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Marche à Washington : Diverses communautés juives unies pour Israël

290 000 personnes étaient rassemblées au National Mall mardi, et autant d'avis, de buts, d'opinions sur Israël, et de façons d'être Juif

  • La rabbin Angela Buchdahl, 2e à partir de la droite, et des fidèles assistant au rassemblement de la Marche pour Israël, au National Mall à Washington, le 14 novembre 2023. (Crédit : Sarah Rosen/Times of Israel)
    La rabbin Angela Buchdahl, 2e à partir de la droite, et des fidèles assistant au rassemblement de la Marche pour Israël, au National Mall à Washington, le 14 novembre 2023. (Crédit : Sarah Rosen/Times of Israel)
  • L'actrice Debra Messing, vue d'un moniteur vidéo, s'exprimant lors d'un rassemblement de la Marche pour Israël, au National Mall à Washington, le 14 novembre 2023. (Crédit : Manuel Balce Ceneta/AP Photo)
    L'actrice Debra Messing, vue d'un moniteur vidéo, s'exprimant lors d'un rassemblement de la Marche pour Israël, au National Mall à Washington, le 14 novembre 2023. (Crédit : Manuel Balce Ceneta/AP Photo)
  • Des femmes portant des vestes avec les visages des otages du Hamas assistent au rassemblement de la Marche pour Israël, au National Mall à Washington, le 14 novembre 2023. (Crédit : Jacquelyn Martin/AP Photo)
    Des femmes portant des vestes avec les visages des otages du Hamas assistent au rassemblement de la Marche pour Israël, au National Mall à Washington, le 14 novembre 2023. (Crédit : Jacquelyn Martin/AP Photo)
  • Noa Friedan, 13 ans, à gauche, et sa sœur Eila Friedan, 11 ans, de Philadelphie, tenant des pancartes disant " Pro Israël, Anti Hamas ; Pro Paix, Anti Bibi " alors qu'elles assistent au rassemblement de la Marche pour Israël, au National Mall à Washington, le 14 novembre 2023. (Crédit : Jacquelyn Martin/AP Photo)
    Noa Friedan, 13 ans, à gauche, et sa sœur Eila Friedan, 11 ans, de Philadelphie, tenant des pancartes disant " Pro Israël, Anti Hamas ; Pro Paix, Anti Bibi " alors qu'elles assistent au rassemblement de la Marche pour Israël, au National Mall à Washington, le 14 novembre 2023. (Crédit : Jacquelyn Martin/AP Photo)

WASHINGTON – Il était 7h du matin et, dans un bus reliant Brooklyn à Washington, les passagers se lançaient déjà dans des discussions politiques animées sur les détails de la guerre entre le groupe terroriste palestinien du Hamas et Israël.

Ce bus, rempli de membres d’une synagogue du mouvement réformé et d’une synagogue orthodoxe de New York, était l’un des centaines d’autres qui ont rassemblé un nombre sans précédent de 290 000 personnes à l’occasion de la Marche pour Israël qui s’est tenue mardi au National Mall.

Les fidèles de la synagogue orthodoxe ont prononcé les prières du matin – Shaharit – tandis que la fidèle du mouvement réformé Kim Rittberg tenait une pancarte fabriquée par sa fille de 8 ans, sur laquelle on pouvait lire : « Les choses juives que nous aimons : Seinfeld, les bagels, Einstein. »

Ce bus et ses passagers étaient un microcosme des nombreux types de Juifs attirés par la marche, organisée par les Fédérations juives d’Amérique du Nord (JFNA) et la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines.

Une fois à Washington, l’ensemble du spectre juif s’est manifesté : Orthodoxe et laïque, de droite, de gauche et apolitique, la foule du rassemblement pro-Israël était frappante par sa diversité et par sa forte démonstration d’unité dans le sillage de l’attaque du Hamas du 7 octobre et des cinq semaines de guerre qui ont suivi.

Les personnes venues de tout le pays se sont jointes à une foule qui brandissait des drapeaux israéliens et des photos des otages en direction du Capitole. Toutefois, les motivations des participants étaient aussi diverses que leurs origines.

La chantre Ayelet Porzecanski, au centre, participant au rassemblement de la Marche pour Israël, au National Mall à Washington, le 14 novembre 2023. (Crédit : Sarah Rosen/Times of Israel)

Ayelet Porzecanski, chantre dans une synagogue du mouvement réformé de Brooklyn, a déclaré qu’elle voulait se rendre au rassemblement pour contrer le sentiment d’impuissance qu’elle ressentait depuis l’attaque du Hamas.

