Israël en guerre - Jour 258

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Matisyahu et Idan Raichel, têtes d’affiche d’un concert au MIT pour l’unité et la joie juives

Le 16 mai, les meilleurs artistes israéliens et américains se sont produits à "We Will Dance Again", en présence de 1 500 personnes, en signe de résilience face à l'adversité

DJ Daniel Vaknin lors du concert « We Will Dance Again », au Massachusetts Institute of Technology, à Cambridge, le 16 mai 2024. (Avec l'aimable autorisation de Leora Kimmel Greene)
DJ Daniel Vaknin lors du concert « We Will Dance Again », au Massachusetts Institute of Technology, à Cambridge, le 16 mai 2024. (Avec l'aimable autorisation de Leora Kimmel Greene)

CAMBRIDGE, Massachusetts – La soirée avait déjà été émouvante pour Talia Khan. Doctorante en génie mécanique au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et présidente d’une organisation pro-israélienne du campus, Khan avait eu l’idée de ce concert pour retrouver la joie juive quelque temps après l’attaque du Hamas du 7 octobre. Un peu plus de sept mois plus tard, le 16 mai, ce concert avait enfin lieu.

Les plus grands talents américains et israéliens avaient fait le déplacement, à commencer par Matisyahu, Idan Raichel ou John Ondrasik, plus connu sous son nom de scène de Five for Fighting, pour un public estimé à 1 500 personnes environ sur le campus du MIT.

Organisatrice du concert et étudiante au MIT, Khan a également chanté, notamment avec d’autres artistes, au moment des hymnes israélien et américain. Peu de temps après le « Star-Spangled Banner », elle était de retour sur scène pour dire quelques mots au public.

« Nous célébrons la joie juive et l’unité de notre peuple… Nous sommes forts, nous sommes résilients et nous ne faisons qu’un », a-t-elle déclaré.

« Je vous vois, vous tous, les nerds, et je vous aime », a déclaré Ondrasik lors de son passage sur scène, rappelant qu’il était le fils d’un astrophysicien et qu’il avait lui-même étudié les mathématiques appliquées à l’université.

Aujourd’hui, on le connait pour ses tubes « Superman » et « 100 Years », qu’il a interprétés ce soir-là, avec Khan sur le dernier morceau. Il a également interprété une création plus récente – « OK », qui témoigne de sa solidarité avec Israël suite au 7 octobre.

« Je ne suis pas juif », a-t-il déclaré. « Il n’est pas nécessaire d’être juif pour condamner le mal qu’est le Hamas. »

Il a évoqué l’atmosphère de son spectacle sur la Place des Otages de Tel Aviv, le mois dernier, deux heures avant que l’Iran ne lance une attaque contre Israël, et a salué les Israéliens : « Vous êtes courageux, vous êtes courageux et aussi un peu fous. »

Le concert portait le nom « We Will Dance Again », allusion à Mia Schem, la franco-israélienne prise en otage lors du massacre de la rave Nova. Deux mois après les attaques, menées par des milliers de terroristes dirigés par le Hamas qui ont massacré 1 200 personnes dans le sud d’Israël et fait 252 otages, Schem a fait partie de la centaine d’otages libérés dans le cadre d’un accord avec le Hamas. C’est alors qu’elle s’est fait tatouer ces quelques mots sur son bras.

Artistes et organisateurs lors du concert « We Will Dance Again » au Massachusetts Institute of Technology à Cambridge, le 16 mai 2024. (Avec l’aimable autorisation de Leora Kimmel Greene)

Khan a rappelé que les victimes de la rave Supernova avaient le même âge qu’elle et que d’autres étudiants juifs et de diplômés.

« Les gens de la rave Nova auraient voulu que l’on se souvienne d’eux sous un jour positif », a-t-elle déclaré au Times of Israel. « C’était des enfants qui voulaient s’amuser lors d’un festival de musique. »

Khan s’est associée à Leora Kimmel Greene et Marika Feuerstein-Karas pour organiser cet événement. Kimmel Greene dirige une agence spécialisée dans l’événementiel et Feuerstein-Karas a coordonné la collecte de fonds, les actions de marketing et à une partie de la logistique.

