Netanyahu défend Trump sur l’omission des Juifs de son communiqué de commémoration de l’Holocauste
Rechercher

Netanyahu défend Trump sur l’omission des Juifs de son communiqué de commémoration de l’Holocauste

Le Premier ministre affirme que les critiques de la communauté juive américaine sont “déplacées”

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

WASHINGTON – Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a défendu mercredi l’omission controversée de la Maison Blanche des mots « juifs » et « antisémitisme » d’un communiqué publié par le président Donald Trump pour la Journée internationale de commémoration de l’Holocauste.

Pendant un point presse avec les journalistes après leur première rencontre à la Maison Blanche, Netanyahu a salué Trump, un allié indéfectible d’Israël, et le meilleur ami que le peuple juif puisse souhaiter.

« Il n’y a aucun doute que le président et son équipe comprennent très bien le sens de l’Holocauste comme tentative d’annihiler le peuple juif, et qu’ils comprennent tout à fait l’importance de l’Holocauste dans la vie juive », a-t-il déclaré aux journalistes israéliens et internationaux à la Blair House, la prestigieuse résidence de l’administration américaine réservée aux dignitaires étrangers en visite.

Quand il lui a été fait remarquer que quasiment toute la communauté juive américaine avait exprimé de la déception, des inquiétudes et dans certains cas de la colère devant le fait que la Maison Blanche ait non seulement omis de citer les Juifs comme victimes du génocide nazi dans son communiqué, mais qu’elle ait ensuite redoublé la mise, en soulignant que d’autres personnes avaient souffert pendant l’Holocauste, Netanyahu a réagi avec dédain.

Il a déclaré qu’il n’avait pas parlé du sujet avec Trump pendant leur rendez-vous dans le Bureau ovale mercredi, mais que ses conseillers avaient étudié le sujet « il y a un moment » et étaient totalement convaincus qu’il n’était pas nécessaire de soulever des objections.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : capture d’écran YouTube/White House)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : capture d’écran YouTube/White House)

« Cet homme est un grand ami du peuple juif et de l’Etat d’Israël, il n’y a aucun doute à ce sujet », a déclaré Netanyahu, ajoutant que les préoccupations et les condamnations des associations juives américaines « étaient déplacées ».

« Au cours de ma vie, j’ai rencontre plusieurs présidents [américains], a déclaré Netanyahu. Sur la base de cette première rencontre [avec Trump], je peux dire que nous n’avons pas de meilleur ami que le président Trump. »

Pendant une conférence de presse conjointe organisée mercredi à la Maison Blanche, Trump a été interrogé sur « une forte hausse des incidents antisémites aux Etats-Unis » depuis son élection. Le journaliste a aussi demandé au président de répondre aux critiques qui affirment que son administration promeut la xénophobie et le racisme.

Trump a répondu en parlant de l’ « enthousiasme immense » après sa victoire électorale avant d’aborder partiellement les accusations.

« Nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour stopper un racisme qui couve depuis longtemps et tout ce qui a lieu, a-t-il déclaré. Quant aux personnes juives… tellement d’amis, une fille qui se trouve être ici [Ivanka Trump], un gendre [Jared Kushner], et trois beaux petits-enfants. »

Non sollicité, Netanyahu a ensuite proposé sa propre défense de Trump. « Je connais le président et je connais sa famille et son équipe depuis longtemps. Il n’y a pas de plus grand partisan du peuple juif et de l’Etat juif que le président Donald Trump. Je pense que cela devrait apaiser les préoccupations », a-t-il déclaré.

Quasiment toutes les associations juives américaines ont dénoncé le communiqué du 27 janvier de la Maison Blanche, qui honorait « les victimes, les survivants et les héros de l’Holocauste », mais ne mentionnait pas qu’il avait ciblé en particulier le peuple juif.

Elles ont également déploré son refus persistant de le corriger. Même la Coalition juive républicaine et l’Organisation sioniste d’Amérique (ZOA) ont contesté la manière dont l’administration a géré cette affaire.

Seul le Congrès juif mondial a affirmé que le communiqué « commémorait de manière appropriée » les victimes des nazis.

Pendant un point presse après la publication du communiqué, Sean Spicer, l’attaché de presse de la Maison Blanche, a affirmé que les critiques de la déclaration étaient « pathétiques », et d’autres responsables de l’administration ont assuré que le communiqué avait été délibérément formulé pour être « inclusif » et pour prendre « en compte tous ceux qui ont souffert ».

Cette ligne de défense n’a fait qu’augmenter la colère des Juifs, certains affirmant que comparer la souffrance des non juifs pendant la Seconde Guerre mondiale avec l’obsession nazie contre le peuple juif était proche du négationnisme de l’Holocauste.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...