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Des vidéos contredisent les accusations d’agression faites par May Golan à Ben Gurion

La députée assure qu'elle et sa mère ont été agressées, mais des images non éditées la montrent repoussant une manifestante et sa mère essayant de lui asséner des coups de poing ou de lui jeter une chaise

La députée Likud May Golan exclu de la séance plénière lors de la session d'ouverture de la Knesset, le 4octobre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
La députée Likud May Golan exclu de la séance plénière lors de la session d'ouverture de la Knesset, le 4octobre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Une ministre du gouvernement et sa mère âgée de 76 ans ont été impliquées dans une altercation physique lundi à l’aéroport Ben Gurion. Il s’agit du dernier heurt en date entre un parlementaire et des citoyens opposés à la refonte judiciaire promue par le gouvernement Netanyahu.

Selon la version de May Golan (Likud), ministre de la Promotion de la femme, elle aurait été interpellée, ainsi que sa mère, par ce qu’elle a appelé des « anarchistes » qui l’auraient, selon elle, blessée à la main au Terminal 1 de l’aéroport.

« La ministre a utilisé son corps pour protéger sa mère des deux anarchistes qui l’insultaient, criaient et la menaçaient », peut-on lire dans un communiqué du bureau de Golan, accompagné d’une vidéo de l’altercation largement éditée.

Or, d’autres images de la scène dépeignent une toute autre situation, et montrent Golan physiquement empêchée de foncer sur les manifestants et sa mère tentant d’asséner un coup de poing à un duo de militants et ramassant une chaise comme pour la lancer.

Golan était assise à une table près d’un Burger King dans le terminal, attendant de prendre un vol pour l’étranger avec sa mère, lorsqu’elles ont été confrontées à une femme accusant Golan d’être « une collaboratrice de la dictature contre les droits des femmes« .

Dans une version non éditée de la confrontation mise en ligne par une autre personne qui a filmé la scène, on peut cependant voir Golan mettre à plusieurs reprises sa main dans le visage de la manifestante et la pousser avec son corps, ce qui oblige la femme à battre en retraite.

Golan a alors été repoussée par des agents de sécurité, qui l’ont empêchée physiquement de revenir en courant vers la femme, qui continuait à crier « honte ».

Quelques instants plus tard, on voit la mère de Golan essayer de frapper la femme et une autre personne, et établir un léger contact physique. On voit ensuite la mère ramasser une chaise et menacer à plusieurs reprises de la lancer tout en hurlant que sa fille sera Première ministre.

À la fin de la vidéo, plusieurs personnes dans le terminal crient « honte » alors que Golan semble être emmenée à l’écart.

Son bureau a assuré que « lorsque la situation s’est terminée, la moitié du terminal s’est levée et a applaudi la ministre Golan, qui a refusé de quitter les lieux ».

Malgré ces images, May Golan a continué à dire qu’elle avait été agressée, prétendant que la vidéo la montrant, elle et sa mère, comme les agresseurs, avait été éditée.

La mère de May Golan ramasse une chaise comme si elle voulait la lancer à l’aéroport Ben-Gurion le 7 août 2023. (capture d’écran : Twitter ; utilisé conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

« C’est devenu tellement à la mode de filmer pendant que les Phalangistes sont envoyés pour troller et créer des provocations – ils savent comment monter des vidéos démagogiques, fausses et populistes et les distribuer », a-t-elle tweeté lundi. « Il est curieux que la partie où un terminal rempli de gens se lève et m’applaudit ait été coupée, » a-t-elle insisté. Il semble que la référence aux Phalangistes soit une faute de frappe et que la ministre souhaitait écrire le terme en hébreu signifiant « factieux ».

La veille, Golan avait été filmée en train d’agiter un drapeau du Likud à côté d’une voiture à Afula, alors que des manifestants criaient à proximité. Dans la vidéo, on la voit marcher sans être importunée à côté d’un garde armé, alors que les manifestants se trouvent au moins à une dizaine de mètres et que sa voiture n’a pas été endommagée, mais elle a cette fois affirmé que lors de l’incident à Afula, les manifestants l’ont attaquée avec des bâtons de bois, l’ont insultée et menacée et ont essayé de briser les vitres de sa voiture.

Les manifestants qui s’opposent au projet gouvernemental de refonte du système judiciaire ont pris l’habitude de manifester contre les politiques impliqués devant leur domicile, lors d’événements auxquels ils participent, ou simplement dans la rue, ce qui a donné lieu à un certain nombre d’échanges houleux. En mai, le député Simcha Rothman, l’un des architectes de cette refonte, avait arraché un mégaphone à une manifestante alors qu’il se promenait à New York, ce qui avait suscité de nombreuses critiques.

Golan, originaire de Tel-Aviv, s’est d’abord fait connaître en faisant campagne pour l’expulsion des demandeurs d’asile africains, une cause qu’elle a continué à défendre en dépit des accusations de racisme. En 2012, elle a déclaré avec sarcasme lors d’un rassemblement dans le sud de Tel Aviv que si son affirmation selon laquelle les migrants violaient et tuaient des Israéliens était raciste, alors « je suis fière d’être raciste ».

La ministre du Likud, May Golan, lors d’un vote à la Knesset à Jérusalem, le 30 juillet 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

En 2013, Golan s’est présentée à la Knesset sur la liste du parti Otzma L’Yisrael, précurseur du parti Otzma Yehudit, mais sans parvenir à obtenir de siège. Plus récemment, elle a rejoint le Likud, et a brièvement siégé à la Knesset en 2019 avant de réintégrer le Parlement en 2020 où elle est restée depuis.

Tout au long de sa carrière, elle s’est présentée comme une rabatteuse de l’extrême-droite qui refuse d’être muselée. En 2021, elle a déclaré au quotidien Israel Hayom qu’elle ne prévoyait pas de modérer son discours en tant que législatrice, se qualifiant elle-même de « mère du politiquement incorrect ».

En mai, son nom a été mentionné comme candidate possible au poste de consul à New York, mais l’idée a été retirée de la table lorsque des dirigeants juifs libéraux aux États-Unis et l’administration du président américain Joe Biden ont protesté contre cette nomination en raison justement de ses antécédents de rhétorique incendiaire.

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