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Netanyahu contre l’accord américano-iranien qui prévoit le dégel d’avoirs iraniens

Israël s'oppose à tout accord avec l'Iran qui n'inclurait pas le démantèlement du programme nucléaire, arguant que tous les fonds que Téhéran recevra seront acheminés vers des milices

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu assistant à la réunion hebdomadaire du cabinet, dans le Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 30 juillet 2023. (Crédit : Abir Sultan/Pool/AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu assistant à la réunion hebdomadaire du cabinet, dans le Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 30 juillet 2023. (Crédit : Abir Sultan/Pool/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est prononcé samedi contre l’accord de principe conclu entre les États-Unis et l’Iran, qui prévoit la libération par ce dernier de cinq détenus américains en échange du déblocage de plusieurs milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés.

« La position d’Israël est connue, selon laquelle les accords qui ne démantèlent pas l’infrastructure nucléaire de l’Iran n’arrêteront pas son programme nucléaire et ne feront que lui fournir des fonds qui iront à des éléments terroristes parrainés par l’Iran », a déclaré le Bureau de Netanyahu dans un communiqué.

L’accord annoncé jeudi, ainsi que le transfert par l’Iran des détenus américains de la prison à l’assignation à résidence, ont été conclus après des mois de négociations indirectes entre les responsables américains et iraniens.

Les détails du transfert de fonds, le calendrier de sa réalisation et la libération finale des prisonniers américains et iraniens ne sont pas encore clairs. Toutefois, les responsables américains et iraniens estiment que l’accord pourrait être conclu d’ici la mi- ou la fin septembre.

Dans le cadre de cet accord provisoire, les États-Unis ont donné leur accord à la Corée du Sud pour convertir en euros les avoirs iraniens gelés détenus dans ce pays, dans la monnaie sud-coréenne, le won.

Cet argent serait ensuite envoyé au Qatar, un petit pays de la péninsule arabique riche en énergie, qui a joué le rôle de médiateur dans les pourparlers. Le montant envoyé par Séoul pourrait être compris entre 6 et 7 milliards de dollars, en fonction des taux de change. L’argent liquide représente l’argent que la Corée du Sud devait à l’Iran – mais qu’elle n’avait pas encore payé – pour le pétrole acheté avant que l’Administration Trump n’impose des sanctions sur ces transactions en 2019.

Les États-Unis soutiennent qu’une fois au Qatar, l’argent sera maintenu sur des comptes restreints et ne pourra être utilisé que pour des produits humanitaires, tels que des médicaments et de la nourriture. Ces transactions sont actuellement autorisées malgré les sanctions américaines visant la République islamique en raison de l’avancement de son programme nucléaire.

Des centrifugeuses dans l’installation d’enrichissement d’uranium de Natanz près de Natanz, en Iran, le 5 novembre 2019. (Crédit : Organisation iranienne de l’énergie atomique via AP/Dossier)

Certains Iraniens ont contesté l’affirmation des États-Unis, affirmant que Téhéran aura un contrôle total sur les fonds.

Un article paru jeudi dans le New York Times citait deux responsables israéliens qui affirmaient que l’échange de prisonniers faisait partie d’un ensemble plus large d’accords entre Téhéran et Washington, qui travaillaient à un arrangement informel visant à limiter le programme nucléaire iranien.

Toutefois, les autorités américaines ont nié à plusieurs reprises que les pourparlers étaient liés au programme nucléaire iranien.

Le Wall Street Journal a rapporté vendredi que l’Iran avait ralenti son enrichissement d’uranium de qualité quasi-militaire et réduit une petite partie de son stock. Téhéran a démenti cette information.

Pour l’Iran, des années de sanctions américaines suite au retrait de l’ancien président américain Donald Trump de l’accord nucléaire de 2015 (JCPOA) avec les puissances mondiales ont écrasé son économie déjà mal en point.

Le déblocage de son argent en provenance de Corée, même s’il n’est versé que dans de strictes circonstances, pourrait donner un coup de fouet à son économie.

Une femme passant devant une porte recouverte d’une peinture murale représentant des otages américains et des détenus hors des États-Unis, dans le quartier de Georgetown, à Washington, le 20 juillet 2022. (Crédit : Patrick Semansky/AP)

Selon les États-Unis, l’administration du président Joe Biden a tenté de ramener l’Iran dans l’accord, qui s’était effondré après le retrait de Trump en 2018. L’année dernière, les pays impliqués dans l’accord initial avaient proposé à Téhéran ce qui a été décrit comme leur dernière et meilleure feuille de route pour rétablir l’accord. L’Iran ne l’avait pas acceptée.

Néanmoins, les fanatiques iraniens au Congrès et les détracteurs extérieurs du JCPOA ont critiqué le nouvel arrangement, comparant le transfert d’argent à des paiements de rançon qui encourageraient Téhéran à continuer à faire des prisonniers.

En dehors des tensions liées à l’accord nucléaire et aux ambitions atomiques de l’Iran, une série d’attaques et de saisies de navires au Moyen-Orient ont été attribuées à Téhéran depuis 2019.

Le Pentagone envisage un plan visant à embarquer des troupes américaines pour surveiller les navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20 % de toutes les cargaisons de pétrole sortant du golfe Persique.

Un important déploiement de marins et de marines américains, ainsi que de F-35, de F-16 et d’autres avions, est également en cours dans la région. Parallèlement, l’Iran fournit à la Russie les drones porteurs de bombes que Moscou utilise pour cibler des sites en Ukraine dans le cadre de sa guerre contre Kiev.

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