Netanyahu : accord ou pas, Israël empêchera un Iran nucléaire
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Netanyahu : accord ou pas, Israël empêchera un Iran nucléaire

Téhéran viole à nouveau l'accord en restreignant l'accès des inspecteurs de l'AIEA, ce qui a conduit le Premier ministre à lancer un avertissement à l'Iran

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une cérémonie à Tel Hai le 23 février 2021. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une cérémonie à Tel Hai le 23 février 2021. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Accord ou non, Benjamin Netanyahu a déclaré mardi qu’Israël ferait tout son possible pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.

Le Premier ministre réagissait à une information de la télévision d’Etat iranienne qui annonçait que Téhéran commençait à limiter l’inspection de ses installations nucléaires par l’AIEA.

« A la veille de Pourim je tiens à rappeler à ceux qui cherchent à nous nuire (l’Iran et ses supplétifs dans la région) qu’il y a 2 500 ans, un autre tyran persan a essayé de détruire le peuple Juif. Il échoua comme vous échouerez à le faire », a déclaré le Premier ministre se référant à l’Histoire de Pourim, lors d’une allocution dans le cadre d’une cérémonie dans la ville de Tel Hai, située dans le Nord du pays.

Ciblant directement les responsables iraniens, Netanyahu a affirmé qu’Israël ne permettrait pas à « [leur] régime tyrannique et agressif » de se doter d’armes nucléaires.

« Nous ne laisserons pas le régime des Ayatollahs mettre fin à la résurrection du peuple Juif en Terre d’Israël, que des générations et des générations ont attendu et qui coûta un effort considérable », a poursuivi le Premier ministre.

« Nous n’avons aucune confiance dans un accord avec un régime aussi extrémiste que le vôtre » a-t-il continué. Les déclarations de Netanyahu risquent de mettre à mal l’administration Biden qui, depuis son arrivée à Washington, tente de renouer avec l’accord de 2015, duquel Donald Trump avait retiré les Etats-Unis en 2018.

Le Premier ministre a ajouté : « Accord ou non, Israël fera tout ce qui est nécessaire pour que vous ne disposiez pas d’armes nucléaires ».

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, AIEA, Rafael Mariano Grossi, à droite, s’entretient avec le porte-parole de l’agence atomique iranienne Behrouz Kamalvandi à son arrivée à l’aéroport Imam Khomeini de Téhéran, le 20 février 2021. (Crédit : Organisation de l’énergie atomique d’Iran via AP)

Lundi, le Premier ministre a organisé la première réunion interministérielle pour discuter de la position qu’Israël doit ou devra adopter face à l’Iran, depuis l’arrivée à Washington de la nouvelle administration Biden.

Le ministre de la Défense, le ministre des Affaires étrangères, le chef d’état-major des Armées, le chef du Mossad et l’ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis ont participé à cette réunion.

Selon le site d’information Walla, les anciens directeurs du Centre de la sécurité nationale (Yaakov Amidror et Yaakov Nagel) ont également participé à la réunion, à la demande de Netanyahu. Ces derniers sont considérés comme des « faucons » et tiennent des positions bellicistes face à l’Iran. Ce qui convient mieux aux positions personnelles du Premier ministre sur la question.

Amidror participa à l’élaboration de l’accord avec son homologue américaine, Susan Rice. Nagel, un expert en nucléaire, participa également aux négociations en tant que conseiller. Cependant il resta plus longtemps qu’Amidror et dirigea les pourparlers avec l’administration Trump lors de la stratégie américaine de « pression maximale » menée contre l’Iran.

L’ancien conseiller à la sécurité nationale Yaakov Amidror avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une cérémonie d’adieu en l’honneur d’Amidror, le 3 novembre 2013. (Crédit photo: Kobi Gideon / GPO / Flash90)

Ron Dermer, prédécesseur d’Erdan et proche collaborateur de Netanyahu, devrait également servir de conseiller externe sur la question, à son retour en Israël prévu dans quelques semaines.

Selon Walla, Kohavi et Cohen lors de la réunion de lundi, ont défendu l’idée d’une position conciliante à l’égard de l’administration américaine sur la question de l’accord. Ils pensent tout les deux qu’il ne faudrait pas qu’Israël se mette à dos la nouvelle administration.

« Notre position sur l’accord n’a pas changé. En revanche, nous voulons travailler aux côtés des États-Unis, dans une ambiance apaisée. Nous souhaitons avoir une discussion constructive avec elle », a déclaré un haut fonctionnaire.

Selon Reuters, Netanyahu souhaite déléguer les discussions sur l’Iran à de hauts fonctionnaires pour éviter des tensions personnelles entre lui et Biden.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le conseiller à la sécurité nationale Yaakov Nagel, pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans les bureaux du Premier ministre, à Jérusalem, le 18 septembre 2016. (Crédit : Marc Israel Sellem/Flash90)

« L’objectif est de tout régler à ce niveau et de garder un canal de discussion avec l’administration Biden ouvert », a déclaré un haut fonctionnaire israélien à Reuters. « Il est évident que cela présente des avantages quand il y a un risque de ‘douche froide’ au niveau de la direction ».

Israël souhaite éviter le conflit avec la nouvelle administration, selon la radio de l’Armée.

Mardi, la radio Kan a rapporté que de hauts fonctionnaires israéliens et saoudiens se sont téléphonés pour discuter ensemble de l’ambition de Washington de réintégrer l’accord sur le nucléaire iranien.

Au cours de ces conversations téléphoniques, les Saoudiens ont fait part de leurs inquiétudes concernant les ambitions de Washington. Ils n’ont pas non plus apprécié que l’administration américaine ait ciblé les multiples violation des droits de l’Homme dans le royaume, toujours selon la radio Kan.

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