Manifestation à Paris contre la visite de Rouhani
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Manifestation à Paris contre la visite de Rouhani

Grand rassemblement organisé par des groupes juifs prévu jeudi devant le Sénat ; Accord pour le retour du constructeur français PSA en Iran signé jeudi à Paris

Le président iranien Hassan Rouhani (à gauche) à une réunion avec le ministre français de l'Economie Emmanuel Macron (à droite), le président du MEDEF Pierre Gattaz (2e à droite) et le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius (3 à droite) à Paris le 27 janvier 2016 (Crédit : AFP / ERIC FEFERBERG)
Le président iranien Hassan Rouhani (à gauche) à une réunion avec le ministre français de l'Economie Emmanuel Macron (à droite), le président du MEDEF Pierre Gattaz (2e à droite) et le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius (3 à droite) à Paris le 27 janvier 2016 (Crédit : AFP / ERIC FEFERBERG)

Environ deux cent cinquante personnes ont manifesté aujourd’hui sur la Place de la République à Paris contre la visite du président iranien Hassan Rouhani.

La manifestation a été organisée par des syndicats, des groupes de gauche et les associations d’Iraniens qui s’opposent au régime. Beaucoup de participants portaient des photos de militants iraniens emprisonnés en Iran ou de militants exécutés là-bas dans les deux dernières années (depuis que Rouhani a été élu président).

L’un des organisateurs de la manifestation a déclaré que près de 2 000 personnes ont été exécutées en Iran depuis que Rouhani est devenu président, et que Téhéran a une politique d’arrestation de ceux qui critiquent le gouvernement.

Cette manifestation se joint à une campagne massive dans les médias français et les réseaux sociaux contre la visite de Rouhani. La campagne, représentée par le hashtag #no@rouhani se concentre sur la violation des droits de l’Homme en Iran et sur son soutien au terrorisme mondial.

Les principaux journaux de France – Le Monde, Le Figaro et Liberation – ont tous publié au cours des deux derniers jours des articles et des éditos soulignant que l’Iran n’avait pas changé et n’est pas encore devenu un pays progressiste et libéral avec lequel la France peut renouer des relations, en particulier lorsque l’on considère en toile de fond des liens iraniens avec l’aile militaire du Hezbollah et son implication en Syrie.

Plusieurs autres manifestations sont prévues pour demain, avec un grand rassemblement organisé par plusieurs groupes juifs à l’extérieur du Sénat français. Les ONG se consacrant à la défense des droits des Hommes et aux droits des femmes et ainsi que des organisations d’étudiants organiseront également des manifestations.

Un expert français sur l’Iran, François Nicoullaud, a déclaré au Times of Israël que tandis que l’Iran a en effet rempli méticuleusement sa part du marché de l’accord sur le nucléaire, il ne s’est pas lui-même encore assez éloigné du dogme de l’hostilité et de la dé-légitimation de l’Etat d’Israël.

« Nous ne pouvons qu’espérer qu’en renouant les liens avec l’Occident, ils vont influencer la société iranienne, au point que le régime ainsi va abandonner son hostilité envers Israël et ses liens avec les organisations terroristes », a-t-il dit, ajoutant que la visite de Rouhani en Europe et que le message du renouvellement des relations avec la communauté internationale aiderait le président iranien lors des prochaines élections parlementaires en Iran (qui auront lieu en février).

Thierry Coville, un expert de l’économie iranienne, a déclaré au Times of Israël que les hommes d’affaires français attendaient avec impatience depuis dix ans que les relations soient renouvelées.

« Quand les sanctions ont été imposées, les companies française ont quitté l’Iran. Certaines d’entre elles, comme Peugeot, a dû licencier des milliers de travailleurs et même fermer des usines. Les secteurs de l’automobile et de l’énergie français se reposaient lourdement sur le marqueur iranien, qui était le plus important pour l’exportation française à l’extérieur de l’Union européenne ».

Accord pour le retour du constructeur français PSA en Iran signé jeudi à Paris

Un accord entre PSA Peugeot-Citroën et l’iranien Iran Khodro va être signé jeudi à Paris, lors de la visite officielle du président iranien Hassan Rohani, afin de constituer une co-entreprise marquant le retour du constructeur français en Iran, a-t-on appris de source gouvernementale française.

Cet accord, sous l’égide du président iranien Hassan Rouhani et du Premier ministre Manuel Valls, prévoit que la co-entreprise produira à terme 200.000 véhicules par an avec l’utilisation de pièces produites localement.

La production des premiers véhicules est prévue pour 2017, selon cette source.

Sous la pression des sanctions occidentales contre le programme nucléaire controversé de la république islamique, PSA avait quitté l’Iran en 2012, un coup dur pour ce constructeur alors que le pays était à l’époque son deuxième débouché en volume après la France.

Avec la levée progressive des sanctions contre l’Iran dans la foulée de l’accord nucléaire signé en 2015, ce marché aiguise les appétits féroces des industriels, en particulier dans le domaine du transport.

L’Iran est en effet considéré comme l’un des marchés automobiles les plus prometteurs au monde : le taux d’équipement y est inférieur à 100 voitures pour 1.000 habitants, six fois moins que dans l’Union européenne, et ses consommateurs y sont non seulement solvables mais aussi friands de modèles bien équipés.

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