« Je ne peux pas faire mes valises et aller en Israël pour me rendre utile », a-t-elle déclaré au Times of Israel – mais elle peut se rendre à Washington, où il est important, selon elle, de se montrer comme une voix « régulière et modérée » dans un paysage politique divisé. « Nous n’avons pas besoin d’être hystériques. Nous pouvons simplement engager la discussion et le dialogue. »

La rabbin Angela Buchdahl, de la célèbre synagogue du mouvement réformé de New York, se tenait aux côtés de quelques-uns des 350 fidèles – âgés de 10 à 92 ans – de sa synagogue qui s’étaient rendus à Washington.

« Je suis vraiment émue par ce soutien », a déclaré Buchdahl. « Cela représente un spectre politique qui peut généralement être très divisé, mais qui se sent aujourd’hui unifié dans la solidarité. »

La rabbin Angela Buchdahl, 2e à partir de la droite, et des fidèles assistant au rassemblement de la Marche pour Israël, au National Mall à Washington, le 14 novembre 2023. (Crédit : Sarah Rosen/Times of Israel)

Les participants se sont rassemblés sous le soleil autour des Jumbotrons projetant les discours du rassemblement. Parmi les orateurs figuraient le président israélien Isaac Herzog, le chef de la majorité au Sénat, le démocrate Chuck Schumer, le nouveau président de la Chambre des représentants, le républicain Mike Johnson, le chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, et les familles de quelques-uns des 240 otages qui en étaient à leur 39e jour de captivité à Gaza. Les musiciens israéliens Omer Adam et Ishay Ribo se sont produits avec les Maccabeats, un groupe a cappella.

Rachel Goldberg, la mère de Hersh Goldberg-Polin, qui est devenu l’un des visages de la crise des otages, a plaidé pour la libération de son fils en déclarant : « Comment le monde accepte-t-il que 240 êtres humains provenant de près de 30 pays différents ont été kidnappés et enterrés vivants ? »

Rachel Goldberg s’adressant à un rassemblement pro-Israël, à Washington, le 14 novembre 2023. (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Alana Zeitchik, la cousine de six otages, a également appelé à un soutien plus large pour le retour des otages. « Vous pouvez appeler à la paix et au retour immédiat des hommes, des femmes et des enfants innocents qui nous ont été violemment arrachés. Il n’est pas nécessaire d’être politisé pour partager ma peine ou l’angoisse que ressent le peuple israélien. »

L’événement s’est déroulé pour l’essentiel sans controverse, à quelques exceptions près. Environ 900 participants de Détroit sont restés bloqués à l’aéroport international de Dulles parce que leurs chauffeurs de bus ont refusé de les conduire à un rassemblement pro-Israël. Certains groupes sionistes libéraux présents au rassemblement ont été scandalisés d’apprendre que l’un des orateurs était le pasteur controversé John Hagee, un sioniste chrétien évangélique qui a été condamné pour des opinions que ses détracteurs ont qualifiées d’antisémites et de racistes.

Le pasteur controversé John Hagee prenant la parole lors d’un rassemblement pro-Israël, à Washington, le 14 novembre 2023. (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Le rabbin Josh Weinberg, vice-président de l’Union for Reform Judaism (URJ) pour Israël, a déclaré au Times of Israel qu’il avait été surpris par la présence de Hagee et qu’il ne savait pas qui l’avait invité à prendre la parole. Il a souligné que l’URJ avait été informée qu’aucun membre du clergé juif ne prendrait la parole, et que l’inclusion du pasteur chrétien controversé était donc particulièrement frustrante.

« Il ne reflète pas les valeurs de notre mouvement, c’est le moins que l’on puisse dire », a déclaré Weinberg.

Le rabbin a néanmoins encouragé les personnes opposées à la présence de Hagee à se joindre au rassemblement. La priorité était de montrer publiquement sa solidarité après la pire attaque contre les Juifs depuis la Shoah.

Heidi Steinberg et Jon Shea, originaires de Tacoma, dans le Maryland, portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Juif de couleur fier » et « Maman juive fière ». « Nous sommes ici pour nous tenir aux côtés de nos frères et sœurs et, espérons-le, pour ramener les otages à la maison », a déclaré Shea. « Nous sommes ici pour faire entendre notre voix, pour rendre le monde plus sûr pour nos bambins asiatiques juifs et pour notre peuple », a ajouté Steinberg.

