Netanyahu dément poser des conditions aux aides pour les Arabes
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Netanyahu dément poser des conditions aux aides pour les Arabes

Un ministre confirme qu’il a lui été demandé ainsi qu’à ses collègues de dresser une liste des demandes de la communauté pour obtenir les milliards de fonds affectés

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse avec son homologue grec Alexis Tsipras (non visible) à Jérusalem, le 25 novembre 2015 (Crédit photo: Yonatan Sindel / Flash90)
Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse avec son homologue grec Alexis Tsipras (non visible) à Jérusalem, le 25 novembre 2015 (Crédit photo: Yonatan Sindel / Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rejeté lundi les informations selon lesquelles il se prépare à imposer des conditions à la communauté arabe d’Israël pour un plan de développement de plusieurs milliards de shekels récemment voté, bien qu’un ministre a déclaré qu’on lui a demandé de lister les demandes.

La Deuxième chaîne rapportait lundi soir que Netanyahu considérait de retenir les fonds attribués aux communautés arabes israéliennes jusqu’à ce qu’ils acceptent de nouvelles mesures pour « augmenter l’application de la loi », à la suite de l’attaque terroriste de vendredi à Tel Aviv.

Selon le reportage, le Premier ministre a demandé aux ministres du gouvernement Zeev Elkin et Yariv Levin de préparer un tel plan en réponse à la fusillade mortelle qui a été menée vendredi, selon la police, par Nashat Milhem, un Arabe israélien.

Le bureau du Premier ministre a démenti le reportage, déclarant qu’il n’y avait pas de projet de limiter ou de poser des conditions aux plans d’aide de 15 milliards de shekels (4 milliards de dollars) pour la communauté arabe voté par le gouvernement la semaine dernière.

Likud MK Zeev Elkin (photo credit: Uri Lenz/Flash90)
Ze’ev Elkin (Crédit photo: Uri Lenz/Flash90)

« Il n’y a pas de changement, selon un communiqué. Le Premier ministre s’en tient au plan. »

Mais le ministre de l’Immigration Zeev Elkin a contredit le communiqué du bureau du Premier ministre et a confirmé les informations de la Deuxième chaîne.

Interrogé à propos de ces affirmations, une porte-parole du ministère a déclaré au Times of Israel que Elkin « a confirmé les informations du reportage » et qu’il lui avait été demandé par le Premier ministre de préparer des mesures pour conditionner le plan d’aide.

Elkin a défendu ce projet lundi, déclarant qu’il n’était pas dirigé contre les Arabes israéliens et avait été décidé avant l’attaque de vendredi.

« Nous ne parlons pas de donner ou de retenir des budgets pour une communauté spécifique », a-t-il déclaré à la Deuxième chaîne. « L’argent ira aux conseils locaux et nous disons que si un conseil local ne veut pas prendre de mesures pour le bien de l’Etat d’Israël, alors il ne devrait pas pouvoir recevoir des financements de sa part. »

L’information annonçant que Netanyahu projette de conditionner les financements a attiré de sévères condamnations des politiciens de l’opposition et des membres de la communauté arabe israélienne.

La tête de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, a rejeté la proposition, parlant de « tête-à-queue » et d’ « incitation [à la haine] » de la part de Netanyahu.

« Nous serons unis face aux efforts pour diviser la communauté arabe israélienne en modérés et extrémistes, a-t-il déclaré dans un communiqué. Nous n’attendons rien du gouvernement d’extrême-droite de Netanyahu. Il est clair pour nous que nous devrons nous battre à chaque étape de la mise en place de ce plan. »

La proposition d’aide de cinq ans, approuvée par le cabinet la semaine dernière, dirigerait l’argent vers les arabes israéliens et d’autres communautés minoritaires pour niveler les déficits de financements et les remettre aux mêmes niveaux que ceux de la population générale.

La présidente de Meretz, Zehava Gal-on, a déclaré que la menace de retenir les fonds montrait que Netanyahu « s’égarait de la norme acceptable dans une société démocratique. »

« La décision de Netanyahu de conditionner le transfert de milliards de shekels, visant à réduire les écarts dans la société arabe, est la continuité de sa performance d’incitation à la haine déplorable sur les lieux [de la fusillade] samedi soir », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Dov Khenin, le seul député juif de la Liste arabe unie, a demandé sur Twitter si Netanyahu retiendrait les financements attribués à la communauté juive la prochaine fois qu’un juif assassinerait quelqu’un.

Netanyahu a été vivement critiqué pour ses commentaires faits sur les lieux de l’attaque samedi soir, dans lesquels il a critique les « incitations » anti-israéliennes dans la communauté arabe.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'adresse à la presse rue, dans le centre de Tel Aviv, le 2 janvier 2016, au lendemain d'une fusillade qui a tué deux personnes dans un bar. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adresse à la presse rue, dans le centre de Tel Aviv, le 2 janvier 2016, au lendemain d’une fusillade qui a tué deux personnes dans un bar. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

S’exprimant devant le bar Simta, dans la rue Dizengoff de la métropole côtière, Netanyahu a juré de contraindre les arabes à la loyauté nationale, ainsi que d’augmenter l’application de la loi dans les centres de population arabe.

Les commentaires se sont attirés une volée de critiques des députés de l’opposition, qui ont accusé le Premier ministre d’incitation à la haine contre la population arabe d’Israël.

S’exprimant à la réunion hebdomadaire de l’Union sioniste à la Knesset, le dirigeant de l’opposition Isaac Herzog a critiqué Netanyahu pour ses commentaires de samedi.

« Israël n’a pas de Premier ministre, a déclaré Herzog lundi. Si Israël avait un Premier ministre, il n’inciterait pas à la violence contre un cinquième des citoyens israéliens et ne les transformerait pas en hors-la-loi. »

Netanyahu a rejeté les critiques, en pointant particulièrement le récent plan de développement.

Le plan, porté par Netanyahu, le ministre des Finances Moshé Kahlon et la ministre de l’Egalité sociale Gila Gamliel, vise à « avancer un plan de développement économique systématique et structurel pour le secteur minoritaire », a déclaré le bureau du Premier ministre dans un communiqué la semaine dernière.

« C’est un supplément significatif conçu pour aider les populations minoritaires et réduire les écarts [sociaux], a déclaré Netanyahu pendant la réunion du cabinet. Le plan mènera à la fin des constructions de maisons individuelles et à une transition vers des constructions à plusieurs étages, comme il en existe dans tout le pays. Parallèlement, le plan renforcera l’application de la loi dans le secteur minoritaire, en insistant sur les constructions illégales. »

La proposition se concentrera sur les communautés musulmanes, druzes, chrétiennes et circassiennes d’Israël. Les circassiens sont des membres d’un groupe ethnique originaire du Caucase, qui est maintenant réparti dans tout le Moyen-Orient, et dont environ 4 000 membres vivent en Israël.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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