Netanyahu à Trump : Israël ne veut pas gouverner les Palestiniens
Le Premier ministre a dit au président qu'Israël doit encore se protéger ; le "prix" qu'Israël aurait à payer pour la reconnaissance de Jérusalem n'ayant pas encore été abordé
Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

WASHINGTON – Moins du quart de sa rencontre avec le président américain Donald Trump lundi a été consacré à la question palestinienne, a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu aux journalistes quelques heures après que les dirigeants se sont retrouvés à la Maison Blanche.
« La question palestinienne a été abordée dans les termes que j’ai décrits – la question sécuritaire », a dit M. Netanyahu. « Pas plus d’un quart du temps [nous avons discuté] des Palestiniens. »
Le Premier ministre israélien a ajouté que l’administration Trump ne lui a pas fait connaître son plan de paix tant attendu, que les responsables ont déclaré qu’ils finalisaient et prévoyaient de dévoiler dans un avenir proche. Ils n’ont donné aucun calendrier précis.
Pour sa part, Netanyahu ne dit pas s’il est favorable à l’émergence d’un état palestinien dans le cadre de ce plan.
« Je ne l’ai pas nommé, mais je l’ai défini : les Palestiniens devraient avoir le pouvoir de gouverner, à l’exception du pouvoir de nous menacer », a-t-il dit.
Interrogé par le Times of Israel pour savoir s’il avait dit à Trump qu’il soutenait, au moins en principe, l’établissement d’un état palestinien, Netanyahu a simplement répondu qu’il avait dit au président qu’il ne voulait pas qu’Israël gouverne les Palestiniens.
« J’ai dit que nous ne voulions pas gouverner les Palestiniens, mais que nous voulions absolument nous protéger », a-t-il dit. « Le plus important, c’est que le contrôle de sécurité à l’ouest du Jourdain reste entre nos mains, et que personne d’autre ne peut assumer cette responsabilité. »
« Vous pouvez vous lancer dans des spéculations, mais je me fiche des spéculations, » a-t-il poursuivi. « Les slogans ne servent à rien. Qu’est-ce que ça veut dire ? De quel état parlez-vous ? C’est le Costa Rica ou le Hamastan ? Est-ce la Suisse ou l’Iran ? Est-il démilitarisé ? Qui l’a démilitarisé ? Qui garantit cette démilitarisation ? Je l’ai dit, il n’y a qu’une seule puissance qui peut le faire – et c’est Israël. Cela correspond-il à ce que le monde appelle un état ? Je ne sais pas trop. Mais ça correspond à la solution dont j’ai besoin. »
Répondant à une question complémentaire sur la question de savoir s’il a dit à Trump qu’il était essentiel qu’Israël se sépare des Palestiniens pour préserver son statut de démocratie à majorité juive, Netanyahu a répondu : « J’ai dit que nous ne voulions pas les gouverner – et nous ne le voulons pas. Je ne suis pas intéressé à les gouverner à Naplouse ou à Ramallah. »
Il a également été demandé à Netanyahu si Trump ne lui avait jamais expliqué ce qu’il entendait par ses déclarations antérieures selon lesquelles Israël aurait un « prix à payer » pour sa décision de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y installer l’ambassade des États-Unis. « Ce n’est pas arrivé », a-t-il dit. « Pas dans cette construction. »
Quand on lui a demandé s’il en avait déjà parlé, Netanyahu a répondu qu’il ne s’en souvenait pas.
« Ce n’est certainement pas arrivé aujourd’hui », a-t-il indiqué.
Malgré le fait que le gendre du président Trump et conseiller principal Jared Kushner, qui est également le principal responsable du processus de paix, a récemment vu sa cote se déprécier, le dirigeant israélien a déclaré que cette question n’avait pas été abordée lors de leurs discussions, auxquelles Kushner avait lui-même participé. Nous n’avons pas parlé de Kushner », a dit Netanyahu.
Evasif concernant l’Iran – qui pour M. Netanyahu est une « question centrale » – et la question spécifique de la signature ou non de l’accord nucléaire de 2015, M. Netanyahu a déclaré que le président a « 60 jours pour décider » de prendre des mesures concernant l’accord. « Il a été très sensible à mes observations sur le sujet. »
Il faisait référence à l’échéance imposée aux législateurs pour apporter unilatéralement des changements à l’accord nucléaire de 2015 – contre lequel Netanyahu est farouchement opposé. Si ces changements ne sont pas apportés, Trump menace de rompre l’accord.
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