Netanyahu a parlé au dirigeant ukrainien pour rétablir le pèlerinage à Ouman
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Netanyahu a parlé au dirigeant ukrainien pour rétablir le pèlerinage à Ouman

Le Premier ministre a exhorté Volodymyr Zelensky à accepter le "Passeport vert", alors que la communauté Breslev menace de boycotter les élections si le pèlerinage reste interdit

Des gardes-frontières ukrainiens bloquent la route aux pèlerins juifs à la frontière entre la Biélorussie et l'Ukraine, en Biélorussie, le 15 septembre 2020. (TUT.by via AP)
Des gardes-frontières ukrainiens bloquent la route aux pèlerins juifs à la frontière entre la Biélorussie et l'Ukraine, en Biélorussie, le 15 septembre 2020. (TUT.by via AP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est entretenu vendredi avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour tenter de faire reconnaître par Kiev le « Passeport vert » israélien pour les personnes vaccinées afin d’autoriser les voyages en Ukraine, notamment pour les pèlerins hassidiques à Ouman.

Netanyahu a déclaré qu’ils ont parlé de « la coopération sur le vaccin et de la reconnaissance du passeport vert d’Israël afin que les vaccinés puissent bientôt se rendre en Ukraine, et notamment à Ouman. »

Les relations ont été tendues l’année dernière lorsque des milliers de pèlerins juifs ont tenté de se rendre à Ouman pour Rosh HaShana, le nouvel an juif, malgré l’interdiction de voyager en raison du coronavirus imposée par l’Ukraine, ce qui s’est soldé par une confrontation tendue entre les pèlerins et les gardes ukrainiens aux frontières avec la Biélorussie et la Moldavie.

À Ouman, des dizaines de milliers de Juifs hassidiques se rendent habituellement sur la tombe de Rabbi Nahman de Breslev pour la fête de Rosh HaShana.

Des pèlerins à Ouman sur le tombeau de rabbi Nahman de Breslev, le 7 septembre 2013. (Crédit : Yaakov Naumi/Flash90/via JTA)

L’incident a provoqué une grande colère au sein de la communauté Breslev, qui a accusé les autorités israéliennes et les partis ultra-orthodoxes de ne pas en faire assez pour l’aider, après que le responsable de la lutte contre le coronavirus de l’époque, Ronni Gamzu, se soit adressé directement à Zelensky, sans en informer Netanyahu, pour lui demander d’empêcher le pèlerinage, craignant que le retour des pèlerins ne fasse augmenter les taux d’infection dans l’État juif.

Le président Reuven Rivlin rencontre le président ukrainien Volodymyr Zelensky (à gauche) à la résidence du président à Jérusalem, le 24 janvier 2019. (Mark Neyman/GPO)

La conversation de Netanyahu vendredi est intervenue après que la communauté Breslev a menacé de boycotter les prochaines élections du 23 mars à cause de cette question, avec des militants qui ont posé des affiches disant « Mon Rosh HaShana est au-dessus de tout. Nous ne nous rendrons pas aux urnes ».

Les affiches avaient barré les symboles des deux partis ultra-orthodoxes, Yahadout HaTorah et le Shas, et avertissaient : « La communauté Breslev dit d’une voix claire : nous n’oublierons pas, nous ne pardonnerons pas. »

Plus tôt vendredi, les députés de Yahadout HaTorah ont signé un engagement promettant de travailler pour permettre aux pèlerinages d’avoir lieu cette année, a rapporté la Douzième chaîne.

Yahadout HaTorah et le Shas sont des alliés clés de Netanyahu dans une compétition qui est considérée comme très serrée.

L’interdiction de se rendre à Ouman a suscité une grande colère, avec des scènes où des fidèles ont été retenus jusqu’à 17 heures dans les aéroports ukrainiens, tandis que ceux qui ont réussi à entrer dans le pays avant se sont heurtés à la population locale.

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux ont montré des foules en colère affrontant les pèlerins, les poussant et les bousculant alors qu’ils tentaient de les empêcher d’entrer dans des appartements qu’ils avaient loués. Des résidents ont crié en ukrainien aux hassidim de sortir et leur ont dit qu’ils agissaient dangereusement.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, il y a eu 1 425 522 cas confirmés de COVID-19 en Ukraine, avec 27 685 décès. Avec des taux journaliers toujours élevés, le pays a connu une large résistance à la vaccination.

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