Le spectacle a eu lieu sur le campus, sous un barnum, en présence de la police et des forces de sécurité.

Le public, composite, mêlait Américains et Israéliens, orthodoxes et laïcs, juifs et non-juifs, étudiants et personnes âgées, parents et enfants, sans compter quelques animaux de compagnie. Tous ou presque grignotaient des schnitzels, des shawarma ou des Bamba achetés à des vendeurs à l’intérieur du barnum, ou des sopapillas farcies venues d’un food truck latino-américain situé à l’extérieur.

Shaylyn Senier, étudiante qui souhaite devenir assistante médicale, a entendu parler de l’événement par l’un des médecins avec lesquels elle travaille.

« Je ne suis pas juive, mais je défends Israël et je soutiens toujours mes amis juifs », explique Senier, qui qualifie les Bamba – ces snacks de maïs soufflé aux cacahuètes que les Israéliens adorent – de « fabuleux ».

Idan Raichel s’amuse avec le public lors du concert « We Will Dance Again » au Massachusetts Institute of Technology à Cambridge, le 16 mai 2024. (Avec l’aimable autorisation de Leora Kimmel Greene)

Une démonstration de soutien

Les trois organisatrices de l’événement de jeudi dernier ont dû veiller à préserver leur vie personnelle au moment de l’organisation de l’événement. Feuerstein-Karas a eu un bébé il y a de cela quelques mois, Kimmel Greene est une mère qui travaille et Khan devait réviser pour ses derniers partiels. À l’approche du spectacle est arrivée une très bonne nouvelle, « l’accord » de Raichel.

« Le fait que les meilleurs artistes d’aujourd’hui… aient tout laissé tomber pour venir à Boston en dit long », analyse Feuerstein-Karas. « Eux non plus n’ont pas eu beaucoup de temps pour s’organiser. Ils ont compris l’importance de leur présence ici, pour témoigner de leur soutien envers les étudiants en butte à un antisémitisme extrême sur les campus. »

Au MIT, comme sur d’autres campus, il y a eu des manifestations très critiques d’Israël en raison de sa guerre post-7 octobre dans la bande de Gaza, qui aurait tué plus de 35 000 Palestiniens, selon des chiffres non vérifiés publiés par le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas. Comme dans d’autres campus, partout ailleurs, les étudiants pro-palestiniens et anti-israéliens du MIT ont installé un campement qui a fini par être évacué.

Dans certains cas, les manifestants s’en sont pris plus largement au traitement des Palestiniens par Israël ou au droit d’Israël à exister.

Matisyahu chante lors du concert « We Will Dance Again » au Massachusetts Institute of Technology à Cambridge, le 16 mai 2024. (Avec l’aimable autorisation de Leora Kimmel Greene)

Des membres de la communauté juive se sont dits inquiets face à l’ampleur de l’activisme anti-sioniste sur les campus. Aucune manifestation n’a été signalée lors du concert de jeudi dernier.

L’une des spectatrices, Elaine Birnbaum, récemment diplômée de l’Université Northeastern de Boston, se présente comme sioniste. Le jour de la remise des diplômes, elle est venue avec une casquette aux couleurs du drapeau israélien et un message disant : « Laissez partir mon peuple ». Elle estime que les étudiants de sa filière, pas très fréquentée, sont dans l’ensemble pro-palestiniens.

Interrogée sur le climat général sur le campus, elle répond : « Ça n’a pas été génial, mais ça n’a pas été horrible non plus. Je crois que c’est ce qui décrit le mieux les choses. »

Alors que Birnbaum s’adresse au Times of Israel, Matisyahu dit la prière du Shema sur scène et le public agite des drapeaux.

Shayna Mandelbaum, une ancienne étudiante de Birnbaum, souligne son soutien aux États-Unis et à Israël en agitant un composite des drapeaux des deux pays. Elle a commencé à les fabriquer en 2020 et les vend aujourd’hui en ligne.

