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Musique: les artistes israéliens souhaitent un coup de pouce du gouvernement

Les professionnels de l’industrie musicale soutiennent un projet de loi pour obtenir des aides comparables à celles du secteur cinématographique

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Shuli Rand (à l’extrême gauche), Micha Sheetrit, Inbar Nacht à côté de Chili Tropper (au centre), Kobi Oz, Miri Mesika et Shai Tsabari (à l’extrême droite) se réunissent pour évoquer un projet de loi sur l'industrie musicale (Crédit : Autorisation de la Nacht Family Foundation)
Shuli Rand (à l’extrême gauche), Micha Sheetrit, Inbar Nacht à côté de Chili Tropper (au centre), Kobi Oz, Miri Mesika et Shai Tsabari (à l’extrême droite) se réunissent pour évoquer un projet de loi sur l'industrie musicale (Crédit : Autorisation de la Nacht Family Foundation)

L’industrie cinématographique israélienne bénéficie depuis longtemps de soutiens gouvernementaux pour aider à financer les productions. Aujourd’hui, les artistes de l’industrie musicale revendiquent le même régime.

Le projet de loi, dénommé « Loi israélienne sur la musique » sur le modèle de la « Loi israélienne sur le cinéma », permettrait de créer des lignes budgétaires au sein du budget de l’Etat, pour soutenir et pérenniser l’industrie musicale locale.

Le projet a reçu le soutien des artistes Micha Sheetrit, Shuli Rand, Miri Mesika, Kobi Oz, Shai Tsabari, Nitzan Zeira et de bien d’autres, avec l’aide d’Inbar Nacht, avocate dont la Fondation Inbar et Marius Nacht travaille à cette initiative depuis un an.

(Marius Nacht, le mari d’Inbar Nacht, a cofondé Check Point Software et est considéré comme l’un des pères fondateurs de l’industrie israélienne de la cybersécurité.)

« La musique israélienne doit avoir sa place dans le monde, au même titre que le théâtre, le cinéma ou les arts culinaires », a déclaré Oz. « Il est impensable que tous ces artistes aient du succès en dehors des frontières d’Israël, mais pas les artistes musicaux. Si j’ai accès à toute la musique brésilienne que je veux, il n’y a aucune raison pour que [le musicien] Matti Caspi ne soit pas connu ailleurs. »

En 2000, le gouvernement avait adopté une loi concernant le cinéma pour stimuler le financement du cinéma israélien, ce qui a permis aux films israéliens d’être vus partout dans le monde.

« La loi sur le cinéma a relancé l’industrie cinématographique israélienne », a déclaré Nachman Rosenberg, PDG de la Fondation de la famille Inbar et Marius Nacht. « C’est grâce à cette loi que vous voyez des séries comme ‘Fauda’ [diffusées à l’international par Netflix], et il pourrait en être de même pour la musique israélienne. »

La Fondation Nacht finance de nombreuses initiatives culturelles, dont la re-masterisation de 62 classiques israéliens interprétés par 80 artistes israéliens de premier plan. Le projet a employé plus de 1 000 talents de l’industrie de la musique pendant les confinements liés à la COVID-19.

Tout au long des projets musicaux conduits pendant la pandémie, Nacht a pris conscience des défis auxquels l’industrie de la musique était confrontée, et principalement ce que l’on pourrait qualifier de manque d’implication des autorités dans le soutien à la musique israélienne.

« Qui dit culture israélienne, dit musique », a affirmé Rosenberg. « Nous devons réorganiser et redéfinir l’industrie musicale israélienne pour mieux la protéger.»

Nacht et son équipe d’avocats ont travaillé avec des artistes, managers et producteurs pour jeter les bases d’une proposition de loi.

Oz estime qu’une partie du problème, en Israël, vient d’un manque de réglementation. Il n’est pas rare que de grandes structures – écoles ou chaînes de télévision – utilisent la musique d’artistes israéliens sans payer de droits, et il est extrêmement difficile pour les artistes d’obtenir réparation.

« On aimerait que nos chansons nous rapportent de l’argent, mais le public est limité en Israël. On n’est pas aux États-Unis », a déclaré Oz.

« Il n’y a tout simplement pas de réglementation… et c’est à nous, artistes en activité, de faire en sorte qu’elle advienne, pour ceux qui nous ont précédé et ceux qui nous suivront. »

Accompagné d’autres artistes, ainsi que de Rosenberg, de la fondation Nacht, Oz a rencontré le ministre de la Culture, Chili Tropper, qui s’est déclaré déterminé à travailler avec eux pour faire évoluer le projet de loi.

« Il nous a confié que le travail que nous avons fait aurait pris dix ans au gouvernement », a déclaré Rosenberg.

Leur petite commission doit maintenant se rapprocher du ministre de la Justice, Gideon Saar et du ministre des Finances Avigdor Liberman, a ajouté Rosenberg.

« Nous avons à cœur d’expliquer clairement pourquoi cette industrie mérite le soutien des autorités et en quoi ce sera un investissement judicieux », a-t-il précisé.

« C’est de la compétence du ministère de la Culture. Une fois que Tropper aura donné son feu vert, nous pourrons passer à l’étape suivante et tenter d’intégrer les mesures dans le prochain Budget. »

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