celle de la santé », a promis le chef du gouvernement dans une allocution télévisée à la nation.

« La saison touristique commencera le 15 juin quand les hôtels saisonniers pourront rouvrir et les vols directs avec l’étranger reprendront progressivement à partir du 1er juillet », a-t-il dit.

Le ministre du Tourisme Harry Theocharis a ensuite précisé que la liste des liaisons aériennes rétablies progressivement serait annoncée fin mai.

Mais « les premiers pays avec lesquels les liaisons pourront reprendre sont les pays des Balkans peu touchés par l’épidémie et les pays du nord de l’Europe, notamment l’Allemagne, puis ensuite les pays de la région plus large comme Israël et Chypre », a poursuivi le ministre à la télévision.

Le tourisme représente « plus de 20 % du PIB et des centaines de milliers d’emplois », avait-il rappelé plus tôt lors d’une visioconférence organisée par The Economist.

« Notre arme sera le passeport de sécurité, de crédibilité et de santé remporté par notre pays », s’est félicité le Premier ministre, soulignant que les touristes seraient soumis à des tests aléatoires de dépistage. La quarantaine imposée jusqu’à présent pendant quatorze jours à tous les visiteurs arrivant en Grèce ne sera plus obligatoire.

Harry Theoharis a présenté un plan opérationnel destiné à lutter contre toute épidémie potentielle dans les destinations touristiques, comprenant un médecin désigné pour chaque hôtel, des zones de quarantaine spéciales et des installations de test sur les îles.

Préoccupée par les défaillances chroniques de ses hôpitaux et par le vieillissement de sa population (2e en Europe après l’Italie), Athènes a réagi rapidement face à l’épidémie, prenant des mesures drastiques dès son premier décès dû au nouveau coronavirus.

Toutefois, l’économie risque de replonger « dans une profonde récession » évaluée à 13 % mercredi par le ministre des Finances, Christos Staikouras, à peine deux ans après sa sortie d’une décennie de crise.

« Nous sommes en territoire inconnu mais en tant que nation, nous avons prouvé que nous n’avons pas peur des difficultés », a déclaré Kyriakos Mitsotakis.

Il a annoncé une baisse de la TVA notamment sur les billets dans tous les transports (de 24 à 13 %) et une réduction de 40 % cet été des loyers des hôteliers et des restaurateurs.

Selon le Premier ministre, « le danger est plus grand pour la Grèce » que pour ses partenaires européens.

« Non seulement parce que la crise touche des secteurs cruciaux comme le tourisme et la restauration (…), mais aussi parce que la pandémie est survenue alors que le pays se relève et se trouve sur une trajectoire de croissance » après la crise de la dette, a-t-il expliqué.

Selon la Banque de Grèce, le pays a accueilli en 2019 plus de 34 millions de visiteurs et le secteur a rapporté plus de 18 milliards d’euros.

Les ressortissants des Balkans et des pays baltes, d’Allemagne et de pays de la région tels qu’Israël et Chypre devraient faire partie de la première vague de citoyens autorisés à entrer en Grèce, a-t-il révélé.

Un homme et une femme marchent à côté du temple de marbre antique de Poséidon, datant de 444 avant J.-C., au Cap Sounion, au sud d’Athènes, le lundi 18 mai 2020. (Crédit : AP Photo/Petros Giannakouris)

Les ressortissants de pays affichant un plus haut taux de contamination ne seront pas autorisés à entrer dans le pays.

Parallèlement, Chypre rouvrira ses aéroports le 9 juin, selon l’agence de presse Reuters qui a relayé les propos de Savvas Perdios, vice-ministre du Tourisme.

« Nous nous attendons à ce que le virus soit contenu d’ici la fin de la semaine, ce qui signifie qu’au 9 juin, nous rouvrirons nos aéroports », a déclaré Savvas Perdios lors de la conférence en ligne sur le tourisme pour The Economist.

Des baigneurs sur une partie vide de la plage « Landa » de la station balnéaire chypriote d’Ayia Napa, une des plus appréciées des touristes d’Europe et d’ailleurs, le 10 mai 2020. (Crédit : AP Photo/Petros Karadjias)

Ces annonces surviennent au lendemain de celle d’une éventuelle levée de l’obligation de quarantaine pour les voyageurs en provenance de cinq
pays : la Grèce, Chypre, les Seychelles, la Géorgie et le Monténégro.

Cette initiative a été discutée lors d’une rencontre, mardi, qui a réuni des responsables du ministère du Tourisme, du ministère de la Santé et de l’Autorité des aéroports, a fait savoir la chaîne publique Kan.

Ce projet, qui n’a pas encore obtenu d’approbation finale, débuterait par une phase-pilote pendant l’été pendant laquelle les responsables surveilleraient minutieusement les effets d’une politique d’ouverture des frontières entre les nations, qui se distinguent toutes par un taux bas d’infection au coronavirus.

Des pourparlers sont en cours avec l’Autriche pour que cette dernière rejoigne la liste.

Israël interdit encore l’entrée des non-ressortissants sur son territoire et exige de ses citoyens revenant d’un séjour à l’étranger de se mettre en quatorzaine.

Israël avait pris part à une réunion, lundi, entre huit pays présentant de faibles taux d’infection pour évoquer la réouverture des frontières et la relance du tourisme alors que la menace du virus semble s’estomper. L’Autriche, l’Australie, la République tchèque, le Danemark, la Grèce, la Nouvelle-Zélande et Singapour sont les sept autres pays en question.

Les responsables ont estimé que le danger de réinfection parmi ces nations était très bas et que supprimer dans la mesure du possible les obstacles aux déplacements soutiendrait la reprise du commerce et du tourisme.

Une plage des Seychelles, le 1 mars 2019. (Crédit : AP Photo/David Keyton)

Mardi également, le transporteur aérien Delta Airlines a annoncé sur son site Internet qu’il allait reprendre les vols entre New York et l’État juif au début du mois prochain, avec l’obligation du port du masque pour le personnel et les voyageurs.

Ces vols seront « moins que quotidiens », a fait savoir Delta.

Le premier avion à décoller pour Israël depuis la mi-mars s’envolera de l’aéroport international JFK de New York, le 3 juin, avec un retour prévu le 6. Les vols opéreront le samedi soir, le dimanche, le lundi et le mardi.

En plus de l’obligation du port du masque, la compagnie a indiqué que seuls 50 à 60 % des sièges seraient occupés pour garantir une distance appropriée entre les voyageurs.

United Airlines a continué à assurer des liaisons vers Israël depuis les aéroports de Newark Liberty, Washington Dulles et de San Francisco pendant toute la crise du coronavirus.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...