Montmagny : le BNVCA demande que le caractère antisémite soit retenu
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Montmagny : le BNVCA demande que le caractère antisémite soit retenu

Le BNVCA demande au Procureur du Val d'Oise de faire appel de la décision de la juge pour enfants de ne pas retenir le caractère antisémite de l'agression

Des soldats français armés devant l'entrée de l'école juive  'La Source' à Marseille, le 12 janvier 2016. (Crédit : Boris Horvat/AFP)
Des soldats français armés devant l'entrée de l'école juive 'La Source' à Marseille, le 12 janvier 2016. (Crédit : Boris Horvat/AFP)

Le 28 mars dernier, quatre adolescents étaient interpellés dans le Val-d’Oise, peu après l’agression d’un garçon juif de 14 ans qui sortait de la synagogue de Montmagny, apprenait-on le lendemain de sources proches de l’enquête.

La juge pour enfants a décidé de ne pas reconnaître le caractère antisémite de l’agression, contre l’avis du parquet et de la police, selon le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA).

« Le BNVCA est d’autant plus interloqué que le parquet et la police avaient aussitôt retenu le caractère antisémite, du fait que la victime portait la kippa qui lui a été arrachée et volée, et qu’il sortait d’une synagogue, » explique l’association dans un communiqué.

Le garçon a expliqué avoir d’abord été traité de « sale juif » par un groupe de huit jeunes alors qu’il jetait des pétards en compagnie de son frère et de sa sœur dans un parc à proximité de la synagogue, avant la célébration de la fête de Pourim, selon l’une de ces sources proche de l’enquête.

A la fin de l’office, vers 20h, le garçon, aîné de la fratrie, était sorti de la synagogue peu avant sa famille.

C’est alors que, « légèrement isolé », il aurait été encerclé par une dizaine de jeunes qui lui auraient donné des coups, notamment avec une branche d’arbre, cassé ses lunettes et volé sa kippa tout en proférant des insultes antisémites, ont ajouté les sources, confirmant en partie des informations d’Europe 1.

« S’il est vrai qu’il peut s’agir d’une rixe entre jeunes, explique le BNVCA, il faut retenir toutefois que près d’une quinzaine de jeunes gens d’origine africaine et nord-africaine se sont abattus sur l’enfant juif, qu’ils ont frappé, battu, y compris au moyen d’une branche d’arbre, mais que seulement quatre d’entre eux ont été interpellés par la police et déférés devant le Tribunal pour enfants. »

La victime s’est vue prescrire deux jours d’incapacité totale de travail (ITT), a précisé l’une de ces sources.

Vers 22h30, quatre adolescents du quartier – trois de 14 ans et un autre de 15 ans – ont été interpellés par la brigade anti-criminalité (BAC) et placés en garde à vue pour violences aggravées, notamment en raison de la religion.

Sans antécédents, ils « ont reconnu qu’ils étaient présents dans le groupe agresseur », sans donner de précisions, selon une source proche de l’enquête. Deux d’entre eux ont été reconnus par la victime.

Fin janvier, une affaire impliquant dans ce même département, à Sarcelles, un garçon juif de huit ans avait suscité une vive émotion dans la communauté juive et la classe politique.

L’enfant avait rapporté que, alors qu’il portait sa kippa, deux jeunes l’avaient fait tomber avec un croche-pied avant de lui donner quelques coups au sol. Le parquet de Pontoise avait retenu le caractère antisémite de l’agression.

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