Masques, tests, réunions à huis clos : Pompeo ira en Israël en pleine pandémie
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Masques, tests, réunions à huis clos : Pompeo ira en Israël en pleine pandémie

Le secrétaire d'État US exempté des restrictions d'entrée, limitera les déplacements aux lieux de travail strictement contrôlés lors d'une brève visite cette semaine

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo s'exprime lors d'un point de presse le 8 avril 2020 dans la salle de presse Brady à la Maison Blanche, à Washington, DC. (Mandel Ngan/AFP)
Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo s'exprime lors d'un point de presse le 8 avril 2020 dans la salle de presse Brady à la Maison Blanche, à Washington, DC. (Mandel Ngan/AFP)

Cette semaine, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo sera le premier haut fonctionnaire étranger à se rendre en Israël depuis que ce pays a mis en place des restrictions de voyage strictes pour enrayer la propagation du coronavirus.

La visite de Pompeo nécessitera des précautions médicales pour prévenir les contaminations, qui ont été coordonnées avec les responsables israéliens, a rapporté vendredi la Treizième chaîne.

Le Dr William Walters, médecin en chef adjoint du département d’État américain, a déclaré vendredi que toute personne voyageant avec Pompeo sera testée pour le virus un ou deux jours avant le vol, sera examinée pour les symptômes avant l’embarquement, et portera un masque pendant le voyage.

Pompeo et son petit groupe de voyageurs seront exemptés des restrictions d’Israël sur le virus qui interdisent l’entrée aux visiteurs étrangers et obligent les Israéliens de retour à se mettre en auto-quarantaine pendant 14 jours. Pompeo est actuellement soumis à des contrôles quotidiens par le personnel médical, a déclaré M. Walters.

Pompeo sera sur le terrain en Israël pendant quelques heures seulement mercredi avant de rentrer à Washington après son premier voyage à l’étranger depuis sa visite inopinée en Afghanistan en mars.

Toutes les personnes qui rencontreront l’équipe américaine pendant le voyage seront examinées pour détecter les symptômes du COVID-19. Les déplacements de Pompeo seront strictement contrôlés et limités aux réunions de travail et à l’aéroport, et il ne rencontrera personne dans des lieux publics.

Des gens portent des masques de protection en faisant leurs achats au marché Carmel de Tel Aviv, le 8 mai 2020. (Miriam Alster/FLASH90)

L’annonce de cette visite intervient dans un contexte d’inquiétude quant à la propagation du virus à la Maison Blanche. Katie Miller, l’attachée de presse du vice-président américain Mike Pence, a été testée positive au COVID-19 vendredi. Jeudi, les responsables de la Maison Blanche ont confirmé qu’un membre de l’armée servant comme valet du président américain Donald Trump avait été testé positif au virus.

Le voyage devrait se concentrer sur les intentions du Premier ministre Benjamin Netanyahu d’annexer des parties de la Cisjordanie, a déclaré vendredi le Département d’Etat américain.

Pompeo verra Netanyahu et son nouveau partenaire de coalition Benny Gantz alors que l’administration Trump tente de revenir à la normale en reprenant les voyages gouvernementaux et en rouvrant une économie dévastée par l’épidémie de COVID-19.

Pompeo va « discuter des efforts américains et israéliens pour lutter contre la pandémie de COVID-19, ainsi que des questions de sécurité régionale liées à l’influence malveillante de l’Iran », a déclaré la porte-parole Morgan Ortagus dans un communiqué.

Le diplomate américain en chef pour le Moyen-Orient, David Schenker, a refusé de commenter l’état des discussions sur l’annexion, notant qu’un comité de cartographie conjoint américano-israélien n’avait pas encore terminé son travail de détermination des frontières spécifiques qui pourraient être proposées par Israël ou acceptées par les États-Unis.

Seul parmi la plupart des gouvernements, l’administration Trump a déclaré qu’elle soutiendrait l’annexion du territoire de Cisjordanie revendiqué par les Palestiniens pour un éventuel État, tant qu’Israël acceptera d’entamer des pourparlers de paix avec les Palestiniens.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset, le 30 avril 2020. (Capture d’écran/Knesset)

L’arrivée de Pompeo coïncidera avec la prestation de serment du nouveau gouvernement israélien, qui devrait être officiellement investi le 13 mai. M. Schenker a déclaré que le voyage en Israël était prévu avant de savoir que la cérémonie de prestation de serment aurait lieu le même jour.

Après s’être battus jusqu’à l’impasse lors de trois élections peu concluantes l’année dernière, Netanyahu et son principal rival, l’ancien chef de l’armée Gantz, ont convenu le mois dernier de former un gouvernement commun.

Selon l’accord, M. Netanyahu sera Premier ministre tandis que M. Gantz occupera le nouveau poste de « Premier ministre suppléant », ce qui donnera à chaque partie un pouvoir de veto effectif sur l’autre. Les deux parties ont convenu d’échanger leurs positions après 18 mois.

Leur gouvernement « d’urgence » est censé se concentrer sur la crise du coronavirus pendant ses six premiers mois. Mais leur accord de coalition permet également à Netanyahu de présenter une proposition d’annexion au gouvernement après le 1er juillet, même si Gantz s’y oppose.

Les partisans de l’annexion estiment qu’ils disposent d’une fenêtre étroite pour redessiner la carte du Moyen-Orient avant l’élection présidentielle américaine de novembre. Ils pensent également que cela donnerait un coup de pouce aux électeurs pro-israéliens, en particulier à la communauté chrétienne évangélique politiquement influente. Le candidat démocrate présumé, Joe Biden, a déclaré qu’il s’opposait aux mesures unilatérales prises par Israël, conformément à ce qui avait été la politique américaine pendant des décennies avant l’élection de Trump.

L’accord d’annexion stipule que toute mesure doit être coordonnée avec les États-Unis tout en tenant compte des accords de stabilité et de paix régionaux.

Le projet de Netanyahu d’annexer des parties de la Cisjordanie a été sévèrement critiqué par presque toute la communauté internationale, y compris les alliés européens de Washington et les principaux partenaires arabes, à l’exception notable des États-Unis. Le plan de paix au Moyen-Orient tant vanté de Trump prévoit la possibilité d’une reconnaissance américaine de ces annexions à condition qu’Israël accepte de négocier dans le cadre de la proposition qui a été dévoilée en janvier.

Ce plan prévoit la création d’un État palestinien mais lui donne une autonomie limitée sur une fraction des terres qu’il a demandées. Les Palestiniens ont rejeté catégoriquement cette proposition.

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