Marco Rubio va tenter de rassurer des alliés clés dans le Golfe
Le protocole d'accord ne dit pas un mot sur les missiles et drones iraniens qui ont durement frappé les Emirats arabes unis, le Koweït et Bahreïn
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Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est attendu mardi aux Emirats arabes unis, première étape d’une tournée dans le Golfe destinée à exprimer la solidarité des Etats-Unis avec des alliés clés fragilisés par le conflit au Moyen-Orient.
La mission s’annonce délicate alors que les pays de la région ont payé au prix fort les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, ayant été visés par des attaques à coup de missiles et de drones iraniens lors de cette guerre dont ils ne voulaient pas.
Il s’agira du premier déplacement d’un haut responsable américain dans la région depuis la signature la semaine dernière du protocole d’accord entre les Etats-Unis et l’Iran pour tenter de mettre définitivement fin aux hostilités, et la tenue de négociations en Suisse.
Le secrétaire d’Etat américain, qui est aussi conseiller à la sécurité nationale, ne s’est pas encore exprimé sur ces pourparlers, laissant la main au président Donald Trump et au vice-président JD Vance.
Fiabilité ?
M. Rubio doit arriver mardi soir à Abou Dhabi avant de se rendre mercredi au Koweït puis jeudi à Bahreïn, où il participera à une réunion des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG).
Il doit aborder avec eux « le protocole d’accord avec l’Iran, les efforts visant à garantir un transit libre, sûr et sans entrave dans le détroit d’Ormuz, ainsi que l’importance de la paix et de la stabilité dans la région », selon le département d’Etat.
« Peu d’Etats du Golfe estiment que cette guerre aurait dû avoir lieu, et tous craignent que les Etats-Unis n’aient, par conséquent, renforcé la position de l’Iran », écrit Steven Cook, du Council on Foreign Relations (CFR) à Washington.
Dans ce contexte, « Rubio s’y rend probablement pour tenter de rassurer tous ces partenaires du Golfe, pour leur dire : ‘Nous sommes là et nous vous soutenons' », dit de son côté à l’AFP H.A. Hellyer, analyste au Royal United Services Institute.
« Je ne sais pas dans quelle mesure cela changera la donne, car aucun d’entre eux ne cherche à écarter les Etats-Unis ni rien de ce genre. La variable clé sur laquelle il ne peut pas les faire changer d’avis, c’est la fiabilité réelle des Etats-Unis », ajoute l’expert.
« Pas connaissance » d’un fonds
Le protocole d’accord donne aux négociateurs 60 jours pour parvenir à un accord définitif, ce qui prolonge la période d’incertitude, alors que les pétromonarchies ont fait de la stabilité l’un de leurs grands arguments pour attirer entreprises, capitaux et touristes.
Mais ce texte ne dit mot sur les missiles et drones iraniens, qui ont durement frappé ces trois pays – les plus touchés dans le Golfe -, alors que le président américain affirme que les capacités de l’Iran ont été très largement diminuées.
Les dirigeants de la région entretiennent de longue date des relations étroites avec le président Trump et ont promis d’investir des milliards de dollars aux Etats-Unis. Mais les experts notent qu’ils ont dû largement faire face seuls à la riposte iranienne.
Ces pays vont vouloir « diversifier leurs relations en matière de sécurité à tous les niveaux, car ils ne considèrent tout simplement pas les Etats-Unis comme un partenaire fiable et prévisible », prédit M. Hellyer.
Outre l’état de leurs relations, la question du détroit d’Ormuz sera au cœur des discussions lors de ce déplacement alors que l’Iran a réaffirmé que la situation ne retournerait pas à celle d’avant-guerre.
Le passage par Ormuz, où transite en temps normal 20 % du pétrole et du GNL mondial, était libre de tout contrôle avant le déclenchement par les Etats-Unis et Israël le 28 février de la guerre contre l’Iran.
Quant au fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement de l’Iran, rien ne dit que les pays du Golfe entendent passer à la caisse.
« Les Emirats arabes unis n’ont pas connaissance d’un quelconque fonds présumé de 300 milliards de dollars et n’y sont en aucune façon impliqués », a déclaré mardi à l’AFP un responsable émirati sous couvert d’anonymat.
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