Heidi Steinberg et Jon Shea participant au rassemblement de la Marche pour Israël, au National Mall à Washington, le 14 novembre 2023. (Crédit : Sarah Rosen/Times of Israel)

Naomi Ravick, qui travaille pour l’American Jewish Committee (AJC), est venue au rassemblement avec sa mère Terri.

« Il est important de soutenir les otages juifs. Il est important de soutenir ce que représente Israël, de s’assurer qu’il reste son propre pays », a déclaré Terri, alors que les cris de « Ramenez-les à la maison » retentissaient en arrière-plan.

Elle a toutefois précisé que le soutien à Israël ne devait pas se faire au détriment des civils palestiniens. « L’un n’a rien à voir avec l’autre. »

« Nous devons nous opposer à la haine sous toutes ses formes et je pense que c’est le moyen le plus puissant de le faire », a déclaré Ravick. Elle a invoqué une célèbre citation du rabbin Abraham Joshua Heschel après qu’il eut marché avec le Dr. Martin Luther King à Selma. « Comme l’avait dit le rabbin Heschel : Prier avec ses pieds. »

Terri et Naomi Ravick participant au rassemblement de la Marche pour Israël, au National Mall à Washington, le 14 novembre 2023. (Crédit : Sarah Rosen/Times of Israel)

Gaïa Schneider, 14 ans, arborait fièrement un mélange d’autocollants : un signe de paix, une étoile de David arc-en-ciel et le drapeau israélien.

« Je veux faire passer le message que je pense que l’antisémitisme est allé beaucoup trop loin. Il en va de même pour l’anti-sionisme. Et ce n’est pas parce que vous n’avez peut-être pas le même système de croyances que moi que vous devez promouvoir la violence dont sont victimes les Juifs en Israël et dans le monde entier », a affirmé Schneider.

Un groupe d’adolescents de la yeshiva de la mouvance Modern Orthodox, North Shore Hebrew Academy, à Long Island, se balançait au son de la musique d’Omer Adam. « Nous ne pouvons pas être là-bas [en Israël] physiquement, mais nous y sommes spirituellement », a déclaré Natalie Aldad, 15 ans.

La rabbin massorti (conservateur) Viki Bedo, originaire de Hongrie, a déclaré que la réaction du président américain Joe Biden à l’attentat du 7 octobre l’avait incitée à demander la citoyenneté américaine. Elle s’est dite touchée par la profondeur avec laquelle l’attaque avait troublé Joe Biden et par la préoccupation évidente qu’il avait pour la communauté juive, notamment son engagement à enseigner à ses petits-enfants l’histoire de la Shoah.

« Ce dont nous sommes témoins aujourd’hui fait partie de l’histoire plus large du peuple juif qui est en train de s’écrire », a déclaré Bedo.

Jonathan Kopp, président de la section new-yorkaise du lobby juif américain J Street, lors du rassemblement de la Marche pour Israël, à Washington, le 14 novembre 2023. (Crédit : Sarah Rosen/The Times of Israel)

Jonathan Kopp, président de la section new-yorkaise du lobby juif américain J Street, a remarqué une large coalition de soutien lors du rassemblement. Mais il a également noté les nombreuses interprétations différentes de ce que signifie être « pro-Israël ». S’il a été ému par les nombreuses pancartes appelant au retour des otages, ce qui, selon lui, « rappelle notre humanité », il a été troublé par celles qui disaient « Pas de cessez-le-feu ».

« Pour moi, la question de savoir si l’on croit que les conditions sont réunies pour un cessez-le-feu n’a rien à voir avec celle de savoir si nous devons aspirer à un cessez-le-feu », a-t-il déclaré.

« J’espère que tous les participants aspirent au moins à ce que les conditions soient réunies pour que nous puissions littéralement cesser le feu, que les tirs de balles cessent et que les bombes cessent de tomber. Ainsi nous pourrons passer d’un conflit militaire qui ne résoudra jamais ce problème à un processus politique qui est inévitable. »

Miyu Cohen, une Israélienne de Beer Sheva qui vit désormais à New York, a déploré la façon dont la guerre se jouait dans la sphère des réseaux sociaux.

« Beaucoup de gens demandent à voir des photos de choses horribles qui se passent. J’en ai, mais je ne veux pas les envoyer. Le fait que les gens aient besoin de voir une femme se faire violer ou des bébés se faire tuer pour croire à ces horribles choses est insensé. C’est beaucoup de déni et beaucoup de haine. »

Cohen a souligné que le fait d’être entourée d’une foule de sympathisants lui avait donné de l’espoir.

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