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Michal Rosenbaum démissionne et accuse David Amsalem d’abuser de sa fonction de député

La directrice de l'Autorité des Entreprises publiques déclare que le ministre cherche à "accumuler du pouvoir" et reproche au Premier ministre de ne pas l'avoir soutenue

Collage photos : À gauche, le député David Amsalem, à Tel Aviv, le 8 décembre 2022 ; à doroite, Michal Rosenbaum, directrice de l’Autorité des Entreprises Publiques. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90 ; Ministère des Finances)
Collage photos : À gauche, le député David Amsalem, à Tel Aviv, le 8 décembre 2022 ; à doroite, Michal Rosenbaum, directrice de l’Autorité des Entreprises Publiques. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90 ; Ministère des Finances)

La directrice de l’Autorité des Entreprises publiques (GCA), Michal Rosenbaum, a démissionné samedi soir après une bataille de plusieurs mois avec le ministre de la Coopération régionale, David Amsalem (Likud), invoquant comme raison sa prise de contrôle imminente de son département lundi.

Dans sa lettre de démission, Rosenbaum a expliqué au Premier ministre Benjamin Netanyahu qu’elle quittait son poste « en raison des actions inappropriées » du ministre Amsalem, arguant que son comportement l’avait empêchée de s’acquitter de ses fonctions.

Selon elle, Amsalem pense que « les entreprises publiques ne sont pas une ressource publique mais un ‘réservoir d’emplois’ qu’il doit utiliser pour accumuler du pouvoir et un statut politique ».

En conséquence, a-t-elle poursuivi, « Amsalem a exercé une énorme pression sur moi et sur la GCA pour soutenir la nomination d’activistes politiques et de [ses] associés à des postes clés dans les entreprises publiques ».

La GCA a toujours fait partie du ministère des Finances, mais lorsqu’il a rejoint le cabinet, Amsalem a insisté pour qu’elle soit placée sous son contrôle dans le cadre de l’accord qu’il a conclu avec Netanyahu.

Bien que cela n’ait pas grand-chose à voir avec ses autres responsabilités, le contrôle de la GCA permet à Amsalem d’exercer une influence directe sur les nominations à des centaines de postes gouvernementaux de haut niveau.

Le ministre David Amsalem s’exprimant lors d’une session plénière à la Knesset, à Jérusalem, le 10 juillet 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le transfert de l’autorité sera officiellement achevé lundi, après une période de transfert de plusieurs mois.

Rosenbaum affirme avoir subi des pressions pour licencier des personnes dans le cadre d’une « vendetta politique » visant à ouvrir des postes aux associés d’Amsalem.

En plus de prendre des décisions qu’elle jugeait préjudiciables à l’organe gouvernemental, elle affirme qu’Amsalem « utilise ses pouvoirs d’autres manières pour son bénéfice personnel et en nuisant à l’intérêt public ».

Écrivant qu’elle avait « agi en tant que gardienne, sans crainte, pour protéger l’intérêt public et l’intégrité morale », Rosenbaum a allégué que cela lui avait coûté cher.

« Le ministre Amsalem a lancé une attaque sévère à mon encontre, tentant notamment de porter atteinte à mes pouvoirs et à l’indépendance de la GCA », écrit-elle, ajoutant qu’Amsalem avait tenté de la faire licencier sans motif, avait gelé les appels d’offres pour des postes clés et avait inondé son bureau de tâches sans importance afin de l’empêcher de mener à bien son travail.

En outre, elle a accusé Amsalem d’avoir fait des déclarations misogynes à son sujet à de multiples reprises.

« Le ministre Amsalem m’a attaquée et m’a lancé des insultes personnelles, en utilisant des termes grossiers et laids », a écrit Rosenbaum, affirmant qu’Amsalem l’avait accusée d’être « imprudente », « violente » et « profondément pourrie ».

Depuis des mois, Amsalem fait pression pour que Rosenbaum soit licenciée et, en août de cette année, il avait demandé, sans succès, qu’elle soit démise de ses fonctions.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, discutant avec le président de la coalition de l’époque, le député David Amsalem, lors d’une réunion de faction du Likud à la Knesset, le 19 novembre 2018. (Crédit: Miriam Alster/Flash90)

Il avait affirmé qu’elle n’était pas apte à occuper ce poste parce qu’elle avait désobéi à ses ordres et intimidé des employés, et l’avait accusée d’être « agressive et irrespectueuse ».

Tournant son attention vers Netanyahu, Rosenbaum a allégué dans sa lettre de démission adressée au Premier ministre que, bien qu’elle lui ait demandé son soutien à maintes reprises alors qu’elle était confrontée à une pression croissante de la part d’Amsalem, il s’était abstenu d’intervenir.

« En tant que Premier ministre, votre devoir était d’ordonner au ministre Amsalem de mettre fin à sa mauvaise conduite », a-t-elle écrit.

« Malgré cela, vous avez choisi de m’ignorer, de rester silencieux et, dans les faits, de cautionner la conduite du ministre. Pire encore, à la suite des lettres que je vous ai adressées, le directeur général du cabinet du Premier ministre m’a proposé de me nommer à un autre ‘poste’ attrayant. »

« Bien entendu, je n’ai pas pu accepter une offre aussi illégitime et je l’ai immédiatement rejetée », a-t-elle ajouté.

Réitérant sa conviction que le transfert de la GCA dans le portefeuille d’Amsalem est un gaspillage de fonds publics, Rosenbaum a affirmé qu’une fois achevé, ce transfert « permettra à Amsalem de mener à bien son plan, de désintégrer la GCA et de la vider de tout contenu et de toute autorité ».

En réponse à la démission de Rosenbaum, le ministre de l’Intérieur Moshe Arbel a déclaré qu’il « regrettait » sa décision, tout en faisant l’éloge d’une « fonctionnaire dévouée ».

« Je suis convaincu que Michal continuera à mettre son talent et ses capacités au service des citoyens d’Israël à l’avenir », a affirmé Arbel.

Dans une déclaration publiée sur X, le chef de l’opposition Yaïr Lapid a écrit que la démission de Rosenbaum était une « victoire de la corruption, de la culture des ’emplois’ [à distribuer aux copains], des nominations d’associés et de l’écrasement de la fonction publique ».

En août, Amsalem avait justifié ses tentatives de nommer des relations personnelles à des postes de direction dans des entreprises publiques, en affirmant qu’il était normal qu’il fasse appel à des candidats qu’il connaissait bien.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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