May : Corbyn rencontre le Hamas et le Hezbollah sans conditions mais pas moi
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May : Corbyn rencontre le Hamas et le Hezbollah sans conditions mais pas moi

La Première ministre britannique reproche au chef de l'opposition de rencontrer des terroristes mais de refuser toute rencontre avec elle au sujet du Brexit

Le chef du premier parti d'opposition britannique  Jeremy Corbyn (à gauche) s'exprimant durant un discours de campagne électorale en vue des législatives au centre de Londres le 26 mai 2017 et la Premier ministre britannique Theresa May prenant la parole lors du lancement du manifeste écossais à  Edinburgh le 19 mai 2017 (Crédit :  Daniel LEAL-OLIVAS et Dan Kitwood/AFP PHOTO)
Le chef du premier parti d'opposition britannique Jeremy Corbyn (à gauche) s'exprimant durant un discours de campagne électorale en vue des législatives au centre de Londres le 26 mai 2017 et la Premier ministre britannique Theresa May prenant la parole lors du lancement du manifeste écossais à Edinburgh le 19 mai 2017 (Crédit : Daniel LEAL-OLIVAS et Dan Kitwood/AFP PHOTO)

La Première ministre britannique Theresa May s’en est prise au leader de l’opposition Jeremy Corbyn mercredi pour avoir refusé de la rencontrer au sujet du Brexit. Elle lui demande pourquoi il a rencontré des membres des groupes terroristes du Hamas, du Hezbollah et de l’IRA, mais pas elle.

« Il est prêt à s’asseoir avec le Hamas, Hezbollah et l’IRA sans conditions préalables mais il refuse de me rencontrer au sujet du Brexit », s’est-elle agacée lors des questions au Premier ministre de la Chambre des communes, le Parlement britannique.

Corbyn a répondu qu’il avait proposé une rencontre l’automne dernier, avant de citer la députée travailliste Hilary Benn : « les portes de son bureau sont peut-être grand ouvertes, mais les esprits qui s’y trouvent sont complètement fermés. »

May a entamé son discours au Parlement en mentionnant la prochaine Journée internationale de commémoration de la Shoah : « nous devons tous nous opposer à la discrimination et à la haine », a rapporté Sky News.

Corbyn l’a également évoquée, indiquant que la Première ministre avait raison de reconnaître les autres génocides commis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

L’échange s’est produit après le rejet par la Chambre des communes du projet de retrait de l’UE, laissant ainsi augurer d’un départ sans accord de la Grande-Bretagne le 29 mars.

Elle a promis de retenter de modifier l’accord, mais les détracteurs pensent qu’elle échouera – et que c’est désormais au Parlement de prendre les commandes. Elle a également assuré qu’un débat et un vote concernant la marche à suivre auraient lieu le 29 janvier.

Son attaque de Corbyn fait référence à une série de rencontres et d’événements auxquels a assisté le chef du parti travailliste britannique.

Lors d’une conférence organisée à Doha en 2012, il avait participé à une table ronde aux côtés de plusieurs terroristes palestiniens condamnés pour meurtre et partagé une tribune avec le chef du Hamas Khaled Meshaal.

Des allégations d’antisémitisme entachent l’image de Corbyn depuis sa prise de fonction à la tête du parti travailliste il y a trois ans, et qui empirent depuis mars.

Elles ont provoqué un schisme majeur au sein du parti et ont amené des Juifs du pays à exprimer leurs craintes quant à leur avenir dans le pays.

Corbyn assure que l’antisémitisme n’a pas sa place au Labour, mais il a été régulièrement critiqué pour ses propos et activités potentiellement antisémites et pour ne pas avoir reconnu la définition de l’antisémitisme établie par l’International Holocaust Remembrance Alliance.

Le parti avait été sévèrement vilipendé après avoir adopté une partie seulement de la définition en juillet dernier, refusant d’y intégrer les clauses concernant la critique d’Israël. Le Labour l’a adoptée en entier le mois dernier mais y a ajouté une clause sur la « liberté d’expression » qui avait déclenché la furie d’organisations juives. Corbyn avait même tenté, sans succès, d’y inclure que qualifier Israël et sa création de racistes ne pouvait pas être considéré comme antisémite.

L’année dernière, des propos polémiques tenus par Corbyn en 2013 avaient émergé. Il déclarait en effet que les « sionistes » britanniques ne comprenaient pas l’humour anglais. Il avait plus tard précisé qu’il défendait l’ambassadeur de l’Autorité palestinienne Manuel Hassassian contre deux personnes qui l’avaient attaqué verbalement lors d’une rencontre.

Il avait également défendu sa décision d’assister à une cérémonie commémorative en Tunisie, en déclarant qu’il n’était « pas sûr » que les terroristes palestiniens liés au massacre d’athlètes israéliens à Munich en 1972 étaient enterrés au cimetière où se tenait la cérémonie.

Jeremy Corbyn (deuxième à partir de la gauche) tenant une couronne lors d’une visite aux martyrs de Palestine, en Tunisie, en octobre 2014. (Crédit : page Facebook de l’ambassade palestinienne en Tunisie)

« Je pensais avoir raison d’assister à ce qui s’avérait être une cérémonie très solennelle… je ne sais même pas qui était enterré là-bas », avait-il dit. « Je ne soutiens pas le Septembre Noir évidemment, mais j’ai toujours estimé qu’il fallait rendre hommage à ceux tués dans des bombardements. Et c’est ce que je faisais. »

Corbyn avait d’abord expliqué qu’il s’était rendu au Cimetière des martyrs de Palestine en Tunisie pour marquer l’anniversaire de l’attaque israélienne de 1985 contre le siège de l’Organisation de libération de la Palestine, qui avait tué 47 Palestiniens. Mais des images de l’ambassade palestinienne déterrées par le Daily Mail montraient Corbyn tenir une couronne de fleurs près d’une plaque en l’honneur des membres du groupe terroriste Septembre Noir.

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