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Mandats d’arrêt contre Netanyahu et Gallant : Biden et Blinken réagissent à la décision du procureur de la CPI

Le secrétaire d'État Antony Blinken et le président ont indiqué que l'administration Biden "rejette fondamentalement" la décision prise par Karim Khan alors qu'il était attendu en Israël

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président Joe Biden s'exprime pendant le dîner annuel du Fonds de lutte pour la liberté à Detroit, dans le Michigan, le 19 mai 2024. (Crédit : Andrew Caballero-Reynolds/ AFP)
Le président Joe Biden s'exprime pendant le dîner annuel du Fonds de lutte pour la liberté à Detroit, dans le Michigan, le 19 mai 2024. (Crédit : Andrew Caballero-Reynolds/ AFP)

Le président américain Joe Biden a déclaré que la décision prise par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Karim Kahn, qui a annoncé qu’il allait demander des mandats d’arrêt contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et contre le ministre de la Défense Yoav Gallant, était « scandaleuse ».

Kahn a aussi demandé à la CPI d’émettre des mandats d’arrêt contre les chefs du Hamas Yahya Sinwar, Mohammed Deif et Ismail Haniyeh.

« Je vais le dire clairement : Quoi que puisse laisser entendre ce procureur, il n’y a aucune équivalence – aucune – entre Israël et le Hamas. Nous défendrons toujours Israël contre les menaces faites à sa sécurité », a dit Biden dans une déclaration.

Le secrétaire d’État Antony Blinken, pour sa part, a indiqué que l’administration Biden « rejette fondamentalement » la décision prise par Khan.

« Nous rejetons l’équivalence faite par le procureur entre Israël et le Hamas. C’est honteux. Le Hamas est une organisation terroriste brutale qui a commis le pire massacre de Juifs depuis la Shoah et qui garde encore des dizaines d’innocents en otage, notamment des Américains », a-t-il rappelé.

Le secrétaire d’État a répété le positionnement de longue date des États-Unis, qui estiment que la CPI n’a pas de compétence s’agissant du conflit israélo-palestinien notamment en raison du fait non négligeable qu’Israël – et les États-Unis – ne sont pas membres de la Cour.

« La CPI a été établie par des États-membres en tant que tribunal aux compétences limitées. Ces limites sont ancrées dans le principe de complémentarité, un principe qui ne semble pas avoir été respecté ici avec la hâte affichée par le procureur dans cette demande de mandats d’arrêt, une demande qui ôte au système judiciaire israélien l’opportunité totale de faire son travail », a ajouté Blinken.

Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken (au centre) marchant avec le ministre de la Défense Yoav Gallant (au centre à gauche) et la coordinatrice principale de l’aide humanitaire et de la reconstruction de l’ONU pour Gaza, Sigrid Kaag (à droite), au poste-frontière de Kerem Shalom, le 1er mai 2024. (Crédit : Evelyn Hockstein/Pool Photo via AP)

« Dans d’autres situations, le procureur a renvoyé à des enquêtes nationales et il a travaillé avec les États pour leur permettre d’avoir le temps de faire leurs investigations. Le procureur n’a pas offert la même opportunité à Israël, où il y a des enquêtes en cours qui examinent les accusations lancées contre les soldats », a-t-il poursuivi.

« Il y a aussi des questions de procédure profondément troublantes », s’est-il étonné.

« Même si Israël n’est pas membre de la Cour, le pays était prêt à coopérer avec le procureur. En réalité, le procureur lui-même avait prévu de se rendre en Israël dès la semaine prochaine pour discuter des investigations et écouter ce que le gouvernement israélien avait à dire. L’équipe du procureur devait atterrir en Israël dès aujourd’hui pour coordonner cette visite. Israël a eu l’information qu’ils n’avaient pas embarqué à bord de leur vol à peu près au même moment où le procureur est passé à la télévision pour annoncer les charges ».

« Ces circonstances et d’autres jettent le doute sur la légitimité et sur la crédibilité de l’enquête », a-t-il continué.

« Fondamentalement, cette décision n’aide en rien et elle est susceptible de mettre en péril les efforts actuellement livrés en faveur d’un accord de cessez-le-feu qui permettrait aux otages d’être libérés et à l’assistance humanitaire d’entrer dans la bande – les objectifs que les États-Unis continuent à poursuivre sans relâche », a averti Blinken.

Le porte-parole du Département d’État américain Matthew Miller a pour sa part indiqué que la demande faite par le procureur « encourage » les dirigeants du Hamas, ce qui pourrait nuire aux efforts livrés pour conclure un accord portant sur la remise en liberté des otages qui sont encore à Gaza.

Miller a souligné, pendant une conférence de presse, que le Hamas « a été le principal obstacle à la finalisation d’un accord de cessez-le-feu. »

Il a affirmé que la Cour n’avait pas de compétence non plus concernant les chefs du Hamas, affirmant que ces derniers pouvaient être amenés à répondre de leurs responsabilités sur le champ de bataille, face aux soldats, ou devant la justice israélienne.

Concernant les crimes présumés qui auraient été commis par les leaders israéliens pendant la guerre à Gaza, Miller a noté que des enquêtes internes sont actuellement en cours au sein de Tsahal, notamment des dossiers criminels – des enquêtes qui sont consacrées aux comportements inappropriés présumés que les soldats ont pu avoir pendant la guerre.

Miller a également mis en doute la légitimité et la crédibilité du dossier qui est entre les mains du procureur de la CPI, au vu de sa décision prise de faire une annonce alors que les investigations ne sont pas terminées.

La CPI est supposée être « le dernier recours » si un pays rechigne à rendre des comptes, ce qui ne s’applique pas actuellement à Israël, a noté Miller, qui a ajouté que le problème face à la décision prise par le procureur n’était pas seulement, aux yeux de Washington, une question de compétence mais aussi une question de procédure.

Cette demande de mandat d’arrêt « est pleinement infondée et elle n’aurait jamais dû être formulée », a continué Miller.

Le porte-parole du Département d’État a refusé de dire si les États-Unis songeaient à prendre des sanctions contre la CPI suite à cette décision.

« La CPI a fait un travail important, au fil des années, pour faire assumer leurs responsabilités à des individus coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’Humanité, et nous soutenons ce travail. Cela n’a pas changé avec l’annonce d’aujourd’hui mais je vais ajouter que nous éprouvons de fortes inquiétudes concernant le procureur et concernant les initiatives qu’il a prises », a déclaré Miller.

Les Etats-Unis continueront à collaborer avec la CPI à propos de l »Ukraine, malgré leur désaccord sur la demande de mandats d’arrêts contre les dirigeants israéliens, a déclaré lundi le chef du Pentagone.

« En ce qui concerne la question de savoir si nous continuerons ou non à apporter notre soutien à la CPI en ce qui concerne les crimes commis en Ukraine, oui, nous poursuivons ce travail », a affirmé Lloyd Austin à la presse.

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