Mort de Shalah : les Palestiniens ont « perdu une grande figure nationale »- Abbas
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Mort de Shalah : les Palestiniens ont « perdu une grande figure nationale »- Abbas

L'ex chef du Jihad islamique, mort au Liban, a été enterré dimanche en Syrie, en présence des médias et sous haute sécurité ; L'Iran lui a rendu hommage

Le président de l'Autorité palestinienne en plein discours à Ramallah le 28 janvier 2020, à la suite de l'annonce du plan de paix de Donald Trump. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)
Le président de l'Autorité palestinienne en plein discours à Ramallah le 28 janvier 2020, à la suite de l'annonce du plan de paix de Donald Trump. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)

Des funérailles pour l’ancien chef du groupe terroriste du Jihad islamique palestinien Ramadan Shalah se sont tenues dimanche à Damas, au lendemain de son décès au Liban voisin à l’âge de 62 ans, selon un correspondant de l’AFP.

Le corps de l’ex-secrétaire général du groupe terroriste palestinien du Jihad islamique a été transporté en Syrie depuis un hôpital de Beyrouth tenu par le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, a indiqué à l’AFP une source palestinienne faisant partie du voyage.

Ramadan Shalah, à la tête du groupe terroriste palestinien du Jihad islamique de 1995 jusqu’à la nomination d’un successeur en 2018, souffrait de graves problèmes de santé et se trouvait dans le coma depuis trois ans.

Son nom est inscrit depuis 1995 sur la liste américaine des entités et personnes terroristes. Depuis 2006, il était sur la liste des « terroristes les plus recherchés » du FBI, avec une récompense de cinq millions de dollars.

Shalah est né en 1958 à Gaza. Diplômé en économie d’une université égyptienne, il a ensuite obtenu un doctorat en Grande-Bretagne en 1990.

« Nous disons adieu à un grand homme, un dirigeant éminent (…) qui a tenu haut l’étendard du jihad », a salué son organisation dans un communiqué samedi.

En présence des médias et sous haute sécurité, des funérailles ont été organisées dans le quartier de Mazzé à Damas, a rapporté le correspondant de l’AFP.

Shalah avait été désigné à la tête du Jihad islamique palestinien après l’assassinat, à Malte, de son prédécesseur, Fathi Shikaki, un assassinat qui aurait été attribué à l’Etat juif. C’est Ziad al-Nakhala qui lui avait succédé en 2018.

Al-Nakhala, ainsi que plusieurs autres cadres de factions armées palestiniennes, étaient présents dimanche.

L’évènement a pu avoir lieu grâce à une autorisation spéciale accordée par les autorités syriennes, malgré le confinement imposé dans le cadre de la lutte contre le nouveau coronavirus. Il aurait dû être enterré en Egypte, mais à la dernière minute, les funérailles ont eu lieu en Syrie.

Shalah a été enterré au « cimetière des Martyrs », dans le camp palestinien de Yarmouk en banlieue de Damas, a indiqué le correspondant.

Il s’était exilé en Syrie en 1995 en prenant la direction du Jihad islamique, un mouvement terroriste qui passe pour être lourdement financé par l’Iran et est considéré comme organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis ou l’Union européenne.

Deuxième groupe terroriste islamiste armé dans la bande de Gaza après le Hamas, le Jihad islamique est derrière nombre d’attaques et de tirs contre Israël depuis l’enclave palestinienne sous blocus, où des funérailles symboliques pour Shalah ont été organisées ce dimanche.

En Cisjordanie, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a rendu hommage samedi à Shalah, estimant que le peuple palestinien « a perdu une grande figure nationale ».

Le Jihad islamique, qui est étroitement lié à l’Iran et à la Syrie, est une émanation de la confrérie des Frères musulmans qui avait été formée à Gaza en 1981. Actif à Gaza et en Cisjordanie, il veut la destruction d’Israël et il est responsable de nombreux attentats à la bombe et autres attentats-suicides prenant pour cible les Israéliens et il a lancé des milliers de roquettes depuis Gaza au sein de l’Etat juif.

Dans un message de condoléances diffusé par ses services et adressé « aux courageux Palestiniens de toutes conditions », le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif a déclaré être « profondément affligé » par la perte de Shalah « au terme d’une vie de lutte et combats » au service de « la sainte cause palestinienne et de Jérusalem ».

Zarif salue en Shalah « un personnage pragmatique, intellectuel, sérieux et ingénieux […] particulièrement soucieux […] de l’unité entre gens de tous horizons, entre groupes Palestiniens, et au sein du monde musulman ».

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