Israël en guerre - Jour 281

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Militant pour la paix, soldat, fils : ces Américains disparus, blessés ou tués par le Hamas

La militante Vivian Silver est otage à Gaza, Hersh Goldberg-Polin a disparu depuis l'attaque de la rave et un soldat né aux États-Unis a reçu une balle en plein visage

Un soldat israélien monte la garde à côté d'un pick-up équipé d'une mitrailleuse dans la ville de Sderot, dans le sud du pays, le 7 octobre 2023, après que le groupe terroriste palestinien du Hamas a lancé une attaque surprise à grande échelle contre Israël. (Crédit : OREN ZIV / AFP)
Un soldat israélien monte la garde à côté d'un pick-up équipé d'une mitrailleuse dans la ville de Sderot, dans le sud du pays, le 7 octobre 2023, après que le groupe terroriste palestinien du Hamas a lancé une attaque surprise à grande échelle contre Israël. (Crédit : OREN ZIV / AFP)

JTA – L’un d’entre eux, tout juste sorti de l’armée, a dit à son père « Je t’aime » et « Je suis désolé », avant de se taire. Celui qui vient de rejoindre l’armée n’a pas de famille à proximité, alors un bénévole lui tient compagnie à l’hôpital. L’un d’entre eux était un militant pour la paix.

Ce sont quelques-unes des histoires qui commencent à filtrer au moment où Israël s’efforce encore d’identifier les centaines de personnes qui sont mortes et les dizaines d’autres portées disparues suite à l’attaque menée samedi par le Hamas contre le sud d’Israël. On ignore encore le nombre précis de Nord-Américains tués ou enlevés lors de l’invasion, mais le Secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré que des Américains auraient été tués, blessés et pris en otage.

La Maison Blanche est « en mesure à l’heure actuelle de confirmer la mort de neuf citoyens américains » dans l’attaque du Hamas contre Israël, a ensuite fait savoir lundi une porte-parole du Conseil de sécurité national américain.

Un porte-parole du département d’Etat a lui indiqué que les Etats-Unis restaient sans nouvelles de certains de leurs ressortissants sur place et « travaillaient avec les autorités israéliennes pour déterminer l’endroit où ils se trouvent. »

Tom Nides, qui a mis fin à son mandat d’ambassadeur en Israël en juin dernier, a déclaré que des crises comme celle-ci mettaient l’ambassade américaine à dure épreuve.

« Un grand nombre de personnes s’occupe de ces questions, car c’est l’une des plus grandes et importantes missions d’une ambassade », a déclaré Nides lors d’une interview.

Près de deux jours après le début de l’invasion, Jon Polin attend des nouvelles de son fils de 23 ans, Hersh Goldberg-Polin. Il espère qu’il est toujours en vie. Son fils a quitté la maison à 23 heures, vendredi soir, pour se rendre à une fête en plein air, toute la nuit, près de la barrière de sécurité avec Gaza, que les terroristes du Hamas ont attaquée samedi matin, tuant quelque 250 jeunes adultes et en enlevant d’autres.

C’est le genre de fête que les soldats récemment libérés apprécient. Né à Berkeley, en Californie, Goldberg-Polin s’est installé en Israël avec ses parents à l’âge de 7 ans et a terminé son service militaire obligatoire en avril dernier.

Photo non datée de Hersh Goldberg-Polin. (Crédit : Jon Polin via la JTA)

Le père de Goldberg-Polin dit que son fils aime les fêtes, la musique et les voyages, et que, comme beaucoup de soldats démobilisés, il économise pour s’offrir un voyage en Inde, dans quelques mois. Entre-temps, il travaille comme secouriste et serveur.

Ils sont sans nouvelles depuis samedi.

« Il nous a envoyé deux courts message WhatsApp samedi matin à 8h11 », confie Polin, montrant les messages à la Jewish Telegraphic Agency.

« Je t’aime », peut-on lire dans le premier, suivi de « Je suis désolé », dans le second.

Un autre soldat né aux États-Unis et originaire de Houston se trouve à l’hôpital en Israël, loin de ses proches, après avoir reçu une balle en plein visage lors de l’attaque. Rhoda Smolow, présidente du groupe sioniste féminin Hadassah, lui tient compagnie à l’hôpital Hadassah jusqu’à ce que sa famille puisse être à ses côtés.

