Netanyahu dit avoir assez de temps pour éviter des élections « inutiles »
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Netanyahu dit avoir assez de temps pour éviter des élections « inutiles »

La Knesset a effectué un premier pas vers de possibles élections en votant sa propre dissolution en lecture préliminaire

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu participe à la cérémonie du Prix Israël à Jérusalem pour le 71ème Yom HaAtsmaout d'Israël, le 9 mai 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu participe à la cérémonie du Prix Israël à Jérusalem pour le 71ème Yom HaAtsmaout d'Israël, le 9 mai 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé lundi soir qu’il lui restait assez de temps d’ici à mercredi soir pour former une coalition de gouvernement et éviter des élections « inutiles », dont la perspective se précise pourtant.

M. Netanyahu a jusqu’à mercredi soir pour former une coalition de gouvernement, conformément au mandat délivré par le président Reuven Rivlin après les élections législatives du 9 avril, mais les négociations menées depuis plusieurs semaines sont dans l’impasse.

M. Netanyahu se heurte à un mur en la personne de son ancien ministre de la Défense Avigdor Liberman qui n’a donné aucun signe de vouloir céder sur l’une de ses exigences pour accepter de participer au gouvernement : une loi sur le service militaire des juifs ultra-orthodoxes.

« J’ai proposé une solution mais au moment où je vous parle, je n’ai pas réussi à convaincre Avigdor Liberman », a déclaré M. Netanyahu à la Knesset.

« Nous allons former ce gouvernement de droite, il reste du temps, et en 48 heures, on peut faire beaucoup de choses », a-t-il dit.

« Il n’y a aucune raison d’aller vers des élections inutiles qui coûteront cher et bloqueront toute activité dans le pays », a-t-il déclaré.

Plus tôt dans la journée le Parlement a effectué un premier pas vers de possibles élections en votant sa propre dissolution en lecture préliminaire.

Quelque 65 députés ont voté pour le texte, 43 contre et 6 se sont abstenus selon le site de la Knesset. Le vote ne rend pas inéluctables de nouvelles élections car le texte doit encore être approuvé lors de lectures ultérieures.

Difficile cependant de déterminer dans quelle mesure ce premier pas vers une dissolution n’est pas avant tout une tactique pour faire pression sur les interlocuteurs de Netanyahu et surtout forcer son ex-ministre de la Défense Avigdor Liberman à transiger.

Une multitude de scénarios restent possibles. Par exemple que M. Netanyahu parvienne à ses fins d’ici à mercredi soir, avec M. Liberman à bord, au prix d’âpres marchandages politiques. Que le président lui accorde deux semaines supplémentaires. Ou qu’il donne sa chance. La dissolution de la Knesset avant mercredi soir permettrait à M. Netanyahu de parer une telle avanie.

Le président d’Israël Reuven Rivlin (à droite) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la résidence du président à Jérusalem le 17 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Netanyahu a jusqu’à mercredi soir pour constituer une coalition de gouvernement. En cas d’échec, plusieurs scénarios sont possibles. Le président Reuven Rivlin peut prolonger de deux semaines le délai imparti à M. Netanyahu ou confier la tâche à un autre député du Parlement issu des élections du 9 avril.

Mais la Knesset peut aussi constater l’impasse des discussions avant même mercredi soir, et voter sa propre dissolution, une hypothèse envisagée ces derniers jours.

Ce serait une première dans l’histoire d’Israël et un échec cuisant pour M. Netanyahu, 69 ans dont 13 au pouvoir.

Liberman s’est dit prêt à aller jusqu’à de nouvelles élections s’il n’obtient pas l’engagement qu’une loi sur le service militaire des juifs ultra-orthodoxes sera adoptée sous le prochain gouvernement, telle qu’il l’avait proposée quand il était ministre de la Défense.

Cette loi annulerait l’exemption systématique de service militaire dont bénéficient des dizaines de milliers d’étudiants des écoles talmudiques.

Mais cette exemption est une ligne rouge pour les partis ultra-orthodoxes, autres partenaires potentiels de M. Netanyahu et représentants des Israéliens observant rigoureusement les règles du judaïsme.

Benjamin Netanyahu a besoin des 16 mandats ultra-orthodoxes, sur les 120 de la Knesset. Il voudrait pouvoir compter aussi sur les cinq d’Yisraël Beyteinu pour disposer d’une majorité de 65 voix.

Le Likud, parti de droite de M. Netanyahu, a pressé M. Liberman lundi de favoriser un compromis. Il a aussi multiplié les attaques contre lui.

Liberman a assuré, « question de principe », qu’il n’accepterait aucune modification à la loi sur la conscription telle qu’il l’avait soutenue, et que Netanyahu n’avait qu’à faire pression sur les ultra-orthodoxes.

L’incapacité de Netanyahu à forger un accord est un « échec énorme et inédit », a-t-il dit devant la presse.

Dans ces heures critiques, il a opportunément reçu le soutien du président américain Donald Trump.

« En espérant que ça marche pour la formation de la coalition en Israël et que Bibi et moi pourrons continuer à rendre plus forte que jamais l’alliance entre l’Amérique et Israël », a tweeté M. Trump, alors au Japon, en se référant à M. Netanyahu par son surnom de Bibi.

M. Trump avait déjà mis son poids derrière M. Netanyahu au cours de la campagne électorale, comme il a multiplié les gestes favorables à Israël et son Premier ministre depuis son accession à la présidence.

Affiche électorale du Likud à côté de l’autoroute Ayalon de Tel Aviv. On peut lire sur l’affiche « Netanyahu, à un autre niveau ». (Photo personnelle).
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