Maroc: vingt ans de règne de Mohammed VI
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Maroc: vingt ans de règne de Mohammed VI

Le 30 juillet 1999, Mohammed VI est intronisé. Une semaine auparavant, il avait, à 35 ans, succédé à son père Hassan II, décédé après 38 ans de règne sans partage

Le roi du Maroc, Mohammed VI, lors de la cérémonie de lancement des travaux de construction du musée de la culture juive de Fès et de restauration du musée Al Batha, consacré aux arts de l’islam. (Crédit photo : Twitter / @M_RoyalFamily)
Le roi du Maroc, Mohammed VI, lors de la cérémonie de lancement des travaux de construction du musée de la culture juive de Fès et de restauration du musée Al Batha, consacré aux arts de l’islam. (Crédit photo : Twitter / @M_RoyalFamily)

Voici les dates-clés du Maroc depuis l’accession au trône du roi Mohammed VI il y a vingt ans, en juillet 1999.

Intronisation

Le 30 juillet 1999, Mohammed VI est intronisé et prononce son premier « discours du Trône », en insistant sur l’intérêt qu’il porte aux « couches les plus pauvres ». Une semaine auparavant, il avait, à 35 ans, succédé à son père Hassan II, décédé après 38 ans de règne sans partage.

Ruptures et continuité

Les premiers actes de rupture sont spectaculaires pour les Marocains: peu après son couronnement, le roi limoge Driss Basri, le tout-puissant ministre de l’Intérieur de son père, symbole des « années de plomb » (1960-1990) puis en 2000 autorise le retour d’exil de l’opposant historique Abraham Serfaty. En 2004, il lance une commission de justice restaurative pour enquêter sur les violations des années de plomb.

Sur le plan politique, les réformes lancées préservent les pouvoirs très larges du monarque qui garde la haute main sur les secteurs stratégiques.

Famille

En 2003, un nouveau code de la famille place le foyer « sous la responsabilité conjointe des deux époux », pose des conditions à la polygamie et porte à 18 ans au lieu de 15 l’âge légal du mariage des femmes, avec des dérogations. Après un intense débat, ce code est adopté en 2004, mais jugé insuffisant par les associations féministes.

Attentats

En 2003, la capitale économique Casablanca est secouée par cinq attentats suicide faisant 33 morts, majoritairement marocains. Le pays muscle son dispositif sécuritaire au nom de la lutte antiterrorisme.

Mais en 2011, une attaque à la bombe à Marrakech fait 17 morts, dont des touristes étrangers. Fin 2018, un groupe radicalisé de la région de Marrakech décapite deux jeunes touristes scandinaves au nom du groupe Etat islamique dans les montagnes du Haut Atlas (centre).

« Commandeur des croyants » dans son pays, Mohammed VI défend haut et fort un islam tolérant, avec des mesures pour mieux encadrer les imams.

Le roi Mohammed VI, à droite, salue la foule depuis sa voiture lors de l’arrivée du pape Français dans la papamobile lors de l’arrivée du souverain pontife au Maroc, le 30 mars 2019 (Crédit : Alberto Pizzoli/AFP)

Chantiers

En 2004, le Palais lance les travaux du méga-port de Tanger-Méditerranée (nord), faisant le pari de désenclaver une des régions les plus pauvres du Maroc en créant à proximité des parcs industriels en zone franche. Le port, inauguré en 2007, devient le premier port en volume d’Afrique, son extension en 2019 en fait le premier de Méditerranée.

Autres grands chantiers: le développement du réseau routier, l’inauguration en 2016 de l’immense centrale solaire Noor (sud) ou le lancement en 2018 de la première ligne TGV du continent.

Printemps marocain

Le mouvement du 20-Février, né dans le sillage des « Printemps arabes » en 2011, réclame des réformes politiques, plus de démocratie et l’éradication de la corruption.

En juillet 2011, les Marocains votent massivement ‘oui’ au référendum sur la réforme constitutionnelle qui renforce les pouvoirs du Premier ministre tout en laissant de larges prérogatives au roi.

En novembre, le Parti justice et développement (PJD, islamiste), cantonné jusque-là dans l’opposition, remporte les législatives. En 2017, après une nouvelle victoire des islamistes aux législatives, Mohammed VI reprend la main et fait nommer ses hommes de confiance aux postes stratégiques du gouvernement, dans un contexte d’affaiblissement des partis politiques.

Diplomatie

Début 2017, le Maroc réintègre l’Union africaine (UA) après 30 ans d’absence.

La question du Sahara occidental reste la grande priorité de la diplomatie marocaine. Ce vaste territoire désertique est en grande partie contrôlé par le Maroc, qui le considère comme sien. Le Polisario, soutenu par l’Algérie, milite pour l’indépendance et réclame un référendum d’autodétermination.

Inégalités

Ce pays de 35 millions d’habitants reste marqué par de grandes inégalités sociales et un taux de chômage élevé chez les jeunes.

Fin 2016, naît le mouvement de protestation du Hirak dans le Rif (nord), avec des revendications sociales et économiques.

Des centaines de manifestants sont arrêtés et condamnés, le leader Nasser Zefzafi prenant ainsi 20 ans de prison pour « complot visant à porter atteinte à la sécurité de l’Etat ».

Sur fond de malaise social, des mouvements ont agité d’autres régions s’estimant marginalisées, comme la ville de Sidi Ifni (sud) en 2009 ou la cité minière sinistrée de Jerada (nord-est) en 2017-2018.

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