Milchan et Mozes nient les allégations de corruption
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Milchan et Mozes nient les allégations de corruption

Le magnat de Hollywood et le propriétaire du Yedioth démentent les allégations de pots-de-vin pour des échanges de faveurs avec Netanyahu

Benjamin Netanyahu et le producteur Arnon Milchan lors d'une conférence de presse, le 28 mars 2005. (Crédit : Flash90)
Benjamin Netanyahu et le producteur Arnon Milchan lors d'une conférence de presse, le 28 mars 2005. (Crédit : Flash90)

Le magnat de Hollywood Arnon Milchan et le propriétaire du journal Yedioth Arnon Mozes ont démenti mardi les allégations affirmant qu’ils auraient tenté de corrompre le Premier ministre Benjamin Netanyahu après que la police a recommandé que les deux hommes soient traduits en justice.

Les recommandations policières publiées mardi viennent couronner de longues enquêtes menées contre Netanyahu dans deux dossiers principaux, connus sous les noms d’Affaire 1 000 et d’Affaire 2 000. La décision de les inculper est dorénavant entre les mains du procureur-général Avichai Mandelblit.

Milchan et Mozes ont les tous deux nié ces allégations, expliquant qu’il n’y a aucun motif à d’éventuelles inculpations prononcées à leur encontre.

Selon la police, Milchan, un producteur de cinéma né en Israël et qui réside aux Etats-Unis, a offert au Premier ministre et à son épouse des cigares, du champagne et des bijoux pour un montant d’environ 750 000 shekels entre 2007 et 2016 en échange de l’aide de ce dernier qui aurait tenté de faire adopter un certain nombre de mesures favorables aux intérêts commerciaux du milliardaire.

Un communiqué de la police a fait savoir que les enquêteurs ont réuni suffisamment de preuves pour inculper Milchan de pots-de-vin.

« Les résultats de l’enquête montrent que la relation entre le Premier ministre et Milchan a été une relation corrompue qui aura atteint des niveaux criminels et non une relation innocente comme celle qui lie deux amis », est-il écrit dans les recommandations de la police qui rejette ainsi la défense avancée par Netanyahu qui avait déclaré que les cadeaux avaient eu lieu dans le cadre d’une relation étroite et amicale.

Parmi les mesures au bénéfice de Milchan, Netanyahu est soupçonné d’avoir tenté d’amender une loi de 2008 sur les exemptions fiscales et le report de ces mêmes exemptions sur les revenus gagnés à l’étranger en faveur des nouveaux immigrants ou des Israéliens de retour en Israël. Cette législation était connue sous le nom de « loi Milchan ». Milchan aurait économisé des millions grâce à cet amendement s’il n’avait pas été déjoué par le Trésor dirigé par Yair Lapid, le chef de Yesh Atid.

Netanyahu est également accusé d’avoir utilisé ses connexions pour tenter d’arranger le renouvellement d’un visa pour Milchan, dont les affaires se passent principalement à Hollywood.

De plus, Milchan et Netanyahu ont fait la promotion d’une zone de libre-échange à proximité de la frontière jordano-israélienne qui a bénéficié personnellement à Milchan, un détenteur de marques, et les deux hommes auraient poussé à la conclusion d’un accord de fusion entre différents médias israéliens, dont l’un était partiellement la propriété de Milchan, selon la police.

Netanyahu est également soupçonné d’avoir reçu des cadeaux d’une valeur de 250 000 dollars de la part de l’homme d’affaires australien James Packer à la demande de Milchan, même si la police n’a pas fait état d’accusations de corruption à son encontre.

L’avocat de Milchan a déclaré que les recommandations de la police « ont ignoré des faits basiques », notamment que Netanyahu et Milchan sont amis depuis les années 2 000, lorsque Netanyahu n’était pas au gouvernement.

« Leur lien se caractérise par l’amitié. Dans ce contexte, des cadeaux ont été offerts de temps en temps à la famille Netanyahu, sans qu’il n’y ait aucun intérêt commercial là-dedans. Nous sommes convaincus qu’une observation sérieuse de tout le matériel mènera à une seule conclusion nécessaire : Il n’y a aucun fondement à une inculpation pour corruption », a dit l’avocat.

Mozes, propriétaire du quotidien Yedioth Ahronoth, pourrait être lui aussi éventuellement inculpé pour pots-de-vin.

La police affirme que Mozes et Netanyahu auraient négocié un accord selon les termes duquel le quotidien aurait accepté de couvrir plus favorablement les actions du Premier ministre, en échange du soutien de Netanyahu à une initiative législative visant à affaiblir la distribution du journal rival, le tabloïd Israel Hayom.

A partir de 2009, « Netanyahu et Arnon Mozes ont eu des conversations et des rencontres personnelles durant lesquelles ils ont évoqué la possibilité de s’entraider dans le cadre d’un accord de compromis susceptible de promouvoir leurs intérêts respectifs », a dit la police.

L’éditeur et propriétaire du journal Yedioth Aharonoth Arnon « Noni » Mozes arrive pour interrogatoire à l’unité d’enquête Lahav 433 à Lod le 17 janvier 2017. (Crédit : Roy Alima / Flash90)

De plus, l’enquête a révélé que « les parties ont pris des initiatives actives pour faire avancer les intérêts de chacune d’entre elles en continuation des accords souscrits ou se sont tout du moins présentées l’une à l’autre comme si tel était le cas ».

La police a ajouté que Netanyahu avait offert son soutien à une législation qui aurait fait disparaître Israel Hayom, diminuant drastiquement le nombre de ses exemplaires en circulation et annulant l’édition du week-end du quotidien gratuit. La loi n’avait pas été adoptée en raison des élections anticipées de 2015.

L’avocat de Mozes a indiqué avoir un bonne défense.

« Nous pensons que, après un examen plus poussé des conclusions trouvées par le procureur d’Etat, le dossier contre lui sera clos et qu’il sera clairement établi qu’il n’a pas commis de délit criminel », a indiqué l’avocat.

Netanyahu a également déclaré que les recommandations n’aboutiraient sur rien dans un discours prononcé mardi soir. Il a noté qu’il avait souvent oeuvré contre les intérêts de Milchan et qu’il avait dissous le gouvernement et appelé à de nouvelles élections pour empêcher l’avancée du projet de loi anti-Israel Hayom.

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