Maroc : la nomination du nouveau grand rabbin divise
Rechercher

Maroc : la nomination du nouveau grand rabbin divise

Une pétition a été lancée, soutenant Joseph Israël face au controversé Yoshiyahou Pinto ; le CCIM dément que Pinto, déjà Av Beth Din, sera nommé

Le rabbin Yoshiyahu Pinto. (Photo : Yossi Zeliger/Flash90)
Le rabbin Yoshiyahu Pinto. (Photo : Yossi Zeliger/Flash90)

Aharon Monsonego, grand rabbin du Maroc, est décédé en août 2018. Depuis, la communauté juive locale, forte de 1 500 membres, n’a plus de grand rabbin.

Le nom de son remplaçant devrait être révélé prochainement. Cependant, la question divise la communauté et deux noms émergent : Yoshiyahou Pinto, nommé juge rabbinique et responsable de la casheroute au Maroc en avril dernier, deux ans après sa libération de prison en Israël pour corruption d’un officiel de la police ; et Joseph Israël, grand rabbin et dirigeant de la communauté juive de Casablanca.

Au début du mois, une pétition adressée au Cabinet royal du Maroc a été lancée sur le site Avaaz. Celle-ci, lancée par l’association « Engagement et renouveau », a été signée par 336 personnes et entendait soutenir Joseph Israël et s’opposer à Pinto, dont la candidature provoquait l’inquiétude.

« Par tradition et par la loi, celui-ci [le grand-rabbin] doit résider d’une manière permanente au Maroc et être rabbin-dayan [rabbin-juge d’un tribunal rabbinique] », indique la pétition.

« Notre communauté dans sa grande majorité connait et apprécie énormément le rabbin-juge Israël. Celui-ci remplit les conditions nécessaires pour nous accompagner dans les années qui viennent », ajoutait la pétition. « Il connait sa communauté dans les moindres détails » et « sa réputation d’intégrité le précède chez nos coreligionnaires et auprès de nos frères musulmans marocains », ajoutait le texte, le qualifiant de « modeste, disponible, érudit et doué de grandes qualités humaines d’écoute et de réconfort ». Ce dont ne saurait se prévaloir Yoshiyahu Pinto qui « cumule de nombreux désavantages pour ce poste ».

« Nous avons eu des échos inquiétants concernant la tentative de présenter à sa majesté le roi Mohamed VI, que Dieu le protège, le rabbin Yoshiyahu Pinto pour ce poste très important pour notre communauté », était inscrit. « Yoshiyahu Pinto cumule de nombreux désavantages pour ce poste : il est Israélien, ne parle pas l’arabe, n’est pas dayan [juge]. » Surtout, il a « un passé difficile avec des enquêtes pour corruption en Israël et aux États-Unis » et « vient de purger une peine de prison d’un an en Israël et a de nombreux problèmes de santé ».

La pétition indique que Serge Berdugo, secrétaire général du Conseil des communautés israélites du Maroc (CCIM), aurait parrainé l’homme pour le poste. Pourtant, interrogé par le Huffpost Maroc, celui-ci indique que sa nomination au poste de grand-rabbin serait impossible, car il occupe déjà la fonction d’Av Beth Din depuis avril et qu’il « n’est pas candidat pour le poste de grand-rabbin ».

Afin de clore la polémique, le CCIM avait finalement annoncé que le futur grand rabbin serait un « résident du Maroc ». « Dans ce contexte, la désignation d’un grand rabbin du Maroc auprès du CCIM sera effectuée sur la base d’une liste de candidatures sérieuses de grands rabbins marocains ou d’origine marocaine et selon des critères de compétence, d’expérience et de solides références », concluait le communiqué de l’organisation.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...