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Nasrallah rencontre des chefs du Hamas après avoir rencontré le Jihad islamique

Le groupe terroriste libanais aurait l'intention de semer le trouble, alors qu'Israël et le Liban seraient sur le point de conclure un accord sur le conflit frontalier maritime

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, rencontrant les dirigeants du Hamas au Liban, le 28 août 2022. (Crédit : Twitter)
Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, rencontrant les dirigeants du Hamas au Liban, le 28 août 2022. (Crédit : Twitter)

Hassan Nasrallah, chef du groupe terroriste du Hezbollah libanais, a rencontré dimanche à Beyrouth une délégation de hauts responsables du Hamas, selon l’agence de presse Akhbar Al Yawm, basée au Liban.

Nasrallah a rencontré d’importants décideurs de l’organisation terroriste basée à Gaza, dont le cheikh Saleh al-Arouri, chef adjoint du bureau politique du groupe, et les hauts responsables Khalil al-Hayya et Osama Hamdan, selon le média libanais.

Hamdan est basé au Liban et fait office de représentant principal du Hamas dans le pays. Il a été le représentant officiel du groupe en Iran entre 1994 et 1998.

Au cours de leur rencontre, Nasrallah et les responsables du Hamas ont passé en revue « les derniers développements politiques et pratiques en Palestine, au Liban et dans la région, en particulier les récentes confrontations dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem », selon un communiqué du Hezbollah publié après la réunion.

La réunion a également porté sur « l’issue possible de la situation dans la région, au vu des [récents] développements ».

Cette réunion a eu lieu quelques jours après que Nasrallah a discuté des développements régionaux avec le chef du groupe terroriste du Jihad islamique palestinien, Ziyad Nakhaleh.

Le leader du Hezbollah Hassan Nasrallah, à droite, et le chef du Jihad islamique palestinien, Ziyad Nakhaleh, au Liban, le 24 août 2022. (Capture d’écran : Twitter)

Un reportage du média libanais Al Mayadeen, affilié au Hezbollah, a laissé entendre qu’une future plausible coopération entre le Hezbollah et le Jihad islamique a été évoquée lors de cette réunion, affirmant que les deux hommes ont discuté « des rôles attendus des différentes parties de l’axe de la résistance lors de la prochaine étape. » Le média n’a pas précisé ce que cette « prochaine étape » pourrait impliquer.

Les deux réunions ont eu lieu alors que les tensions s’intensifient entre Israël et le Hezbollah – mandataire libanais de l’Iran – au sujet de champs offshore censés contenir des gisements de gaz naturel et de menaces répétées de Nasrallah qui ont suscité des inquiétudes en Israël quant à un éventuel embrasement de sa frontière nord.

Israël et le Liban seraient sur le point de conclure un accord sur leur différend frontalier maritime. Mais les responsables de la défense israélienne craignent que Nasrallah ne cherche à provoquer Israël une fois de plus dans l’espoir de pouvoir se prévaloir de toute concession israélienne qui serait faite avant la signature d’un accord.

Début juillet, le Hezbollah a envoyé plusieurs drones vers le champ gazier israélien de Karish, qui ont été abattus par l’armée israélienne. De plus, Nasrallah a averti, au début du mois, que « la main » qui cherchera à voler les richesses du Liban « sera coupée ».

Le chef du Hezbollah, Sheik Hassan Nasrallah, s’exprimant via une liaison vidéo, tandis que ses partisans lèvent la main, lors de la fête sainte chiite de l’Achoura, dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 9 août 2022. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)

La dernière rencontre officielle entre les dirigeants du Hezbollah et du Hamas a eu lieu en juin 2021, lorsque Nasrallah a rencontré le chef du bureau politique du Hamas, Ismail Haniyeh, à Beyrouth, dans le cadre d’une série de réunions de haut niveau qu’il a tenues dans le monde arabe.

Six mois plus tôt, les deux hommes avaient discuté de ce qu’ils considéraient comme des menaces émergentes résultant des accords de normalisation signés entre Israël, les Émirats arabes unis et Bahreïn en septembre 2020, soulignant la nécessité de stabiliser l' »axe de résistance » contre Israël.

Mais les deux groupes ne se sont toujours pas coordonnés et se sont même retrouvés dans des camps opposés, à certains moments.

Les relations entre le Hamas et l’Iran ont commencé peu après la création du Hamas en 1987, principalement grâce au soutien financier offert par Téhéran, selon le Centre de recherche et d’éducation Alma.

Cependant, au début de la guerre civile syrienne en 2011, le Hamas s’est aligné sur le camp des rebelles qui combattaient l’axe chiite radical dirigé par l’Iran. Cela a finalement conduit le Hamas à modifier son alliance avec les Frères musulmans et, par conséquent, à abandonner l’axe chiite radical, ce qui a entraîné des frictions permanentes avec le Hezbollah, selon Alma.

Le chef du Hamas Ismail Haniyeh saluant des sympathisants lors d’une visite du camp Ain al-Hilweh, le plus grand camp de réfugiés palestiniens au Liban, près de la ville de Sidon dans le sud du pays, le 6 septembre 2020. (Crédit : Mahmoud Zayyat/AFP)

Cette situation a perduré pendant plusieurs années, le Hamas avançant régulièrement ses plans opérationnels dans le sud du Liban de manière indépendante, sans tenir compte des objectifs du Hezbollah ni le notifier de ses plans.

Mais en 2017, l’Iran et le Hezbollah ont accepté de mettre de côté leurs différends avec le Hamas et de se concentrer à nouveau sur leurs objectifs communs – un front uni contre Israël.

À la suite d’une série de réunions en mai de la même année entre les dirigeants du Hamas et du Hezbollah sous les auspices de l’Iran, Téhéran a accepté d’augmenter son soutien au Hamas, qui, à son tour, a également accru ses efforts pour établir un centre militaire au Liban.

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