Mitt Romney : la solution à deux Etats est la seule alternative
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Mitt Romney : la solution à deux Etats est la seule alternative

De retour d'Israël, des territoires palestiniens et de Jordanie, l'ancien candidat républicain à la présidence a dit qu'il n'avait pas d'idée pour une autre solution

Le sénateur Mitt Romney, à gauche, et Chris Murphy au Capitol discutent de leur récente tournée au Moyen-Orient, le 30 avril 2019. (Ron Kampeas/JTA)
Le sénateur Mitt Romney, à gauche, et Chris Murphy au Capitol discutent de leur récente tournée au Moyen-Orient, le 30 avril 2019. (Ron Kampeas/JTA)

WASHINGTON (JTA) — Le sénateur Mitt Romney est rentré d’une tournée au Moyen-Orient en déclarant qu’il ne voyait pas d’autre alternative à la résolution du conflit israélo-palestinien que la solution à deux Etats.

L’élu républicain de l’Utah, choisi par son parti pour la présidentielle de 2012, vient juste de prendre la présidence de la sous-commission du Moyen-Orient au Sénat. La conclusion de Romney pourrait bien le mettre en porte-à-faux avec le gouvernement israélien, qui affirme aujourd’hui que la solution à deux États est moribonde, et avec l’administration Trump qui a pris ses distances avec la politique suivie depuis longtemps par les Etats-Unis.

« Je dirais que je ne sais pas quelle autre alternative est possible à part la solution à deux Etats », a déclaré Romney mardi lors de sa première rencontre avec des journalistes depuis son retour de la région la semaine dernière. Personne ne nous a présenté, où que ce soit dans la région, une idée ou une proposition pour quelque chose d’autre qu’une solution à deux Etats ».

Le sénateur du Connecticut Chris Murphy, également membre de la sous-commission, accompagnait Romney et a pris place à ses côtés lors de la réunion au Capitol. Il a acquiescé de la tête, comme pour dire que c’était « exact ».

Leur unité bipartisane sur la question pourrait présager des tensions entre l’administration Trump et le Congrès si le plan de paix tant attendu excluait une solution à deux États. Ses artisans, dont le gendre de Trump Jared Kushner, ont évité, non sans difficulté, d’utiliser l’expression « solution à deux États », même s’ils ont assuré ne pas l’avoir écartée. Kushner a déclaré que le plan serait dévoilé en juin.

Romney a poursuivi en évoquant les dirigeants rencontrés avec Murphy dans les Territoires palestiniens et en Jordanie.

« Ils ont décrit ce qui se produirait s’il n’y avait pas de solution à deux États, qu’il y aurait un Israël – ou un seul État – un Israël comptant 6,6 millions de Palestiniens et 6,6 millions des Juifs, et que les Palestiniens ont des familles plus grandes que les Juifs, alors, au fil du temps, cela deviendrait un État à prédominance palestinienne », a-t-il dit.

« Cela ne semblerait pas être une chose souhaitée par les Israéliens, et quelque chose dont les Palestiniens ont dit que cela correspondrait à une solution satisfaisante pour le gouvernement israélien ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dit à la veille de l’élection du mois dernier qu’il n’y aurait pas d’Etat palestinien sous son mandat et qu’il prévoyait d’annexer certaines parties de la Cisjordanie. Romney a refusé de commenter ces projets.

Romney et Murphy ont rencontré le nouveau Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammed Shtayyeh, mais pas Netanyahu, avec qui ils se sont entretenus séparément par téléphone. Dans les médias israéliens, certains ont suggéré que ce dernier ne voulait pas froisser le président Donald Trump en rencontrant Romney, qui s’est vivement opposé à lui. Le chef du gouvernement israélien était avec sa famille sur le plateau du Golan. Romney a déclaré qu’il avait accepté l’explication de Netanyahu selon laquelle il avait besoin de vacances après l’élection du 9 avril.

(De gauche à droite) Avner, Sara, Benjamin et Yair Netanyahu en vacances sur le Plateau du Golan, le 23 avril 2019. (Crédit : Bureau du Premier ministre)

Romney a indiqué que Shtayyeh avait montré à la délégation une carte des implantations israéliennes en Cisjordanie.

« Il a évidemment expliqué qu’il serait très difficile de dessiner un Etat palestinien étant donné la localisation de ces implantations », a déclaré Romney. « Mais il a décrit la vision la plus extrême de ce qu’Israël pourrait revendiquer en termes de territoire. L’avenir nous le dira, il y aura un processus de négociations qui, je l’espère, sera conduit par notre pays, et j’espère que le cadre de travail qui en ressortira conduira à une discussion positive. Mais l’avenir nous le dira. »

Romney et Murphy ont tous les deux dit que les paiements effectués par l’Autorité palestinienne aux familles palestiniennes de terroristes ayant assassiné des Israéliens compliquaient les efforts du Congrès de renouveler les versements de fonds aux Palestiniens, interrompus par l’administration Trump.

« Je ne pense pas qu’il soit constructif de couper des fonds humanitaires pour tenter de pousser l’Autorité palestinienne vers une crise qui affectera le processus de paix », a déclaré Murphy, « mais l’Autorité palestinienne a rendu cette crise pire qu’elle ne l’était déjà ».

Des réfugiés manifestent contre les États-Unis pour avoir retiré 65 millions de dollars des programmes d’aide palestiniens, devant les bureaux de l’UNRWA dans le camp de réfugiés de Nusseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 17 janvier 2018. (AP Photo/Adel Hana)

Murphy a déclaré que ses interlocuteurs ont dit craindre qu’un échec du plan de paix pourrait déstabiliser la région, particulièrement la Jordanie, un allié clef des Etats-Unis.

« Il y a une réelle préoccupation autour de la réaction de la rue jordanienne devant une proposition de paix qui ne serait pas un cadre sérieux en vue d’une discussion », a fait savoir Murphy. « Toute la région est préoccupée par les éventuelles répercussions politiques dans le cas où cette proposition de paix serait dès le départ vouée à l’échec ».

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