Shlomi Helfgot, étudiant à l’Université de Yale, n’aurait pas dû être au MIT jeudi dernier. Il a appris l’existence de l’événement par une liste de diffusion de ses compatriotes juifs orthodoxes et découvert que des élèves de l’école juive Maimonide de Brookline – où il est boursier – y allaient également.

Interrogé sur la vie des étudiants juifs orthodoxes sur le campus suite au 7 octobre, Helfgot répond : « La plupart des Juifs orthodoxes vont fièrement sur le campus avec tout l’attirail religieux, et tout va bien. »

Fils d’un blogueur du Times of Israel et frère d’un camarade de Yalie, Helfgot ajoute qu’en dehors d’un incident : « Je n’ai rien vécu de méchant. Mon frère [a vécu] un peu plus, en dehors du campus. »

Peu de temps après, Raichel clôture son set avec l’hymne national israélien « Hatikva », rappelant qu’il était toujours joué dans les salles de cinéma de Kfar Saba, où il a grandi.

Il dit : « Il se passe beaucoup de choses… Rejoignez-moi pour ‘Hatikva’. Ce sera un honneur pour moi. »

La soirée se termine avec Daniel Vaknin, DJ et rescapé de la rave Supernova. Agé de 29 ans, il évoque sa participation au festival avec sa petite amie. Il avait déjà salué le public, un peu avant que Raichel ne monte sur scène.

Le pouvoir collectif de ces stars a sidéré les organisatrices de l’événement. Qu’il y ait ou non une suite, il laisse à tous les participants de bonnes vibrations.

« Je suis toujours sur mon nuage », confie Feuerstein-Karas le lendemain. « Je ne voyais pas le bout de la salle, il y avait tellement de monde. »

Un nouveau mouvement

David Keisar, originaire de Haïfa et post-doctorant au MIT en énergie renouvelable, est venu avec son Labrador retriever de 7 ans, Tai. Il explique que Tai est pour lui une ancre, quelque chose de pur. Pour lui, le 7 octobre et ses conséquences ont été difficiles : un de ses étudiants a été tué et sa sœur a dû quitter le sud d’Israël.

« Cela a été dur et terriblement stressant », explique Keisar, rentré chez lui quelques semaines avant de revenir aux États-Unis.

Dans cette région du Grand Boston, il dit : « Je me sens comme un étranger, comme si je n’étais pas d’ici. » Ce qui l’aide, c’est un groupe de soutien israélien qui se réunit au moins deux fois par semaine – sans parler du concert : « C’est ce qui m’a motivé à venir ici, faire partie d’une plus grande communauté. »

Rien de tel pour mettre du baume au cœur aux organisatrices de l’événement.

« Je pense que le concert d’hier soir est un témoignage de notre peuple, de son unité et de sa beauté, de ce que signifie se connecter et vivre avec un esprit positif », explique Kimmel Greene au Times of Israel le lendemain.

C’est aussi un témoignage de la rapidité avec laquelle les choses se font. Tout s’est mis en place en l’espace de deux à trois semaines, avec l’aide d’un GoFundMe, d’un important donateur anonyme et de plusieurs organisations – une vague collective qui a pris en charge le temps, l’hébergement et les déplacements des artistes.
Les organisatrices ont été interrogées sur la possibilité que ce concert devienne un événement itinérant.

Des membres du public lors du concert « We Will Dance Again » au Massachusetts Institute of Technology à Cambridge, le 16 mai 2024. (Avec l’aimable autorisation de Leora Kimmel Greene)

« Nous aimerions bien », confie Khan. « Bien sûr, cela demande beaucoup d’efforts – et surtout beaucoup d’argent. »

Si l’événement devait avoir une postérité, alors Kimmel Greene a quelques idées précises.

« Je ne voudrais pas qu’on appelle ça une tournée », dit-elle. « Je crois que c’est avant tout un mouvement – un voyage qui apporte une vague de judaïsme heureux. »

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