Netanyahu demande à ne pas comparaître à l’ouverture de son procès dimanche
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Netanyahu demande à ne pas comparaître à l’ouverture de son procès dimanche

Le ministère avait dit qu'"aucun motif ne justifiait l'absence inhabituelle du prévenu à l'ouverture de son procès", sa présence étant "importante" pour la "confiance du public"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tient une conférence de presse au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 16 mars 2020. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tient une conférence de presse au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 16 mars 2020. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a officiellement demandé mardi une dérogation pour ne pas comparaître à l’ouverture, dimanche, de son procès pour corruption et ce, malgré l’avis du ministère de la Justice qui insiste sur sa présence.

Prévu à la mi-mars, le procès de M. Netanyahu avait été initialement reporté au 24 mai en raison de la pandémie de nouveau coronavirus. Et les mesures de déconfinement ont permis la réouverture des écoles et des tribunaux, permettant de confirmer cette nouvelle date.

Benjamin Netanyahu devrait en théorie devenir dimanche prochain le premier chef de gouvernement de l’histoire d’Israël à comparaître pour des accusations criminelles au cours de sa mandature.

Or mardi soir, ses avocats ont présenté au tribunal de Jérusalem une demande de dérogation pour permettre au Premier ministre de ne pas avoir à se présenter à l’ouverture de son procès dimanche.

Les avocats de Netanyahu avaient aussi dénoncé l’accusation pour avoir exigé que le Premier ministre soit présent au début de son procès pénal la semaine prochaine. Dans un communiqué, les avocats ont déclaré que la demande était « non fondée ». « Il s’agit d’une audience technique et il n’est pas nécessaire que le Premier ministre soit présent dans la salle d’audience », indiquait le communiqué.

« La décision de l’accusation sert la chasse aux médias visant à afficher une photo du Premier ministre Netanyahu sur le banc des accusés, dans le cadre de la campagne continue de ‘Tout sauf Bibi' », avaient-ils estimé, en utilisant le surnom du Premier ministre.

Cette audience est destinée à la lecture de l’acte d’inculpation « dont les détails sont bien connus de notre client », ce qui devrait, selon les avocats, éviter que le Premier ministre ne se présente en personne au tribunal.

Les avocats ont fait cette demande malgré un avis émis plus tôt en journée par le ministère de la Justice pour qui « aucun motif ne justifie l’absence inhabituelle du prévenu à l’ouverture de son procès », dont la présence est « importante » pour la « confiance du public ».

« La réaction du parquet est infondée et vient servir les intérêts d’une campagne médiatique destinée à présenter M. Netanyahu sur le banc des accusés », ont dénoncé les avocats du Premier ministre dans un communiqué.

Dans les faits, et malgré l’avis du ministère, ce sont les juges du tribunal de Jérusalem qui doivent décider ou non de la présence du Premier ministre à l’ouverture de ce procès très attendu par la presse israélienne.

Le procureur général Avichai Mandelblit à la conférence annuelle de l’INSS à Tel Aviv, le 28 janvier 2020. (Tomer Neuberg/Flash90)

Le procureur général d’Israël Avichaï Mandelblit avait inculpé en novembre Benjamin Netanyahu pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires. L’une de ces affaires, appelée « 4000 » ou « Bezeq », du nom d’un groupe israélien de télécoms, est particulièrement sensible pour le Premier ministre.

Dans ce dossier, la justice soupçonne M. Netanyahu d’avoir accordé des faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des millions de dollars au patron de la société israélienne Bezeq en échange d’une couverture médiatique favorable d’un des médias de ce groupe, le site Walla.

Le Premier ministre, reconduit officiellement au pouvoir dimanche dernier à la faveur d’un gouvernement d’union avec son ex-rival électoral Benny Gantz, plaide son innocence dans ces affaires et dénonce un complot ourdi par la justice contre lui.

En Israël, le Premier ministre ne dispose d’aucune immunité judiciaire mais il peut rester en fonction ou former un gouvernement malgré une inculpation criminelle, a statué la Cour suprême.

A LIRE – Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

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