Netanyahu annule un voyage en Inde moins d’une semaine avant son départ
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Netanyahu annule un voyage en Inde moins d’une semaine avant son départ

Le Premier ministre indique que les "contraintes de calendrier" induites par la période électorale avaient précipité cette annulation tardive

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre indien Narendra Modi, (à droite), et le Premier ministre Benjamin Netanyahu posent pour des photographes après l'arrivée du leader israélien à l'aéroport de New Delhi le 14 janvier 2018. (PRAKASH SINGH / AFP)
Le Premier ministre indien Narendra Modi, (à droite), et le Premier ministre Benjamin Netanyahu posent pour des photographes après l'arrivée du leader israélien à l'aéroport de New Delhi le 14 janvier 2018. (PRAKASH SINGH / AFP)

Moins d’une semaine avant son décollage pour l’Inde, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annulé mardi un voyage prévu dans le pays, attisant des rumeurs faisant état d’autres visites de haut rang qui pourraient avoir lieu avant les élections du mois de septembre.

Il avait été confirmé que le Premier ministre s’envolerait pour New Delhi pour une visite de vingt-quatre heures le 9 septembre, au cours de laquelle il devait rencontrer son homologue, le nationaliste indien Narendra Modi et signer un certain nombre d’accords bilatéraux. Selon des informations rendues publiques dans la presse locale, des conventions commerciales étaient sur la table, en particulier dans l’industrie de la défense.

Mais Netanyahu a appelé Modi mardi matin pour lui dire qu’il était actuellement dans l’incapacité de se rendre en Inde.

« Tous deux ont convenu qu’en raison de contraintes de calendrier, la visite du Premier ministre s’effectuerait après les élections », a indiqué le porte-parole de Netanyahu, Shir Cohen, dans un court communiqué qui a été envoyé aux journalistes.

Le déplacement prévu du Premier ministre à New Delhi, en amont du scrutin du 17 septembre, avait été largement considéré comme une initiative visant à dynamiser la stratégie électorale déroulée par son parti du Likud, qui n’a cessé de souligner les liens étroits de Benjamin Netanyahu avec les dirigeants du monde.

Modi est l’un des trois hommes d’Etat étrangers – avec le président américain Donald Trump et le russe Vladimir Poutine — à apparaître sur les affiches de campagne gigantesques accrochées aux abords du siège du Likud, à Tel Aviv.

Netanyahu et Modi sont de proches amis au niveau personnel qui s’échangent régulièrement, en public, éloges et autres bons vœux. Netanyahu a placé une photo de lui marchant pieds nus aux côtés du Premier ministre indien sur une plage de Tel Aviv dans son bureau de Jérusalem – que tous les hauts responsables en visite peuvent voir.

L’annulation si tardive de cette visite a attisé les rumeurs selon lesquelles Netanyahu aurait programmé un autre événement de haut rang à ce moment-là – peut-être une visite en Israël de Trump ou de Poutine. D’autres spéculations ont envisagé que le Premier ministre lui-même pourrait aller à Moscou ou à Washington pour un voyage pré-électoral.

Le bureau du Premier ministre s’est refusé mardi à tout commentaire.

Lundi, les médias en hébreu ont fait savoir que Jérusalem avait discuté avec la Maison Blanche d’un geste du président américain qui prouverait l’attachement des Etats-Unis à la sécurité de l’Etat juif dans les prochains jours, avec notamment une déclaration possible de la part des deux alliés sur leur intention de conclure un pacte de défense.

Les deux hommes espèrent utiliser cette initiative pour renforcer les chances électorales du Premier ministre israélien avant le vote du 17 septembre, a noté Haaretz.

Le mois dernier, au cours d’un séjour de quarante-huit heures en Ukraine, Netanyahu avait confirmé son voyage en Inde, mais avait indiqué qu’il n’avait aucun autre projet de voyage avant les élections. Il avait néanmoins souligné que les choses pouvaient changer.

L’Inde n’est pas le premier pays dans lequel Netanyahu a finalement renoncé à se rendre pendant ce cycle électoral. Il y a quelques semaines, il avait annulé un déplacement programmé au Japon quelques jours avant son départ.

Selon Haaretz, le Premier ministre japonais Shinzo Abe avait accepté d’accueillir le responsable israélien le 29 juillet, mais la visite avait été soudainement annulée dix jours avant l’arrivée de Netanyahu à Tokyo.

« Comme ça. Comme si ce n’était rien. Tokyo a été sous le choc. Sous le choc, avec également un sentiment de colère et d’humiliation », avait écrit le journaliste et analyste aguerri du journal, Yossi Verter, au sujet de la réaction des Japonais.

Une source israélienne ayant participé aux préparatifs du voyage de Netanyahu avait dit au journal qu’il n’avait pas été annulé, mais simplement reporté.

Yaïr Lapid en avait alors profité pour rencontrer les ministres des Affaires étrangères et de la Défense nippons.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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