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Netanyahu défend sa commission d’enquête politique sur le 7-Octobre

Le Premier ministre a affirmé que son modèle de "commission spéciale", dont les membres seront nommés par des politiques, sera le plus à même d'examiner les atrocités du pogrom

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime dans un message vidéo depuis son bureau, le 22 décembre 2025. (Capture d'écran/ GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime dans un message vidéo depuis son bureau, le 22 décembre 2025. (Capture d'écran/ GPO)

Dans une vidéo dans laquelle il a défendu la décision prise par son gouvernement de créer une commission d’enquête dont les membres, nommés par les politiques, seront chargés d’enquêter sur les défaillances qui ont entouré le pogrom commis par le Hamas, le 7 octobre 2023, au détriment de la commission indépendante que la majorité de la population appelle de ses vœux, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé lundi que l’événement était d’une telle envergure qu’il nécessitait la mise en place « d’une commission spéciale ».

Si un vote au Parlement doit encore entériner le projet, la procédure dévoilée par le dirigeant israélien lundi est sensiblement différente de celle qui est normalement prévue.

Selon la loi israélienne, la décision de créer une commission nationale d’enquête revient au gouvernement mais c’est le président de la Cour suprême qui est chargée d’en nommer les membres.

Or le gouvernement Netanyahu formé en décembre 2022, l’un des plus à droite de l’histoire d’Israël, accuse le président de la Cour, Isaac Amit, d’être biaisé et hostile, et refuse qu’il soit chargé des nominations.

« Il s’agira d’une commission d’enquête équitable », a-t-il assuré, ajoutant que ni le gouvernement ni l’opposition – qui devront chacun choisir la moitié des membres du panel – « n’auront d’avantage dans la nomination des membres de la commission ».

Toutefois, le projet de loi controversé, tel qu’il est présenté stipule que si l’opposition refuse de coopérer en sélectionnant la moitié des membres de la commission, c’est le président de la Knesset qui désignera les membres restants, accordant ainsi à la coalition le contrôle total de l’enquête.

Le président de la Cour suprême Isaac Amit, à la Cour suprême de Jérusalem, le 1ᵉʳ décembre 2025. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

« Le gouvernement aurait pu créer une commission d’examen gouvernementale, dont la composition aurait uniquement été déterminée par le gouvernement », a soutenu le Premier ministre. « Mais j’ai estimé qu’une telle commission ne gagnerait la confiance que d’une partie de la population ».

« De la même manière, une commission d’enquête dont la composition serait exclusivement déterminée par le juge Isaac Amit, comme le propose l’opposition, ne gagnerait la confiance que d’une petite partie de la population qui y croit », a poursuivi Netanyahu, qui a évité de désigner le président de la Cour suprême par son titre.

Des sondages successifs ont néanmoins révélé que la grande majorité des citoyens était favorable à une commission d’enquête nationale – dont les membres seraient soit nommés exclusivement par Amit, soit en collaboration avec son adjoint, le juge Noam Sohlberg, deux options que Netanyahu a écartées.

La commission des Lois a voté, dans la journée de lundi, en faveur de la législation controversée qui ouvrirait la porte à la création d’une nouvelle forme de commission d’enquête, dont les membres seraient choisis par la Knesset plutôt que par le président de la Cour suprême, comme le prévoit la loi actuelle en la matière.

Netanyahu a ensuite répété un argument qu’il a souvent utilisé – à savoir que les États-Unis avaient établi une commission spéciale après les attentats terroristes du 11 septembre 2001 : « Personne ne s’est alors plaint de partialité politique, et je dois dire que les conclusions tirées par la commission ont été largement légitimées très précisément pour cette raison. C’est exactement ce que nous faisons. »

« Si l’objectif est de véritablement découvrir la vérité », a-t-il poursuivi dans la vidéo, « si l’on ne souhaite véritablement pas permettre une dissimulation, comment peut-on s’opposer à cela ? »

« Je le dis à l’opposition : allez-y, faites venir tous les experts que vous voulez, posez toutes les questions que vous voulez, enquêtez sur qui vous voulez, y compris sur moi », a-t-il dit.

