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Mélenchon, adepte du « complotisme d’autodéfense », selon Rudy Reichstadt

Le directeur de Conspiracy Watch a synthétisé les nombreuses affirmations complotistes du chef de la France insoumise principalement centrées sur l'influence des Etats-Unis

Jean-Luc Mélenchon a condamné "la violence et la cruauté sans borne du gouvernement d'Israël". Ici à Paris le 23 septembre 2017 (Crédit : AFP/CHRISTOPHE ARCHAMBAULT)
Jean-Luc Mélenchon a condamné "la violence et la cruauté sans borne du gouvernement d'Israël". Ici à Paris le 23 septembre 2017 (Crédit : AFP/CHRISTOPHE ARCHAMBAULT)

Rudy Reichstadt, directeur du site Conspiracy Watch revient dans une interview accordée au Point sur les différents symptômes d’une tendance complotiste détectée dans les discours de Jean-Luc Mélenchon qui voyait encore récemment, derrière les perquisitions dont lui et son parti ont fait l’objet, une « volonté politique ».

« C’est assurément du complotisme, mais un complotisme que je qualifierais d’auto-défense et qui est, hélas, en voie de banalisation, même si notre classe politique est touchée avec des intensités très différentes » analyse Rudy Reichstadt.

Il note la « lecture simpliste que Jean-Luc Mélenchon propose de la situation au Moyen-Orient ou en Amérique latine : un anti-américanisme conspirationniste dissimulé sous une rhétorique anti-impérialiste totalement éculée ».

Autre sujet problématique, « son rapport au problème de l’antisémitisme ».

« Aller à Londres comme il l’a fait très récemment pour rencontrer Jeremy Corbyn », se souvient Rudy Reichstadt, « et poser tout sourire à ses côtés comme s’il ne s’était rien passé au cours de cet été, comme si Corbyn n’était pas actuellement extrêmement contesté quant à ses tergiversations sur l’antisémitisme au sein du Labour, est très préoccupant ».

A cette occasion Jean-Luc Mélenchon tentait de créer un axe international politique dans lequel intégrer la France insoumise avait évoqué le « début d’une histoire » avec Jeremy Corbyn.

Jeremy Corbyn s’adresse à la foule à Trafalgar Square à Londres, en Angleterre, le 13 juillet 2018. (Niklas Hallen / AFP / Getty Images / via JTA)

En 2014, à Grenoble, moins d’un mois après que neuf synagogues eurent été attaquées en pleine vague de manifestations violentes et non autorisées contre Israël pendant et après la guerre contre le Hamas à Gaza de l’été 2014, Mélenchon avait condamné les juifs français qui avaient exprimé leur solidarité avec Israël lors d’un rassemblement de soutien devant l’ambassade d’Israël.

« Si nous avons quelque chose à dénoncer, ce sont nos compatriotes qui ont cru être bien inspirés en allant manifester devant l’ambassade d’un pays étranger [Israël, ndlr] ou servir sous ses couleurs les armes à la main ».

Et d’enfoncer le clou en lançant cette diatribe au sous-entendu nauséabond : « nous ne croyons pas à un peuple supérieur aux autres ».

Dans une interview accordée à Marc Knobel, directeur des études du Crif, Reichstadt affirme qu’ « aucun observateur attentif ne peut manquer de souligner la récurrence avec laquelle les juifs, Israël ou le « sionisme » sont pris pour cibles par les propagateurs les plus actifs de la théorie du complot ».

Reichstadt dénonce aussi les sorties de Mélenchon sur Daesh, une organisation qui aurait été selon lui discrètement soutenue par les États-Unis en Syrie et « récemment, sa fameuse sortie sur le ‘vaccin contre le cancer’ cubain, lorsque le leader de LFI a suggéré qu’on nous cachait cette invention révolutionnaire, qui n’existe pas ».

Pour le directeur de Conspiracy Watch, le « sous-texte » des discours de Jean-Luc Mélenchon « est complotiste et il est parfaitement compris d’un certain nombre de ses partisans, même si probablement pas de tous ».

« Cette histoire du ‘vaccin cubain’ qu’en l’occurrence les Américains tenteraient de nous cacher circule dans la complosphère depuis au moins 2011 – notamment sur le site Les Moutons enragés. Cela aura infusé sur Internet et mis presque sept ans avant de se retrouver dans le discours d’un responsable politique de premier plan, » regrette-t-il.

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