Nasrallah critique les Saoudiens pour la “normalisation gratuite avec Israël”
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Nasrallah critique les Saoudiens pour la “normalisation gratuite avec Israël”

Dans un contexte de rumeurs de réchauffement entre Jérusalem et Ryad, le chef du Hezbollah affirme que les pays arabes ont abandonné la cause palestinienne

Hassan Nasrallah pendant la procession de l'Achoura à Beyrouth, le 3 novembre 2014. (Crédit : AFP/STR)
Hassan Nasrallah pendant la procession de l'Achoura à Beyrouth, le 3 novembre 2014. (Crédit : AFP/STR)

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a critiqué jeudi soir l’Arabie saoudite pour le réchauffement apparent de ses relations avec Israël, l’accusant de « normaliser gratuitement, sans rien recevoir en retour ».

Il a prévenu que les récentes rencontres entre Saoudiens et Israéliens, notamment la récente visite à Jérusalem d’un ancien général saoudien et une apparence commune entre un prince du royaume et l’ancien conseiller à la sécurité nationale de Jérusalem, donnaient un « exemple problématique et dangereux » aux autres nations arabes.

Israël, a-t-il déclaré, a effectivement cessé d’être un ennemi pour beaucoup de pays arabes, et la Palestine est devenue un sujet « qui n’est abordé que de manière superficielle. »

Nasrallah a accusé Ryad d’avoir des relations clandestines avec Israël depuis longtemps, mais a été atterré par le passage de la clandestinité à la publicité.

Le prince d'Arabie Saoudite Turki al-Faisal et le chef d'état-major (à la retraite) Yaakov Amidror, ancien conseiller de la sécurité du Premier ministre Benjamin Netanyahu, partagent la scène du Washington Institute, le 5 mai 2016. (Crédit : capture d'écran Washington Institute)
Le prince d’Arabie Saoudite Turki al-Faisal et le chef d’état-major (à la retraite) Yaakov Amidror, ancien conseiller de la sécurité du Premier ministre Benjamin Netanyahu, partagent la scène du Washington Institute, le 5 mai 2016. (Crédit : capture d’écran Washington Institute)

Le ministère saoudien des Affaires étrangères s’est distancé de la récente visite en Israël de la délégation saoudienne, dont faisait partie le général retraité Anwar Eshki, affirmant que ce rare engagement public « ne reflète pas les opinions du gouvernement saoudien. »

Nasrallah a cependant rejeté la possibilité que la visite n’ait pas été autorisée.

« Elle n’aurait pas pu avoir lieu sans l’accord du gouvernement saoudien. Nous savons comment les choses fonctionnent ici. En Arabie saoudite, une personne peut être fouettée simplement pour un tweet », a-t-il déclaré.

Le chef du Hezbollah a déclaré penser que Ryad « testait l’eau », et a prévenu qu’il pourrait même bientôt reconnaître l’Etat juif.

« Où sont les Palestiniens ? […] Ce principe a été vendu », a-t-il déploré.

L'ancien général, le Dr Anwar Eshki (au centre avec une cravate rayée), et d'autres membres de la délégation saoudienne  ont rencontré des députés et des responsables israéliens au cours d'une visite en Israël, le 22 juillet 2016. (Crédit : Twitter)
L’ancien général, le Dr Anwar Eshki (au centre avec une cravate rayée), et d’autres membres de la délégation saoudienne ont rencontré des députés et des responsables israéliens au cours d’une visite en Israël, le 22 juillet 2016. (Crédit : Twitter)

Récemment, Eshki et un groupe de chercheurs et d’hommes d’affaires saoudiens se sont rendus en Israël. A Jérusalem, Eshki a rencontré le directeur du ministère israélien des Affaires étrangères, Dore Gold, et un groupe de députés. Les rencontres auraient eu lieu à l’hôtel King David de Jérusalem, et pas dans des locaux gouvernementaux.

Les députés Issawi Frej et Michal Rozin (Meretz) et Ksenia Svetlova (Union sioniste), qui ont pris part aux réunions, ont déclaré que les Saoudiens étaient désireux de générer un discours israélien sur l’Initiative de paix arabe.

Eshki a cependant déclaré à la radio militaire que des relations normalisées entre Israël et le monde arabe dépendaient de la mise en place d’un accord de paix avec les Palestiniens. « Il n’y aura pas de paix avec les pays arabes tant qu’il n’y aura pas la paix avec les Palestiniens », a-t-il souligné.

La délégation saoudienne a également visité Ramallah, en Cisjordanie, et a rencontré le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, ainsi que d’autres responsables palestiniens.

Eshki avait précédemment rencontré Gold. En 2015, les deux hommes avaient partagé la scène d’une conférence à Washington, et s’étaient serrés la main. Tous deux avaient adopté l’idée d’une paix israélo-saoudienne, et identifié l’Iran comme plus grande menace à la stabilité régionale.

Eshki avait à l’époque déclaré à la Dixième chaîne israélienne que lui et Gold s’étaient assis ensemble « pour appeler à la paix au Moyen Orient. » Il avait ajouté que « Saoudiens et Israéliens pourraient travailler ensemble quand Israël annoncera qu’il accepte l’initiative [de paix] arabe. »

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