Toutes les questions seront examinées, sans exception, a-t-il promis. « Les questions politiques, sécuritaires, juridiques, liées au renseignement, tout ».

Netanyahu a expliqué avoir réuni une équipe composée de ministres dans le but de présenter différentes options pour le mandat de l’enquête, qui sera déterminé uniquement par le gouvernement.

« Elle sera composée d’experts en sécurité, du monde universitaire, du droit, ainsi que de parents endeuillés qui agiront en tant qu’observateurs », a détaillé le Premier ministre.

Benny Gantz s’exprimant lors d’une conférence de presse, à Tel Aviv, le 23 août 2025. (Crédit : Tal Gal/Flash90)

« Existe-t-il quelque chose de plus anti-national que la commission d’enquête ‘nationale’ que [le Premier ministre Benjamin] Netanyahu veut mettre en place ? Une commission dont les membres seront choisis par les partis siégeaient au gouvernement et au cabinet à la veille de ces défaillances ? », a déclaré le chef du parti Kakhal lavan-HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz.

« Selon les membres de la coalition, le problème réside dans la nécessité d’enquêter sur le système judiciaire. Mais de quoi parlez-vous donc ? Est-ce que [le président de la Cour suprême] Isaac Amit a interdit à l’armée israélienne de positionner des soldats à la frontière le 7-Octobre ? Est-ce que [l’ancien président de la Cour suprême] Aharon Barak a ordonné d’apporter des valises remplies d’argent du Qatar ? Est-ce que [l’ancien procureur général Avichaï] Mandelblit était au courant [du plan du Hamas d’envahir le sud d’Israël] et n’en a pas informé les dirigeants politiques ? »

« Il faut dire clairement les choses : le système judiciaire n’est en rien responsable des défaillances d’octobre », a affirmé Gantz. « Ce dont nous sommes ici témoins, c’est d’une stratégie de retard et d’esquive » dont l’objectif est de permettre aux membres du gouvernement d’échapper à leurs responsabilités.

Interrogé sur sa récente déclaration, dans laquelle il semblait indiquer qu’il ne se considère pas comme faisant partie du « bloc du changement » anti-Netanyahu, Gantz a répondu aux journalistes qu’il souhaite le remplacement du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Gantz a rappelé qu’il a servi dans le gouvernement de Naftali Bennett, qui a temporairement remplacé Netanyahu, ainsi que dans le gouvernement suivant de Netanyahu, qu’il a temporairement rejoint après le 7-Octobre.

« Mais nous servons tout Israël », et « nous conduirons la formation d’un gouvernement composé de plus de 70 membres sionistes de la Knesset, qui isoleront les extrémistes et serviront l’État d’Israël », a-t-il déclaré.

Le chef de l’opposition Yaïr Lapid lors d’une réunion de faction, à la Knesset, à Jérusalem, le 15 décembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Ce sont les responsables directs de cette catastrophe qui nommeront une commission d’enquête dont l’unique objectif sera de les disculper. Cela ne les aidera pas. Ils sont coupables », a renchéri le chef de l’opposition Yair Lapid.

« Cette commission n’a pas pour but d’enquêter sur la vérité, mais de l’enterrer. Elle sera contrôlée par des politiques. Son objectif est de contaminer les témoignages, de détruire les preuves, de tromper l’opinion et de semer la confusion dans l’esprit du public », a-t-il ajouté.

« Je ne participerai pas à la création d’une commission politique dont les conclusions sont écrites à l’avance par ceux qui doivent être interrogés », a-t-il dit, qualifiant la commission « d’arrêt de mort de la vérité ».

« Aujourd’hui, ils tentent d’effacer la réalité, de la manipuler, de nous leurrer tous. Avec cette proposition, le gouvernement contrôle les audiences, la convocation des témoins, la définition de l’ordre du jour. Ils interrogeront feu Yitzhak Rabin bien avant d’interroger Netanyahu. »

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