« Il est sous trachéotomie, donc nous ne pouvons pas parler, et d’après les soignants, infirmières et médecins, il est très traumatisé », a-t-elle déclaré, refusant de révéler son identité pour des raisons de confidentialité. « C’était tellement triste de le savoir seul, sans personne. »

Smolow a dit au soldat que Hadassah veillerait à ce qu’il reçoive les meilleurs soins possibles. « Il m’a donné un coup de pouce ».

La directrice de l’organisation sioniste, Naomi Adler, a évoqué le cas du soldat lors d’un briefing organisé dimanche par les Jewish Federations of North America et l’American Jewish Committee.

L’hôpital et l’armée ont eu du mal à retrouver ses proches, mais Smolow pense que l’évocation d’Adler sur le webinaire pourrait avoir ouvert une piste.

D’autres Juifs d’Amérique du Nord sont portés disparus. La militante pacifiste Vivian Silver, 75 ans, a été enlevée au kibboutz Beeri samedi, près de la barrière de sécurité.

Née à Winnipeg, au Canada, elle a longtemps dirigé le Centre juif et arabe pour l’émancipation, l’égalité et la coopération, qui promeut des projets réunissant des communautés en Israël, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. En 2014, après la dernière grande guerre entre Israël et le Hamas, elle a co-fondé Women Wage Peace, qui encourage les actions favorables à la consolidation de la paix entre femmes de toutes les communautés et sensibilités politiques.

Dans les colonnes de Forbes, en 2021, pour les besoins d’un reportage sur les femmes qui viennent en aide aux plus vulnérables, Silver disait se souvenir d’avoir ressenti un vrai soulagement suite à la construction par le gouvernement d’abris anti-aériens dans le kibboutz Beeri, qui essuyait des tirs de roquettes depuis Gaza depuis plus d’une dizaine d’années.

« En 2009, le gouvernement israélien n’a construit des abris que pour les communautés situées à quatre kilomètres de la barrière de sécurité. La communauté dans laquelle je vis se trouve à quatre kilomètres et demi de ladite barrière, donc nous n’avions pas d’abris », expliquait Silver à Forbes. « Maintenant que nous en avons, psychologiquement, nous nous sentons mieux, plus en sécurité. Et en fait, nous sommes plus en sécurité, beaucoup plus en sécurité que les gens de Gaza. »

Lors d’un événement organisé par Women Wage Peace, en 2018, au niveau de la barrière avec Gaza, elle avait déclaré que le gouvernement israélien devait changer d’approche afin d’apporter la paix. « Faites preuve du courage nécessaire pour apporter des changements de politique qui nous apporteront calme et sécurité », avait-elle déclaré, s’adressant au gouvernement. « On ne peut pas revenir à ce qui se faisait avant. »

Faisant appel aux femmes de l’autre côté de la barrière, elle avait déclaré : « Le terrorisme n’améliore pas les choses. Pour personne. Vous aussi méritez le calme et la paix. »

« Elle est incroyable », a dit d’elle à la JTA, dimanche, son amie de longue date et militante, Ariella Giniger. « Elle est intelligente. Elle est drôle et elle fait de grandes choses. C’est une vraie militante de la paix depuis des années et la voir se battre dans de telles conditions… » Sa voix s’est étranglée.

Certaines familles à la recherche de nouvelles de leurs proches ont fait de macabres découvertes. Sur Facebook, une mère a écrit deux messages bouleversants, à neuf heures d’intervalle.

Dans le premier message, publié à minuit samedi, elle écrivait que son fils « avait été enlevé par des terroristes aujourd’hui à son domicile du kibboutz Holit. Si vous avez des informations, merci de nous contacter. »

Un peu après 9 heures, dans la matinée de dimanche, elle a écrit : « Malheureusement, nous avons été informés hier soir que notre beau, généreux et talentueux fils … a été assassiné par des terroristes chez lui à Holit. »

Elle n’a pas souhaité s’exprimer.

Nides dit recevoir de nombreux appels d’Américains inquiets pour leurs proches en Israël. Il a dit les renvoyer vers l’ambassade en Israël.

« Ils ont besoin d’informations ». « Ils veulent savoir ce qui se passe. Ils veulent savoir ce qui se passe, si quelqu’un est en contact avec leurs proches, parce que c’est incroyablement effrayant de se réveiller le matin et de prendre conscience de ce qui s’est passé. »

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